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	<title> Fracci&#243;n Trotskista Cuarta Internacional </title>
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		<title>Turquie. Erdogan bombarde le PKK, militarise le pays et terrorise la gauche</title>
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		<dc:creator>Ciro Tappeste</dc:creator>


		<dc:subject>Medio Oriente</dc:subject>
		<dc:subject>Asia</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica Internacional</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Turqu&#237;a</dc:subject>
		<dc:subject>Mundo &#193;rabe</dc:subject>
		<dc:subject>Courant Communiste R&#233;volutionnaire du NPA</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s l'attentat du 20 juillet qui a co&#251;t&#233; la vie &#227; 32 jeunes militants de la gauche turque et kurde &#227; Suru&#231;, dans le Sud de la Turquie, Ankara a donn&#233; son accord &#224; l'utilisation par la Coalition Internationale contre l'Etat Islamique de ses bases a&#233;rienne. Le gouvernement a donn&#233; l'ordre de bombarder plusieurs positions de Daech en territoire syrien, mais a surtout lanc&#233; son arm&#233;e et sa police contre les militants de la gauche turque et kurde ainsi que contre les bases du parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). On savait le pr&#233;sident Erdogan partisan de la m&#233;thode forte, mais la brutalit&#233; d'Ankara, ces derniers jours, est sans commune mesure avec ce &#227; quoi le gouvernement islamo-conservateur de l'AKP avait orchestr&#233;, ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton9145-57af7.jpg?1694585642' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.revolutionpermanente.fr/Turquie-32-militants-de-gauche-massacres-a-Suruc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apr&#232;s l'attentat du 20 juillet qui a co&#251;t&#233; la vie &#227; 32 jeunes militants de la gauche turque et kurde &#227; Suru&#231;&lt;/a&gt;, dans le Sud de la Turquie, Ankara a donn&#233; son accord &#224; l'utilisation par la Coalition Internationale contre l'Etat Islamique de ses bases a&#233;rienne. Le gouvernement a donn&#233; l'ordre de bombarder plusieurs positions de Daech en territoire syrien, mais a surtout lanc&#233; son arm&#233;e et sa police contre les militants de la gauche turque et kurde ainsi que contre les bases du parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). On savait le pr&#233;sident Erdogan partisan de la m&#233;thode forte, mais la brutalit&#233; d'Ankara, ces derniers jours, est sans commune mesure avec ce &#227; quoi le gouvernement islamo-conservateur de l'AKP avait orchestr&#233;, ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un courrier adress&#233; &#224; l'ONU, la Turquie a justifi&#233; ses bombardements sur la r&#233;gion d'Izaz, en Syrie, au nom du fait que le r&#233;gime de Bachar al Assad &#171; ne serait pas capable ou n'aurait pas la volont&#233; &#187; de combattre les groupes terroristes islamistes&#8230; que le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyuip Erdogan a appuy&#233; en sous-main depuis 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reprise des bombardements contre le PKK&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; &#233;tats-unien, &#224; la t&#234;te de la Coalition, Washington a d&#233;clar&#233; respecter &#171; pleinement le droit de notre alli&#233; turc &#224; l'autod&#233;fense &#187;, &#227; savoir contre Daech mais, surtout, contre le PKK. Le D&#233;partement d'Etat a ainsi condamn&#233; les r&#233;centes &#171; attaques terroristes &#187; de l'organisation kurde, notamment des prises d'otages dans la province de Sirnak et &#227; Diyarbakir, la capitale du Kurdistan turc, ainsi que l'ex&#233;cution de trois policiers dans l'Est du pays. Le parti d'Abdullah Ocalan r&#233;pondait ainsi &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Apres-le-cessez-le-feu-Ocalan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; la rupture de la tr&#234;ve unilat&#233;rale officialis&#233;e par le PKK et Ankara le 28 f&#233;vrier dernier&lt;/a&gt;, &#224; l'attentat de Suru&#231; ainsi qu'&#224; l'intensification des bombardements contre huit de ses bases dans les montagnes du Kurdistan turc et iraquien, dans les zones de Qandil, Xahurke