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	<title> Fracci&#243;n Trotskista Cuarta Internacional </title>
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		<title>Face &#224; la d&#233;ferlante de l'union nationale-r&#233;publicaine, l'affreux silence des organisations du mouvement ouvrier</title>
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		<dc:creator>Emmanuel Barot</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
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		<dc:subject>Francia</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Depuis la tuerie de mercredi 7 janvier, la d&#233;ferlante politico-m&#233;diatique de &#171; l'union nationale-r&#233;publicaine contre la barbarie &#187; n'a fait que marquer des points. Renforc&#233;e par les soutiens en nombre de chefs d'Etat &#233;trangers, d'Obama &#227; Poutine en passant par les leaders europ&#233;ens, elle a permis d'enr&#233;gimenter m&#233;thodiquement, tr&#232;s rapidement, la vaste &#233;motion populaire provoqu&#233;e par ce s&#233;isme. Les deux prises d'otages du vendredi 9, &#227; Dammartin et dans un supermarch&#233; cacher de Porte de Vincennes, qui se sont sold&#233;es par la mort de sept personnes, dont les trois principaux suspects, apportent un peu plus d'eau au moulin r&#233;publicain.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton8840-7bc85.jpg?1694161878' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la tuerie de mercredi 7 janvier, la d&#233;ferlante politico-m&#233;diatique de &#171; l'union nationale-r&#233;publicaine contre la barbarie &#187; n'a fait que marquer des points. Renforc&#233;e par les soutiens en nombre de chefs d'Etat &#233;trangers, d'Obama &#227; Poutine en passant par les leaders europ&#233;ens, elle a permis d'enr&#233;gimenter m&#233;thodiquement, tr&#232;s rapidement, la vaste &#233;motion populaire provoqu&#233;e par ce s&#233;isme. Les deux prises d'otages du vendredi 9, &#227; Dammartin et dans un supermarch&#233; cacher de Porte de Vincennes, qui se sont sold&#233;es par la mort de sept personnes, dont les trois principaux suspects, apportent un peu plus d'eau au moulin r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hollande a pu saluer ce vendredi soir en prime time le professionnalisme et le courage de ses flics et marteler que l'unit&#233; contre tout ce qui pouvait diviser &#233;tait la seule voie &#227; suivre. Il s'est m&#234;me pay&#233; le grand luxe de refuser les &#171; amalgames &#187; racistes et de ne pas inviter Marine Le Pen &#224; la marche de dimanche &#8211; apr&#232;s l'avoir re&#231;ue dans les fauteuils &#233;lys&#233;ens. La France ayant &#171; fait face &#187; et ripost&#233; &#224; la hauteur de l'attaque, Hollande d&#233;filera en bonne compagnie, entour&#233; de Cameron, Merkel, Rajoy, Renzi et du nouveau pr&#233;sident de l'Europe, le Polonais Donald Tusk. L'heure est au recueillement, mais cette union sacr&#233;e &#224; l'&#233;chelle internationale est un sombre pr&#233;sage de ce qu'on croyait r&#233;serv&#233; au monde de Bush : de vigipirate surrenforc&#233; dans l'Hexagone, la civilisation faisant face &#224; la barbarie, &#227; quand un &#171; Patriot act &#187; &#224; l'europ&#233;enne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien peu de notes dissonantes dans la grande symphonie de la r&#233;publique antiterroriste qui s'est orchestr&#233;e depuis trois jours. Du c&#244;t&#233; des directions des organisations politiques et syndicales du mouvement ouvrier, allant de la gauche r&#233;formiste &#224; la gauche radicale, on est bien en peine pour trouver la moindre once de politique. Elles sont donc exactement &#224; l'image de la marche pr&#233;vue dimanche : silencieuses. Dans un premier moment, pourtant, d&#232;s la nouvelle de l'attentat contre le si&#232;ge de Charlie Hebdo, la CGT et le SNJ appelait &#227; manifester. Depuis, plus rien. Ou plut&#244;t si. Tous et toutes derri&#232;re le r&#233;gime. Ce serait avec Hollande et Sarkozy que le mouvement ouvrier, ses organisations syndicales et politiques pourraient d&#233;fendre les libert&#233;s d&#233;mocratiques et donner un cadre d'expression &#224; l'&#233;motion suscit&#233;e par les attentats ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que &#171; tout le monde trouve sa place et puisse manifester sa ferveur r&#233;publicaine &#187;, a ainsi d&#233;clar&#233; M&#233;lenchon, qui se pr&#233;pare &#227; une manif