et Enze, au cours desquels de nombreux civils ont perdu la vie, ainsi que Servan Onder, l'un des responsables militaires du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit dit au passage, l'aviation militaire iranienne a particip&#233; aux frappes, T&#233;h&#233;ran ne perdant jamais une occasion pour appuyer toute les actions anti-kurdes et, sp&#233;cifiquement, &lt;a href=&#034;http://www.revolutionpermanente.fr/Nucleaire-iranien-Accord-historique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; donner des gages de bonne conduite &#227; Washington, avec qui le r&#233;gime des mollahs a sign&#233; un accord historique sur le nucl&#233;aire&lt;/a&gt;. La man&#339;uvre, c&#244;t&#233; Ankara est tellement grossi&#232;re, que Brett McGurk, l'adjoint &#224; l'&#233;missaire sp&#233;cial de Barack Obama aupr&#232;s de la Coalition Internationale contre Daech, a d&#233;clar&#233; samedi soir qu'il n'y avait &#171; aucun lien entre ces frappes a&#233;riennes contre le PKK et les accords r&#233;cents pour intensifier la coop&#233;ration am&#233;ricano-turque contre l'EI &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rafles et arrestations contre la gauche turque et kurde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Erdogan ne s'est pas seulement content&#233;s d'instrumentaliser l'attentat de lundi pour reprendre son offensive contre le PKK. Ebranl&#233; par des mouvements de contestation &#227; r&#233;p&#233;tition et en raison de &lt;a href=&#034;http://www.revolutionpermanente.fr/Elections-en-Turquie-Erdogan-le-sultan-ebranle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa d&#233;faite &#233;lectorale de juin&lt;/a&gt;, Erdogan entend reprendre la main en faisant le choix de militariser le pays, en essayant, au passage, &lt;a href=&#034;http://www.revolutionpermanente.fr/Le-HDP-brise-le-barrage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;de marginaliser le HDP, le parti pro-kurde autour duquel s'est f&#233;d&#233;r&#233; une bonne partie de la gauche turque et qui a fait 13% au dernier scrutin&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les principales villes du pays, des rafles visant les sympathisants de Daech ont &#233;t&#233; men&#233;es&#8230; conduites surtout contre des militants du PKK et de l'extr&#234;me gauche, mais &#233;galement des syndicalistes et des activistes de gauche. Ainsi, sur les 590 &#171; terroristes pr&#233;sum&#233;s &#187; incarc&#233;r&#233;s depuis samedi, 180 sont des militants du HDP. Au cours de la veill&#233;e du corps de Gunay Ozarlsan, militante de l'organisation clandestine d'extr&#234;me gauche DHKP-C tu&#233;e de 32 balles au cours de l'op&#233;ration anti-PKK de jeudi 23, la police n'a pas h&#233;sit&#233; &#227; d&#233;vaster la maison de pri&#232;re al&#233;vi o&#249; &#233;tait recueillis ses proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive a &#233;galement &#233;t&#233; men&#233; sur le front m&#233;diatique et d&#233;mocratique, attestant du virage d'Erdogan, avec la censure ou la fermeture pure et simple de plusieurs journaux de gauche &#224; l'instar de Ozgur Gundem et Evrensel ou des sites Yuksekovahaber et Cizrepostasi. Pour &#171; raisons de s&#233;curit&#233; &#187;, la manifestation de dimanche appel&#233;e en hommage aux victimes de Suru&#231; a &#233;t&#233; interdite. Elle &#233;tait pourtant convoqu&#233;e par un front large de partis et d'organisations constituant la Plateforme pour la Paix dont font partie les k&#233;malistes du CHP ainsi que le HDP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Strat&#233;gie de la tension et solidarit&#233; en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En militarisant le pays, en faisant le pari de la strat&#233;gie de la tension et en jouant la partition de la &#171; Turquie en guerre sur trois fronts contre les terroristes islamistes, le PKK et la Syrie &#187;, Erdogan joue gros. Le mouvement ouvrier et la jeunesse de Turquie sont, pour l'instant, comme assomm&#233;s, apr&#232;s l'attentat de Suru&#231;, la reprise des combats contre le PKK, la violence de la r&#233;pression lanc&#233;e contre la gauche et l'opposition en g&#233;n&#233;ral, le tout justifi&#233; par la rh&#233;torique de la lutte cotre le &#171; terrorisme &#187;. Cependant, il n'est pas s&#251;r que le fait de s'&#234;tre replac&#233; pleinement dans le giron am&#233;ricain apr&#232;s sa brouille prolong&#233;e avec Washington soit, pour Erdogan, une garantie, si la situation commen&#231;ait &#224; lui &#233;chapper des mains, tant les tensions dans le pays, notamment &#227; sa fronti&#232;re Sud, sont explosives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Hexagone, plusieurs manifestations ont rassembl&#233; des milliers de personnes, notamment &#227; Paris, Toulouse ou encore Mulhouse et Strasbourg, en hommage aux militants tu&#233;s &#227; Suru&#231; et pour protester contre strat&#233;gie militaire et polici&#232;re d'Erdogan. La jeunesse et le mouvement ouvrier de Turquie ainsi que le peuple kurde ont besoin, en effet, de tout notre soutien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gr&#232;ce. Vote pro-aust&#233;rit&#233; au Parlement, matraques et lacrymo Place Syntagma</title>
		<link>https://estrategiainternacional.org/Grece-Vote-pro-austerite-au-Parlement-matraques-et-lacrymo-Place-Syntagma</link>
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		<dc:creator>Ciro Tappeste</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica Internacional</dc:subject>
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		<dc:subject>Grecia</dc:subject>
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		<dc:subject>Grecia : &#034;Gobierno de izquierda&#034; o &#034;gobierno de los trabajadores&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Courant Communiste R&#233;volutionnaire du NPA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y avait comme un air de d&#233;j&#224; -vu qui planait sur Ath&#232;nes, mercredi. A la Vouli, le parlement grec, on a vot&#233;, comme au temps des cabinets pro-Tro&#239;ka, un plan de &#171; sauvetage &#187; fait de coupes budg&#233;taires et de contre-r&#233;formes. Cette fois, cependant, c'est le gouvernement Syriza-Anel qui conduisait l'op&#233;ration, apr&#232;s la capitulation compl&#232;te de Tsipras et l'engagement du Premier ministre grec &#227; mettre en &#339;uvre le programme n&#233;ocolonial impos&#233; dimanche par les cr&#233;anciers du pays. Dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Balcanes" rel="tag"&gt;Balcanes&lt;/a&gt;, 
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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y avait comme un air de d&#233;j&#224; -vu qui planait sur Ath&#232;nes, mercredi. A la Vouli, le parlement grec, on a vot&#233;, comme au temps des cabinets pro-Tro&#239;ka, un plan de &#171; sauvetage &#187; fait de coupes budg&#233;taires et de contre-r&#233;formes. Cette fois, cependant, c'est le gouvernement Syriza-Anel qui conduisait l'op&#233;ration, apr&#232;s la capitulation compl&#232;te de Tsipras et l'engagement du Premier ministre grec &#227; mettre en &#339;uvre l&lt;a href=&#034;http://www.revolutionpermanente.fr/L-accord-neocolonial-sur-la-Grece-revele-le-veritable-visage-de-l-Europe-du-capital&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;e programme n&#233;ocolonial&lt;/a&gt; impos&#233; dimanche par les cr&#233;anciers du pays. Dans la soir&#233;e, sur la Place Syntagma, en face du Parlement, alors que prenait fin la manifestation de plusieurs milliers de personnes (15.000, selon certaines sources), dans le cadre de l'appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du secteur public et des transports, la premi&#232;re depuis l'arriv&#233;e la victoire de Syriza, l'air se chargeait de gaz lacrymog&#232;nes, comme lors des grandes manifestations de 2012, alors que le MAT, la police anti-&#233;meutes grecque, chargeait les remont&#233;es de manifestants. A l'&#233;poque, c'&#233;tait la droite qui &#233;tait au pouvoir. Avec le vote de mercredi, Tsipras r&#233;ussit &#227; passer le premier tour du marathon parlementaire, gr&#226;ce aux voix de l'opposition, et ce en d&#233;pit de la d&#233;fection d'une partie des parlementaires de son propre parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un nouveau paquet de mesures aust&#233;ritaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui de la Vouli permet &#227; Tsipras de faire face aux engagements du pays et de d&#233;bloquer des fonds destin&#233;s au remboursement, lundi, de deux