o&#249; il ira marcher derri&#232;re le parti o&#249; il a pass&#233; tant d'ann&#233;es, le PS. Le lendemain, lundi 12, il sera au Th&#233;&#226;tre Dejazet, &#227; Paris, pour p&#233;rorer sur &#171; la la&#239;cit&#233; et la paix civile &#187;. Le PCF ? &#171; Que partout dans le pays s'exprime l'unit&#233; nationale de toutes les forces r&#233;publicaines face &#224; la barbarie &#187;. Voil&#224; l'abjection que l'on peut lire sur le site de Pierre Laurent. C&#244;t&#233; CGT, l'hommage prononc&#233; par un Lepaon en sursis est embl&#233;matique du m&#234;me vide sid&#233;ral, ou plut&#244;t de la m&#234;me complicit&#233;. Du dialogue social &#224; la concorde r&#233;publicaine. Comme si l'indignation et le deuil, parfaitement l&#233;gitimes, devaient interdire la moindre discordance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle vaste mascarade coupable, en r&#233;alit&#233;, que d'entretenir ainsi l'illusion qu'une d&#233;fense des libert&#233;s d&#233;mocratiques, la lutte contre le racisme, la x&#233;nophobie, l'obscurantisme r&#233;actionnaire, peut se faire sur le terrain, dans la rue comme dans les id&#233;es, de ceux-l&#224; m&#234;mes qui les orchestrent m&#233;thodiquement, macronisant les travailleurs, chassant les Rroms, stigmatisant les jeunes et les immigr&#233;s au quotidien. L'absence du FN &#224; la marche de dimanche arrange toutes ces bureaucraties, bonne conscience pour pas cher. Mais Marine Le Pen n'aura m&#234;me pas besoin d'y &#234;tre pour r&#233;colter la mise de cette &#233;pop&#233;e s&#233;curitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de toute riposte unitaire au plan national face au meurtre de R&#233;mi Fraisse &#227; Sivens par la gendarmerie et &#224; la criminalisation r&#233;pressive des mouvements sociaux croissante depuis l'&#233;t&#233; dernier, avait &#233;t&#233; un sympt&#244;me inqui&#233;tant de la d&#233;composition et de la perte profonde des r&#233;flexes de survie &#233;l&#233;mentaires des r&#233;formistes. Leur suivisme r&#233;publicanophile d'aujourd'hui ne fait qu'en t&#233;moigner un peu plus. On entend bien ici ou l&#224; des plaintes, plus &#224; la marge, sur la &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187; national-r&#233;publicaine de l'&#233;lan populaire, d&#233;mocratique et antiraciste, par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour pr&#233;venir cette instrumentalisation, il n'y a pas trente-six solutions : il eut fallu que cette gauche des partis et des syndicats qui continue &#227; repr&#233;senter une fraction significative du monde du travail organis&#233; et de la jeunesse, appelle partout &#227; des rassemblements alternatifs sur une base d'ind&#233;pendance politique et de classe pour d&#233;fendre les libert&#233;s d&#233;mocratiques. Mais &#231;a n'en prend pas le chemin : embl&#233;matique, le communiqu&#233; du 8 janvier de l'intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, UNSA et Solidaires est titr&#233; &#171; Le monde du travail, ensemble, pour les libert&#233;s et la d&#233;mocratie &#187;. Mais on a beau chercher dans le communiqu&#233;, ce &#171; monde du travail &#187; en est le grand absent, tout comme &#171; les libert&#233;s &#187;. Les directions du mouvement ouvrier ont fait un autre choix, celui de se rallier &#227; un gouvernement qui porte atteinte &#224; la d&#233;mocratie, aux libert&#233;s de croyance religieuses individuelles de millions de musulmans, dans les &#233;coles, dans les lieux publics, dans la presse, parle de &#171; valeurs &#187; face aux &#171; barbares &#187; pour exiger l'union. Mais la seule fa&#231;on de lutter contre l'obscurantisme et les id&#233;es r&#233;actionnaires, c'est en combattant pour le renforcement de toutes les libert&#233;s d&#233;mocratiques et sociales, pour que cesse la chasse aux immigr&#233;s, aux Rroms et aux musulmans. Ce sont en effet les politiques de Sarkozy, continu&#233;es par Hollande, qui sont &#224; l'origine du climat puant des derniers jours. C'est ce qui permet &#227; Marine Le Pen de dire qu'il fait que &#171; la parole se lib&#232;re &#187;, mani&#232;re d'appeler aux pogroms anti-musulmans alors que son p&#232;re appelle &#227; voter FN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est encore possible, &#224; l'extr&#234;me gauche, de proposer une plateforme en direction de l'ensemble des forces du mouvement ouvrier et de la jeunesse, &#227; commencer par les &#233;quipes syndicales combatives qui sont en butte &#224; la r&#233;pression patronale et gouvernementale, pour dire haut et fort que d&#233;fendre les libert&#233;s d&#233;mocratiques, c'est avant tout dire non &#227; vigipirate, &#224; l'ensemble des textes liberticides et aux lois sc&#233;l&#233;rates contre les immigr&#233;s. Pr&#233;venir l'onde de choc r&#233;actionnaire qui ne manquera pas de s'orchestrer depuis l'Etat et dont les chiens haineux de l'extr&#234;me droite tireront profit pour multiplier les actes racistes et islamophobes si rien n'est fait, c'est d&#233;fendre la possibilit&#233; de se rassembler, partout dans l'Hexagone, en toute ind&#233;pendance politique du gouvernement et des forces de droite, en toute ind&#233;pendance ce classe. Il en est encore temps. C'est urgent de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;09/02/15&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pour un cours nouveau du communisme r&#233;volutionnaire</title>
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		<dc:date>2013-08-30T10:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Emmanuel Barot</dc:creator>


		<dc:subject>Teor&#237;a</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica</dc:subject>
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		<dc:subject>FIT Argentina</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On le croyait d&#233;finitivement enterr&#233; avec le mur de Berlin, et pourtant, &#224; la faveur d'une conflictualit&#233; sociale proportionn&#233;e aux effets de la crise du capitalisme mondial, le &#171; communisme &#187; a fait retour ces toutes derni&#232;res ann&#233;es sur la sc&#232;ne publique, embl&#233;matiquement sous le visage de cette &#171; Id&#233;e &#187; autour de laquelle, depuis une ambitieuse &#171; Conf&#233;rence de Londres &#187; en 2008, s'agitent quelques grands noms de la &#171; gauche de la gauche &#187; europ&#233;enne (Badiou, Zizek, Negri, Balibar, etc.).&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton6953-bf343.jpg?1694161878' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;* Emmanuel Barot est enseignant chercheur en philosophie &#224; l'universit&#233; du Mirail &#227; Toulouse. Animateur du s&#233;minaire &#034;Marx au XXi&#232;me si&#232;cle&#034;, il est l'auteur notamment de &#034;R&#233;volution dans l'universit&#233;. Quelques le&#231;ons th&#233;oriques et lignes tactiques tir&#233;es de l'&#233;chec du printemps 2009&#034;, Montreuil, La Ville Br&#251;le, 2010 et de &#034;Marx au pays des soviets ou les deux visages du communisme&#034;, Montreuil, la Ville Br&#251;le, 2011. Il a en outre coordonn&#233; le livre &#034;Sartre et le Marxisme&#034;, Paris, La Dispute, 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il n'y a chose &#227; traiter plus p&#233;nible, &#227; r&#233;ussir plus douteuse, ni &#227; manier plus dangereuse que de s'aventurer &#227; introduire de nouvelles institutions ; car celui qui les a introduit a pour ennemis tous ceux qui profitent de l'ordre ancien, et n'a que des d&#233;fenseurs bien ti&#232;des en ceux qui profiteraient du nouveau. Cette ti&#233;deur vient en partie de la peur des adversaires qui ont les lois pour eux, en partie aussi de l'incr&#233;dulit&#233; des hommes qui ne croient point v&#233;ritablement aux choses nouvelles s'ils n&#8216;en voient d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e une exp&#233;rience s&#251;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Machiavel, Le Prince, 1513&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On le croyait d&#233;finitivement enterr&#233; avec le mur de Berlin, et pourtant, &#224; la faveur d'une conflictualit&#233; sociale proportionn&#233;e aux effets de la crise du capitalisme mondial, le &#171; communisme &#187; a fait retour ces toutes derni&#232;res ann&#233;es sur la sc&#232;ne publique, embl&#233;matiquement sous le visage de cette &#171; Id&#233;e &#187; autour de laquelle, depuis une ambitieuse &#171; Conf&#233;rence de Londres &#187; en 2008, s'agitent quelques grands noms de la &#171; gauche de la gauche &#187; europ&#233;enne (Badiou, Zizek, Negri, Balibar, etc.). Fort plastique, cette Id&#233;e a profit&#233; de l'essoufflement de l'altermondialisme en recombinant certaines de ses illusions majeures : sur ces &#171; multitudes &#187; cens&#233;es faire la r&#233;volution dans un Empire ac&#233;phale, par les r&#233;seaux sociaux et &#171; sans prendre