nouvelles &#233;ch&#233;ances de la dette contract&#233;e aupr&#232;s de la BCE (3,5 milliards) et du FMI (2 milliards). En &#171; contrepartie &#187;, une s&#233;rie de nouvelles attaques devaient &#234;tre vot&#233;es avant minuit, heure-butoir fix&#233;e par les &#171; partenaires &#187; europ&#233;ens de la Gr&#232;ce, nouveaux ma&#238;tres du pays : l'augmentation de la TVA &#227; 6%, pour les m&#233;dicaments, &#227; 13% pour les produits de base, l'&#233;nergie et l'eau, et de 13 &#227; 23% pour le reste ; le passage &#227; 67 ans de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite, pour 2022, l'augmentation des pr&#233;l&#232;vements sociaux pour l'assurance maladie et l'&#233;limination progressive des subventions pour les pensions les plus basses ; la cr&#233;ation, enfin, d'un &#171; conseil ind&#233;pendant de contr&#244;le &#187; sur l'Institut Grec de Statistiques pour veiller &#227; ce que le pays r&#233;ponde &#224; l'int&#233;gralit&#233; de ses engagements &#171; sans frauder &#187;, comme si les autres pays de la zone euro n'avaient pas, eux, d&#233;pass&#233; depuis longtemps les crit&#232;res de Maastricht qu'ils s'&#233;taient eux-m&#234;mes fix&#233;s, Allemagne et France en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chantage de Tsipras, &#171; opposition &#187; de Syriza&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Soit vous &#234;tes avec moi, soit je ne suis plus Premier ministre &#187;. Voil&#224; l'ultimatum lanc&#233; par Tsipras &#227; ses &#171; frondeurs &#187; ayant menac&#233; de faire d&#233;fection, le Premier ministre n'assistant m&#234;me pas &#224; la votation, dans la soir&#233;e. Plus t&#244;t, dans la journ&#233;e, une courte majorit&#233; du Comit&#233; Central de son propre parti, qui ne contr&#244;le plus rien tant l'&#233;quipe resserr&#233;e autour du Premier ministre s'est autonomis&#233;e, avait vot&#233; &#227; 107 voix sur 201, contre le plan soumis aux d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peu de personnalit&#233;s de premier plan de Syriza ont pr&#233;f&#233;r&#233; d&#233;missionner plut&#244;t que d'&#234;tre soumis au chantage de Tsipras. Nadia Valavani, vice-ministre de l'Economie, &#224; l'origine du programme &#233;conomique du parti et &#171; amie de trente ans &#187; de Tsipras, a fait un pas de c&#244;t&#233;, de m&#234;me que trois sous-secr&#233;taires d'Etat. La pr&#233;sidente du Parlement, Zo&#233; Konstantopoulou, qui s'&#233;tait &#233;galement prononc&#233;e contre le M&#233;morandum et qui est l'objet d'attaques extr&#234;mement violentes de la droite du parti et de la presse, tentait de faire d&#233;border le d&#233;bat au-del&#224; de minuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le plan est adopt&#233; gr&#226;ce &#224; l'opposition et le gouvernement reste en place gr&#226;ce aux Grecs Ind&#233;pendants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan est pass&#233; avec 229 &#171; oui &#187;, dont les 106 voix de Nouvelle D&#233;mocratie, du Pasok et de To-Potami. Du c&#244;t&#233; du &#171; non &#187;, en plus des voix du KKE, le PC grec et de l'extr&#234;me droite d'Aube Dor&#233;e, il y a eu celles de 32 parlementaires de Syriza, parmi elles celle de l'ex-ministre de l'Economie Yanis Varoufakis, qui essaie de faire oublier ses reculades pendant cinq mois de n&#233;gociations, et celle de Panagiotis Lafazanis, encore ministre, lui, ainsi que celle des d&#233;put&#233;s r&#233;pondant &#224; l'aile gauche du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la Constitution grecque, il fallait, &#227; Tsipras 120 voix de l'actuelle majorit&#233; parlementaire Syriza-Anel pour &#233;viter que son gouvernement ne tombe. Gr&#226;ce &#224; la discipline de vote d'une bonne partie des parlementaires de Syriza, ayant pr&#233;f&#233;r&#233; ob&#233;ir au Premier ministre plut&#244;t qu'au Comit&#233; Central de leur parti, ainsi que les 13 voix du parti de droite nationaliste Anel, Tsipras a r&#233;ussi &#227; r&#233;unir 123 voix de la majorit&#233; sur son texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, sans que les pressions ne cessent du c&#244;t&#233; de Bruxelles et des puissances imp&#233;rialistes europ&#233;ennes pour que le gouvernement soit profond&#233;ment remani&#233; avec l'entr&#233;e de l'opposition en son sein, Tsipras entend continuer &#227; constituer des majorit&#233;s ad hoc au cours des prochaines semaines pour faire approuver le reste des mesures exig&#233;es par la Tro&#239;ka. Il va &#234;tre contraint de remanier, en interne, son gouvernement, pour faire face aux d&#233;missions, mais reste en place, sans que cela ne garantisse que des &#233;lections anticip&#233;es ne soient pas organis&#233;es cet automne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15.000 personnes dans les rues d'Ath&#232;nes contre la trahison de Tsipras&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que dans la rue, les travailleurs du secteur public et des transports, en gr&#232;ve, &#224; l'appel d'ADEDY et du PAME, le courant syndical du KKE, manifestaient dans les principales villes du pays, avec 15.000 personnes &#227; Ath&#232;nes, la &#171; gauche &#187; de Syriza ainsi qu'un certain nombre de dissidents continuaient &#227; pratiquer la politique de l'&#233;quilibriste : les &#171; frondeurs &#187; ont soulign&#233;, &#227; plusieurs reprises, qu'ils votaient contre les r&#233;formes, mais qu'ils continuaient &#227; soutenir le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Plateforme de Gauche de Syriza, dirig&#233;e par Lafazanis, qui reste accroch&#233; &#227; son maroquin minist&#233;riel, pr&#233;voit d'organiser, avec les dirigeants syndicaux qui lui r&#233;pondent, un rassemblement, dans la capitale, lundi 20 juillet. &lt;a href=&#034;http://www.revolutionpermanente.fr/Gauche-de-Syriza-Koloutoumba-en-grec-veut-dire-capitulation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Eni&#232;me &#171; koloutoumba &#187; et preuve ult&#233;rieure de leur pusillanimit&#233;, il s'agit d'un temps pr&#233;cieux conc&#233;d&#233; &#224; l'ex&#233;cutif&lt;/a&gt; alors que les secteurs les plus combatifs au sein du monde du travail et de la jeunesse souhaitent en d&#233;coudre avec le gouvernement qui a trahi le mandat du 5 juillet, lorsque 61% de l'&#233;lectorat grec a dit &#171; non &#187; &#224; l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'&#233;viter que ne se r&#233;p&#232;tent des sc&#232;nes d'affrontements, comme en 2012, au moment o&#249; la droite &#233;tait au pouvoir et la direction de Syriza et Tsipras soutenaient activement les mobilisations contre la Tro&#239;ka, plusieurs milliers de policiers avaient &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233; autour du Parlement, &#233;paul&#233;s par des dizaines de blind&#233;s. Apr&#232;s que les colonnes du PAME, dont la direction continue &#227; opter, en bonne logique stalinienne, pour mobiliser de son c&#244;t&#233;, sans chercher &#227; construire un front unique des organisations du monde du travail et de la jeunesse oppos&#233;s au Plan Tsipras, les forces de r&#233;pression ont charg&#233; les manifestants &#227; plusieurs reprises d&#232;s le d&#233;but des &#233;chauffour&#233;es, symbole de l'&#233;ni&#232;me trahison du Premier ministre, qui avait assur&#233; que les rues de la capitale ne seraient plus militaris&#233;es pendant les mobilisations. &lt;a href=&#034;http://www.revolutionpermanente.fr/Grece-Liberte-et-relaxe-immediate-pour-tous-les-manifestants-interpelles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une cinquantaine de manifestants, militants et syndicalistes ont &#233;t&#233; interpell&#233;s dans la foul&#233;e&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tsipras remporte la premi&#232;re manche, mais les manifestants n'ont pas dit leur dernier mot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tsipras essaye de s'appuyer sur une majorit&#233; de Grecs qui, selon les sondages, soutiendrait, en derni&#232;re instance, la mise en place du nouveau M&#233;morandum, craignant le &#171; Grexit &#187;. Les hommes du Premier ministre ont pris le relais des m&#233;dias de droite dans la campagne de terreur qui a &#233;t&#233; lanc&#233;e avant le r&#233;f&#233;rendum : &#171; Tsipras a men&#233; une bataille pour laquelle il avait quasiment aucune chance de gagner, mais il a gagn&#233;. Il a &#233;vit&#233; la fermeture des banques et la mort subite de l'&#233;conomie &#187;. C'est avec un ton dramatique que Giogios Katrougalos, vice-ministre de