le pouvoir &#187;, ou encore sur les vertus salvatrices d'&#171; Ev&#233;nements &#187; court-circuitant miraculeusement la prosa&#239;que pesanteur historique, illusions qui toutes germ&#232;rent de la d&#233;composition suppos&#233;e du &#171; Sujet &#187; prol&#233;tarien de l'histoire. Mais le grand r&#233;cit id&#233;ologique du postmodernisme a jet&#233; le masque, et le postmarxisme de l'Id&#233;e se fracasse contre les exp&#233;riences contemporaines d'autogestion et de contr&#244;le ouvriers, et plus largement contre ces contagieuses indignations et semi-r&#233;volutions qui, depuis 2011, manifestent chaque fois un peu plus que derri&#232;re la convergence des aspirations de ces peuples en r&#233;voltes, jusque et y compris dans les contrastes lisibles &#227; m&#234;me leurs formes spontan&#233;es, continue de se jouer en derni&#232;re instance le drame historique des classes en luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, dans un capitalisme plus d&#233;complex&#233; que jamais, ce retour de l'Id&#233;e a marqu&#233; un pas dans la sortie de l'autocensure et de la culpabilit&#233; historique associ&#233;es au stalinisme et &#227; ses avortons, et dans la lettre, aliment&#233; cet &#171; art strat&#233;gique &#187; pour lequel Bensa&#239;d milita jusqu'au bout (bien que cela n'ait pas toujours suffi &#224; le dissocier clairement de ces prosateurs &#224; la mode). Mais &#227; quel prix, en v&#233;rit&#233; ? De la lettre &#224; l'esprit, et de l'esprit &#224; l'action, le foss&#233; est immense, peut-&#234;tre infranchissable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Au son de &#171; l'Id&#233;e &#187;, sur l'air du &#171; marxien &#187;, des communismes sans socialisme et sans politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; communisme &#187; comme partage et mise en commun des principaux moyens mat&#233;riels d'existence (la terre avant tout) a &#233;t&#233; le lot transitoire, sous des formes relativement rudimentaires, de certaines soci&#233;t&#233;s primitives. Puis il est devenu, parfois crois&#233;es avec le christianisme, et sous formes de cit&#233;s id&#233;ales depuis l'antique r&#233;publique de Platon jusqu'&#224; l'Icarie de Cabet en passant par l'&#238;le d'Utopie de More, une aspiration essentiellement morale. Il ne s'est &#233;nonc&#233; comme v&#233;ritable projet politique qu'au XIXe si&#232;cle, dans le sillage de 1789 : spectre de la destitution du capitalisme en essor, refus offensif du destin atroce que celui-ci infligeait &#227; son &#171; secret honteux &#187;, source surexploit&#233;e de sa richesse et de son d&#233;veloppement plan&#233;taire, le prol&#233;tariat, n&#233; d'un &#171; peuple &#187; qui nagu&#232;re avait amalgam&#233; contre le f&#233;odalisme des forces sociales au contours incertains, dor&#233;navant cliv&#233; en classes absolument antagoniques. Voil&#224; pourquoi Engels dans les Principes du communisme en 1848 le d&#233;finissait comme la &#171; n&#233;gation &#187; du pouvoir bourgeois et, positivement, comme la &#171; th&#233;orie des conditions de la lib&#233;ration du prol&#233;tariat &#187;, r&#233;sumant ainsi le contenu du nouveau &#171; Parti &#187; historique &#227; prendre dont Marx et lui &#233;crivaient alors le Manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les ann&#233;es 1830-40 de gen&#232;se de leur contenu politique, et les d&#233;bats de la premi&#232;re Internationale puis de la social-d&#233;mocratie allemande, ils us&#232;rent des deux termes de &#171; communisme &#187; et de &#171; socialisme &#187; de fa&#231;on parfois synonyme, ou en faisant varier le sens de leur distinction, voire en n'utilisant qu'un des deux. Face aux mod&#232;les industrialo-coop&#233;rativistes des Owen et Saint-Simon, aux phalanst&#232;res de Fourier, s'imposa peu &#227; peu l'embl&#233;matique &#171; socialisme scientifique &#187; dont L'id&#233;ologie allemande, avait cependant d&#233;j&#224; fix&#233; l'essentiel sous le terme de &#171; communisme &#187;, alors pos&#233; comme synonyme de &#171; mat&#233;rialisme pratique &#187;, et comme n'&#233;tant &#171; ni un &#233;tat qui doit &#234;tre cr&#233;&#233;, ni un id&#233;al sur lequel la r&#233;alit&#233; devra se r&#233;gler &#187;, mais au contraire le &#171; mouvement r&#233;el qui abolit l'&#233;tat actuel &#187;, dont les &#171; conditions &#187; &#171; r&#233;sultent des pr&#233;misses actuellement existantes. &#187; Mais