l'Int&#233;rieur, a d&#233;fini la votation de mercredi soir, pour justifier la mise sous tutelle du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la classe ouvri&#232;re grecque et la jeunesse manquent aujourd'hui d'une boussole, pour mener, eux, la bataille contre un gouvernement qui pr&#233;cipite le pays dans la catastrophe (et la Plateforme de Gauche de Syriza continue &#227; contribuer &#227; cette confusion, par ses zigzags et ses volte-face qui servent objectivement, en derni&#232;re instance, Tsipras), ils n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;faits. La journ&#233;e de gr&#232;ve de mercredi en atteste. Elle montre l'exp&#233;rience que font les travailleurs et la jeunesse avec ce gouvernement de &#171; gauche radicale &#187; et indique que ses forces n'ont pas &#233;t&#233; entam&#233;es pour poursuivre le combat, dans la rue, les quartiers et surtout les lieux de travail, du public comme du priv&#233;, pour faire reculer le gouvernement, pr&#234;t &#227; tout pour faire appliquer une aust&#233;rit&#233; renforc&#233;e. C'est la seule issue qu'il leur reste pour &#233;viter la d&#233;flation ou un Grexit catastrophique appliqu&#233; dans le cadre du capitalisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Front r&#233;publicain ou comment ressusciter un cadavre</title>
		<link>https://estrategiainternacional.org/Le-Front-republicain-ou-comment-ressusciter-un-cadavre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://estrategiainternacional.org/Le-Front-republicain-ou-comment-ressusciter-un-cadavre</guid>
		<dc:date>2015-01-09T16:41:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ciro Tappeste, Juan Chingo</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>Libertades Democr&#225;ticas</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica Internacional</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Notre-Dame a sonn&#233; le glas pour rendre un dernier hommage &#227; des anticl&#233;ricaux patent&#233;s. Hollande a salu&#233; la m&#233;moire de Cabu et Wolinski depuis la cour d'honneur de la Pr&#233;fecture de police, l&#224; m&#234;me o&#249; Papon avait commandit&#233; le meurtre des Alg&#233;riens en octobre 1961. Mais la tuerie de Charlie Hebdo a aussi permis un dernier tour de force : ressusciter le Front r&#233;publicain qui se morfondait dans son cercueil avec la crise du bipartisme de la Cinqui&#232;me R&#233;publique gaulliste.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH87/arton8836-39135.jpg?1694585642' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Notre-Dame a sonn&#233; le glas pour rendre un dernier hommage &#227; des anticl&#233;ricaux patent&#233;s. Hollande a salu&#233; la m&#233;moire de Cabu et Wolinski depuis la cour d'honneur de la Pr&#233;fecture de police, l&#224; m&#234;me o&#249; Papon avait commandit&#233; le meurtre des Alg&#233;riens en octobre 1961. Mais la tuerie de Charlie Hebdo a aussi permis un dernier tour de force : ressusciter le Front r&#233;publicain qui se morfondait dans son cercueil avec la crise du bipartisme de la Cinqui&#232;me R&#233;publique gaulliste.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fil&#233; du dimanche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chacun le sait, dimanche 11 janvier sera l'occasion d'un grand d&#233;fil&#233; &#171; digne, silencieux et r&#233;publicain &#187;, pour reprendre les mots de Jean-Cristophe Cambad&#233;lis, premier secr&#233;taire du PS. On a invit&#233; largement : de &#171; la gauche de la gauche &#187; &#224; la droite de la droite, sans savoir pour l'instant si Marine Le Pen, re&#231;ue vendredi &#224; l'Elys&#233;e, sera de la partie. On n'a pas oubli&#233;, bien s&#251;r, les centrales syndicales, depuis les grenouilles de b&#233;nitier de la CFTC jusqu'aux amis de Thierry Lepaon (mais peut-&#234;tre restera-t-il dans ses appartement pour profiter des derniers instants) en passant par les plus &#171; combatifs &#187;, Sud Solidaires. La manifestation est pilot&#233;e depuis Matignon et on peut faire confiance &#227; Manuel Valls pour le service d'ordre. &#171; Nous sommes tous Charlie, d&#233;fendons les valeurs de la R&#233;publique ! &#187;, larmoieront-ils tous en ch&#339;ur. Sans nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Front du bruit et des odeurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Front r&#233;publicain &#187; a connu son moment de gloire pendant la premi&#232;re pouss&#233;e du FN, lorsqu'il &#233;tait dirig&#233; par Jean-Marie Le Pen, dans les ann&#233;es 1980 sous la pr&#233;sidence de Mitterrand. L'id&#233;e est assez simple : enr&#233;gimenter, au nom de Marianne, la gauche et les organisations du mouvement ouvrier, derri&#232;re le drapeau tricolore pour d&#233;fendre la r&#233;publique menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front r&#233;publicain en question n'a jamais permis de faire reculer le racisme ni l'islamophobie, cette x&#233;nophobie particuli&#232;re cong&#233;nitale au pass&#233; colonial fran&#231;ais. Mais c'est une autre histoire. En revanche, il a rendu de bons et loyaux services &#224; la bourgeoisie et &#227; son r&#233;gime, &#227; mesure que la crise s'installait apr&#232;s la fin du boom &#233;conomique d'Apr&#232;s-guerre. Les promoteurs du Front r&#233;publicain ne se sont jamais priv&#233;s de reprendre &#224; leur compte les pires ordureries racistes, ni en 1982 lorsque les socialistes au pouvoir accusaient les ouvriers de Talbot et de Citro&#235;n en gr&#232;ve d'&#234;tre &#171; &#224; la solde des Ayatollahs &#187;, ni en 1991 lorsque Jacques Chirac d&#233;clarait qu'il y avait trop, mais vraiment trop d'&#233;trangers dans ce beau pays qu'est la France. C'&#233;tait l'&#233;poque &#171; du bruit &#187; et des &#171; odeurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enterrement de premi&#232;re classe le 21 avril 2002&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en reprenant &#224; leur compte les id&#233;es lep&#233;nistes, les artisans du Front r&#233;publicain ont longtemps utilis&#233; le FN comme un &#233;pouvantail pour maintenir &#227; flot l'alternance PS-RPR, puis PS-UMP. Le 21 avril a &#233;t&#233; comme le chant du cygne du Front r&#233;publicain, lorsque Jospin et ses amis de la Gauche Plurielle (PC, &#233;colo, chev&#232;nementistes, sans oublier un certain M&#233;lanchon), qui avaient privatis&#233; plus que tous les gouvernements de droite qui les avaient pr&#233;c&#233;d&#233;, appelaient &#227; voter Chirac, le meilleur ami du patronat, pour faire barrage &#227; Le Pen, le pire ennemi des travailleurs. Les transformations de l'&#233;chiquier politique hexagonal ont port&#233; un coup fatal au Front r&#233;publicain, avec la mutation du bipartisme traditionnel en un tripartisme. Le FN aspire &#227; devenir, durablement, la premi&#232;re force &#233;lectorale du pays, confirmant ses scores aux derni&#232;res europ&#233;ennes, alors que le PS peine &#227; passer la barre du premier tour &#227; toutes les &#233;lections partielles depuis 2012. Lui rendant la monnaie de sa pi&#232;ce, la droite, elle, refuse de voter socialiste pour faire obstacle aux frontistes. D&#233;c&#232;s clinique et mort politique, donc, du Front r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans perdre un seul instant, d&#232;s l'apr&#232;s-midi du 7 janvier, le PS, aid&#233; du Parti pas trop Communiste mais tr&#232;s Fran&#231;ais, suivi de M&#233;lenchon, entra&#238;nant dans son sillage l'UMP de Sarkozy, ont r&#233;ussi &#227; faire sortir le Front r&#233;publicain du cimeti&#232;re des vieilleries politiciennes en instrumentalisant l'&#233;motion suscit&#233;e par la tuerie de Charlie Hebdo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni trag&#233;die, ni farce, cette r&#233;p&#233;tition s'op&#232;re sur un terrain encore plus droitis&#233; que de coutume. Il ne s'agit m&#234;me plus de manifester contre le racisme et l'antis&#233;mitisme, comme l'avaient fait le 14 mai 1990, bras-dessus, bras-dessous, Fran&#231;ois Mitterrand, Jacques Chirac et Georges Marchais, &#224; la suite de la profanation de trente-quatre tombes juives du cimeti&#232;re de Carpentras. Aujourd'hui, c'est le Bureau politique de l'UMP qui, en derni&#232;re instance, donne le ton : &#171; il s'agit d'une guerre d&#233;clar&#233;e non seulement &#224; la R&#233;publique et &#224; la d&#233;mocratie, mais &#224; la civilisation. Nous avons le devoir de nous d&#233;fendre avec la plus grande d&#233;termination. Nous appelons tous les Fran&#231;ais &#227; pr&#233;senter un