mouvement orient&#233; par les prol&#233;taires conform&#233;ment &#227; but conscient, un objectif, une fin, f&#251;t-elle approximative : une nouvelle association d'hommes d&#233;sali&#233;n&#233;s, lib&#233;r&#233;s de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de la marchandisation de leur &#234;tre personnel et social, fond&#233;e sur un nouveau mode de production rationnellement planifi&#233; ayant aboli les classes et l'Etat. Ce n'est qu'avec L&#233;nine dans L'Etat et la r&#233;volution que le &#171; socialisme &#187; est formellement homologu&#233; (et dans le double contexte bien particulierde la situation russe et de l'&#233;t&#233; 1917) avec la phase transitoire de la dictature du prol&#233;tariat, pr&#233;lude &#171; inf&#233;rieur &#187;, &#233;conomico-&#233;tatiste, au communisme consid&#233;r&#233; comme sa &#171; phase sup&#233;rieure &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distinction a &#233;t&#233; canonis&#233;e et instrumentalis&#233;e ensuite par le contre-r&#233;volutionnaire &#171; socialisme dans un seul pays &#187;, qui finalement s'est effondr&#233; avant le passage pr&#233;vu au stade final. D&#232;s lors, quand un Badiou parle du communisme authentique en sugg&#233;rant qu'il n'a rien &#227; voir avec l'histoire de ce &#171; socialisme &#187; r&#233;duite au stalinisme, que fait-il d'autre, sinon reconduire la m&#234;me antidialectique ? Lui se dit postmarxiste, cependant que d'autres se disent maintenant &#171; marxiens &#187; et pr&#233;tendent s&#233;parer le bon grain de l'ivraie, retrouver Marx tout en tirant, op&#233;ration analogue, un trait sur l'histoire continu&#233;e, sans majuscule, du mouvement ouvrier, sur laquelle seule, en ses &#233;checs comme ses errances, et malgr&#233; la violence de ses heurts, le communisme peut aujourd'hui &#234;tre r&#233;-assis dans sa profondeur historique. On ne confondra pas, cependant, ces autoproclam&#233;s &#171; marxiens &#187; tard venus, parfum&#233;s plus ou moins fortement au n&#233;o-stalinisme, avec deux autres cat&#233;gories usant du m&#234;me vocable. D'autres &#171; marxiens &#187; actuels n'ont pas les m&#234;mes casseroles, et se contentent d'exprimer par l&#224; qu'ils d&#233;fendent Marx et le communisme, tout en restant tr&#232;s &#227; distance du mouvement ouvrier, de ses partis, de ses syndicats, non par m&#233;moire s&#233;lective, mais parce qu'ils n'ont pas ou ont perdu le sens de ce que faire de la politique implique &#8211; par quoi ils poursuivent, en partage avec les glosateurs de l'Id&#233;e, le repli dans le concept que, nagu&#232;re, Anderson avait sch&#233;matiquement identifi&#233; comme marque de fabrique du &#171; marxisme occidental &#187;. La troisi&#232;me cat&#233;gorie de &#171; marxiens &#187; est largement ant&#233;rieure &#227; 1989. H&#233;riti&#232;re des premi&#232;res oppositions de gauche, elles s'opposa d&#232;s l'apr&#232;s-guerre, refusant autant le capitalisme que le stalinisme, &#227; ce &#171; marxisme &#187; (d&#233;clin&#233; en &#171; l&#233;ninisme &#187;, puis en &#171; mao&#239;sme &#187;, etc.) qui s'&#233;tait d&#232;s les ann&#233;es 1920 objectivement constitu&#233; aussi en id&#233;ologie au service de la contre-r&#233;volution. Cette tradition accusa souvent le trotskysme d'avoir tent&#233; de combattre le stalinisme en lui laissant &#227; tort le choix des armes, donc en participant de l'int&#233;rieur de sa contre-r&#233;volution. A l'inverse on put lui reprocher sa pr&#233;tention au ni Moscou-ni Washington, position qui fut effectivement confortable pour certains (qui d'ailleurs se droitis&#232;rent et abandonn&#232;rent Marx, participant finalement, de l'ext&#233;rieur cette, fois &#224; la contre-r&#233;volution), mais sur le fil du rasoir, exigeante &#227; tenir voire funeste pour d'autres (qui furent attaqu&#233;s de tout bord, voire engloutis dans la r&#233;pression).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette configuration contrast&#233;e du &#171; marxien &#187;, et l'usage &#226;nonn&#233; &#227; n'en plus finir de ce &#171; je ne suis pas marxiste &#187; prononc&#233; une fois par Marx, n'autorise donc aucune interpr&#233;tation unilat&#233;rale. Pour &#233;viter de s'y noyer, une seule boussole : le communisme &#233;tait en 1848 la th&#233;orieet la praxis &#171; des conditions de la lib&#233;ration du prol&#233;tariat &#187;, il sera aujourd'hui celles des prol&#233;taires, qu'ils soient nouveaux ou anciens, du XXIe si&#232;cle : les travailleurs exploit&#233;s, pr&#233;caris&#233;s, plus ou moins opprim&#233;s par surcro&#238;t pour leur genre sexuel ou ethnique, par la classe capitaliste, ses contrema&#238;tres &#233;tatiques ou ses alli&#233;s r&#233;actionnaires. Actuellement employ&#233;s ou au ch&#244;mage, &#233;tudiants ou retrait&#233;s, ils ont fait, font ou feront tourner par leur force de travail les diff&#233;rents secteurs de la production et de la reproduction sociales, et composent cette vaste arm&#233;e industrielle d'active ou de r&#233;serve dont le capital a toujours eu besoin. Que faire, donc, pour que l'Id&#233;e ne se r&#233;-empare des masses &#8211; c'est-&#224;-dire que ces masses ne se r&#233;-emparent d'elle, lui fasse perdre sa majuscule et redevenir une force mat&#233;rielle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Strat&#233;gie dialectique et n&#233;cessit&#233; historique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dualit&#233; entre &#171; fins vis&#233;es &#187; et &#171; mouvement r&#233;el &#187;, les oscillations du lien socialisme-communisme, et plus largement l'absence de th&#233;orie unifi&#233;e du communisme chez Marx expriment le caract&#232;re radicalement dialectique et historique du concept. Seule une vision antidialectique et anhistorique peut proposer une th&#233;orie achev&#233;e d'une soci&#233;t&#233; qui n'existe pas encore (o&#249; le &#171; mouvement r&#233;el &#187; dispara&#238;t), de m&#234;me que simultan&#233;ment, l'absence totale d'anticipation rationnelle conduit &#227; naviguer &#227; vue, de fa&#231;on purement pragmatique et logiquement opportuniste (toute &#171; fin &#187; cette fois s'&#233;vanouissant). Marx voulut &#233;viter ces &#233;cueils : la dialectique solidarise organiquement l'analyse scientifique de l'&#233;tat de chose existant, et le mouvement prospectif vers l'&#233;tat de chose possible et souhaitable. Elle est cette pens&#233;e n&#233;gative, disait Marcuse dans sa Pr&#233;face de 1954 &#227; Raison et r&#233;volution, capable de penser ce qui est, dans les termes de ce qui n'est pas. Les normes et les possibles impr&#232;gnent les faits, et cette n&#233;gativit&#233; qui les travaillent de l'int&#233;rieur est ce dont la dialectique rend raison, voil&#224; pourquoi elle pour Marx &#171; dans son essence, critique et r&#233;volutionnaire &#187;. Parce que &#171; dans l'intelligence positive de l'&#233;tat de choses existant elle inclut du m&#234;me coup l'intelligence de sa n&#233;gation, de sa destruction n&#233;cessaire, parce qu'elle sait toute forme faite dans le flux du mouvement et donc aussi sous son aspect p&#233;rissable &#187; (Pr&#233;face de 1873 au Livre I du Capital).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux antipodes de toute in&#233;luctabilit&#233; de l'&#233;croulement du capitalisme et de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, cette strat&#233;gie dialectique n'incluait, en mati&#232;re de th&#233;orie des conditions de la transition r&#233;volutionnaire du capitalisme au communisme, aucun a priori m&#233;canique sur la nature du rythme, des &#171; &#233;tapes &#187; que les soci&#233;t&#233;s et leurs prol&#233;tariats &#224; l'&#233;chelle mondiale seraient cens&#233;s suivre,ni n'a d&#233;pos&#233; de brevet sur le nom &#227; donner &#227; cette p&#233;riode de transition&#8211; le&#231;on dont la principale h&#233;riti&#232;re est la loi trotskyste du d&#233;veloppement in&#233;gal et combin&#233;. Marx et Engels ont inf&#233;r&#233; des contradictions du capitalisme une tendance objective &#224; la radicalisation explosive de la lutte des classes, mais, lucides sur les contre-tendances simultan&#233;ment &#224; l'&#339;uvre, ils savaient bien que le capitalisme n'est ni naturel ni ind&#233;passable, pas plus que qu'&#224; l'image d'une loi de la nature la r&#233;volution n'est &#233;crite d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde s'accorde aujourd'hui sur le refus du &#171; n&#233;cessitarisme &#187; et des eschatologies. Pourtant il y a bien une n&#233;cessit&#233; &#224; l'&#339;uvre : le capitalisme ne sera aboli qu'en vertu du poids de ses contradictions internes, et non gr&#226;ce &#227; un pouvoir ext&#233;rieur, transcendant, miraculeux, quel qu'il soit. Mais dire que s'il p&#233;rit, c'est n&#233;cessairement de ses contradictions internes, ce n'est pas dire que le capitalisme p&#233;rira n&#233;cessairement. Bref, il ne faut pas se tromper de &#171; n&#233;cessit&#233; &#187; : la seule rationnellement d&#233;fendable &#8211; hypoth&#232;se d'une apocalypse nucl&#233;aire mise &#227; part &#8211; c'est celle d'une destruction volontaire et organis&#233;e du capitalisme accomplie par un prol&#233;tariat qui aurait r&#233;ussi &#227; se r&#233;unifier. Si h&#233;t&#233;rog&#232;ne et divis&#233; que celui-ci soit dans chaque pays et &#224; l'&#233;chelle des cinq continents, on ne saurait d&#233;cr&#233;ter d'avance qu'il n'en sera pas capable : les hommes font leur histoire sur la base de conditions ant&#233;rieures, et aucune colonisation du futurn'est l&#233;gitime. Il faut donc toujours se pr&#233;parer &#227; tout, en particulier le r&#233;p&#233;tait L&#233;nine, &#224; l'improbable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Communisme gauchisme : l'autocritique pour l'autoorganisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les r&#233;volutions ne se font pas par des lois. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Capital, Livre I, ch. XXIV&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence est donc majeure entre scander de fa&#231;on id&#233;aliste ou m&#233;canique des &#233;tapes abstraitement d&#233;finies, et dire que la r&#233;volution se fera progressivement, donc par d&#233;finition par &#233;tapes, tout en pr&#233;cisant que ces &#233;tapes ou rythmes, et les mots d'ordre transitoires qui les susciteront ou les orienteront, suivront les singularit&#233;s et les priorit&#233;s des contextes g&#233;opolitiques. Faite de traits anciens et nouveaux, instable, hybride, contradictoire, toute exp&#233;rience r&#233;volutionnaire a illustr&#233; et illustrera l'&#233;vidente n&#233;cessit&#233; de toujours devoir tout prendre en charge, sans pour autant pouvoir le r&#233;gler, tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictature du prol&#233;tariat reste aujourd'hui la traduction la plus consciente de cette hybridit&#233;, donc un concept strat&#233;gique majeur, pour une premi&#232;re raison, simple : elle est impos&#233;e par la permanence de la dictature du capital, quelle que soit la couleur de l'&#233;cran de fum&#233;e sur fond duquel celle-ci agite p&#233;riodiquement, grelots r&#233;formistes au diapason, ses nouveaux costumes. Ensuite, sans parler des flous affectant les multiples &#171; indignations &#187; nationales, elle le reste parce que le &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187; &#224; la Chavez par exemple, reconduit ces illusions dangereuses dont Marx &#233;tait pourtant d&#233;finitivement revenu avec la g&#233;n&#233;ralisation de la contre-r&#233;volution en Europe apr&#232;s 1848, tirant la conclusion que la destruction de l'Etat bourgeois &#233;tait un &#233;l&#233;ment cardinal de la transition r&#233;volutionnaire. Pour autant, les &#233;preuves du XXe si&#232;cle imposent, pour la cr&#233;dibilit&#233; de toute invocation de la dictature du prol&#233;tariat, qu'absolument tout soit mobilis&#233; pour que son contenu r&#233;el ne soit, comme fin et comme moyen, l'auto-organisation maximale du prol&#233;tariat, par laquelle seule du reste celui-ci pourra reconqu&#233;rir non seulement sa conscience de soi, mais surtout, sa confiance en soi. La compr&#233;hension aussi renouvel&#233;e soit-elle du &#171; si&#232;cle sovi&#233;tique &#187; exige donc en compl&#233;ment une autocritique radicale, dont une voie consistera &#227; r&#233;-explorer la pol&#233;mique entre communisme et gauchisme &#224; laquelle L&#233;nine donne ses lettres de noblesse en 1918-1920.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etre communistec'&#233;tait jadis devoir &#233;viter autant &#8211; m&#234;me si les deux n'&#233;taient pas de m&#234;me nature &#8211; les d&#233;viations de droite (opportunistes) que celles, puristes, de gauche (gauchisme), alors puisque. Or s'il nous faut re-calibrer le &#171; communisme &#187; &#224; la mesure XXIe si&#232;cle, alors ce qui, derri&#232;re ce terme de &#171; gauchisme &#187;, a &#233;t&#233; ensuite r&#233;prim&#233; par le stalinisme, mais aussi minor&#233; dans les trotskysmes, doit faire l'objet d'un bilan et d'une &#233;valuation m&#233;thodiques : la tension communisme-gauchisme fut une tension mouvante, dialectique et historique, il nous appartient donc de la re-dialectiser et la r&#233;-historiciser. La pire erreur pour un marxiste consiste &#227; graver dans le marbre ce qui ne s'&#233;crit que dans la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233; on reconna&#238;tra avec certains ultragauches qu'effectivement des dilutions et abdications funestes, depuis 1945, ont &#233;t&#233; commises au nom du &#171; front unique &#187;, et pourraient l'&#234;tre encore. De l'autre on reconduira ce que Paul Val&#233;ry disait de la morale kantienne : qu'elle a les mains propres parce qu'elle n'a pas de mains &#8211; que certaines postures oppositionnelles ont, de loin, par trop d&#233;dialectis&#233; et d&#233;contextualis&#233; le rapport des fins et des moyens. Ces &#233;cart&#232;lements sont solidaires de d&#233;saccords sur le statut et les effets de l'&#233;tatisation en URSS (&#171; collectivisme bureaucratique &#187; vs &#171; capitalisme d'Etat &#187; vs &#171; &#233;tat ouvrier bureaucratiquement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187;&#8230;), sur la nature du r&#244;le du parti et des directions r&#233;volutionnaires, ou encore sur la conception de l'avant-garde des travailleurs. Ces d&#233;saccords persistent, emp&#234;chent de tirer un bilan pleinement commun et donc d'&#233;laborer une strat&#233;gie commune. Mais cela n'a rien de g&#234;nant, une unit&#233; pour l'unit&#233; &#339;cum&#233;nique n'est pas plus f&#233;conde en th&#233;orie qu'en politique que si elle &#233;tait tyrannique, et le pluralisme conflictuel de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re n'a jamais &#233;t&#233; un frein &#224; l'action rationnelle : ce qui importe, c'est ce qu'il est politiquement juste de d&#233;fendre. Or si d'une part il est juste que certains compromis historiques ne se d&#233;passent qu'avec l'oubli : ce que fut le stalinisme interdit absolument toute bienveillance avec les n&#233;o-stalinismes &#8211; et il faudra longtemps &#8211;, en revanche il est d'autres litiges (sur 1917-1924 naturellement) pour lesquels une telle attente serait erron&#233;e, parce qu'un terrain suffisant existe pour des n&#233;gociations qui, &#227; d&#233;faut de s'entendre sur le d&#233;but, pourraient au moins le tenter op&#233;rationnellement sur la fin. &#192; un certain degr&#233; de g&#233;n&#233;ralit&#233; en effet les diverses oppositions de gauche, depuis 1918, d'Ossinski en Russie &#227; Luxembourg en Allemagne et aux conseillismes, jusqu'&#224; l'opposition unifi&#233;e de 1926 dont Trotsky assura le leadership en r&#233;action au galopant Thermidor sovi&#233;tique, et les h&#233;ritiers de tous ces courants, partagent tous la norme fondatrice de l'Association Internationale des Travailleurs en 1864 qui reste, par-del&#224; les destins des IIe et IIIe internationales, l'aiguillon de la reconstruction &#227; mener. &#171; L'&#233;mancipation des travailleurs sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187; : ce qui compte donc c'est la reconnaissance de la centralit&#233; de l'autoorganisation du prol&#233;tariat, et de l'existence d'une seule et unique boussole pour la lutte des classes : qu'est-ce qui unifie et renforce durablement, ou non, et comment, les travailleurs, et accroit leur conscience de leur position et de leur force ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sartre a dit : &#171; &#227; chaque fois que je me suis tromp&#233;, c'est que je n'ai pas &#233;t&#233; assez radical &#187;. Notre responsabilit&#233; est de faire vivre le marxisme avec cette radicalit&#233; par laquelle il est capable de comprendre et dig&#233;rer sa propre histoire, puis d'en rena&#238;tre. Trotsky s'attaqua de cette fa&#231;on, sans concession, en 1923 dans Cours nouveau, contre cette bureaucratie qui tentaculairement s&#233;parait d&#233;j&#224; le parti des masses. Mais d'autres l'avaient pr&#233;c&#233;d&#233;. A notre tour, revendiquer avec force la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, et remonter, contre lui et L&#233;nine au besoin, &#227; certaines pr&#233;coces le&#231;ons des &#171; gauchismes &#187; qui n'ont pas encore &#233;t&#233; assez entendues, ne sont aucunement choses incompatibles. Assumer frontalement aujourd'hui qu'aucune majuscule ne m&#233;ritera jamais le sacrifice des prol&#233;taires en lutte serait une expression, une parmi d'autres certes, mais une particuli&#232;rement enthousiasmante et offensive, d'un cours nouveau du communisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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