front uni face au terrorisme djihadiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du c&#244;t&#233; de la barbarie&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Civilisation ou barbarie, donc. Dans la bouche des h&#233;ritiers des guerres coloniales et des rapines imp&#233;rialistes, des bombardements de S&#233;tif et des massacres de Madagascar, des guerres d'Indochine et d'Alg&#233;rie, des artisans des bombardements en Afghanistan, en Libye, au Mali et en Irak, cela pourrait faire sourire. Autant de zones, pour ce qui est de ces derniers pays, &#227; genoux, o&#249; l'imp&#233;rialisme en g&#233;n&#233;ral et la France en particulier ont rendu un fier service &#224; l'islamisme radical par leurs drones, leurs troupes d'occupation, leurs victimes collat&#233;rales et leur appui aux pires des dictatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous Churchill, nous Ferr&#233;, Aragon, Renaud, Pelletier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la nouvelle croisade se joue, explicitement, sur le territoire national. Une bonne nouvelle pour qui veut fragmenter notre classe, remettre en cause les libert&#233;s fondamentales et d&#233;voyer la col&#232;re sociale accumul&#233;e en ces ann&#233;es de crise et de ch&#244;mage de masse. C'est ce que dit, noir sur blanc, Bernard Henri-L&#233;vy, grand habitu&#233; des op&#233;rations (de bombardement) humanitaires aux quatre coins du globe : c'est &#171; le moment churchillien de la V&#176; R&#233;publique &#187;, &#233;crit-il dans les colonnes du Monde, en allusion au retour &#227; Downing Street de Winston Churchill, en mai 1940, pour conduire la Grande-Bretagne dans la guerre contre Hitler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aux responsables de la nation, &#233;crit BHL la bave aux l&#232;vres et le sabre au clair, il incombe de prendre la mesure de la guerre qu'ils ne voulaient pas voir mais o&#249; les journalistes de Charlie, ces chroniqueurs et caricaturistes qui &#233;taient, nous le savons d&#233;sormais, des sortes de reporters de guerre, s'&#233;taient, depuis des ann&#233;es, port&#233;s en premi&#232;re ligne. C'est le moment churchillien de la Ve R&#233;publique. C'est l'heure d'un devoir de v&#233;rit&#233; implacable face &#227; une &#233;preuve qui s'annonce longue et terrible. C'est celle o&#249; il faut rompre avec les discours l&#233;nifiants que nous servent depuis si longtemps les idiots utiles d'un islamisme soluble dans la sociologie de la mis&#232;re. Et c'est le moment ou jamais d'un sang-froid r&#233;publicain qui fera que l'on ne s'abandonnera pas aux funestes facilit&#233;s de l'&#233;tat d'exception &#187;. L'&#233;tat d'exception vigipiratesque est pourtant de mise depuis de longues ann&#233;es, et les derni&#232;res mesures prises par Hollande ne font que le confirmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#227; tant d'obsc&#233;nit&#233; et de cynisme, de politique orduri&#232;re et de r&#233;gime en pleine d&#233;composition, nous pr&#233;f&#233;rons les &#171; obsc&#233;nit&#233;s &#187; de Ferr&#233; &#224; l'&#233;gard de la Marseillaise, d'Aragon face &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise ou de Renaud face &#227; &#171; votre &#187; R&#233;publique. Face &#224; la p&#233;riode qui s'ouvre, on dit clairement : nous, les communistes r&#233;volutionnaires, luttons non seulement contre l'extr&#234;me-droite et le FN, mais aussi contre ce &#171; front r&#233;publicain &#187; qui dans tout son &#233;ventail est tout autant anti-ouvrier et anti-immigr&#233;. Nous disons haut et fort qu'il n'y aura pas de solution de fond pour les probl&#232;mes des exploit&#233;s et des opprim&#233;s en France sans un renversement du pouvoir des exploiteurs. Non, nous ne serons pas de votre manifestation r&#233;publicaine. Nous avons mieux &#227; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;08/12/14&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="de">
		<title>Gegen den reaktion&#228;ren Wahn, gegen die nationale Einheit und Islamophobie!</title>
		<link>https://estrategiainternacional.org/Gegen-den-reaktionaren-Wahn-gegen-die-nationale-Einheit-und-Islamophobie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://estrategiainternacional.org/Gegen-den-reaktionaren-Wahn-gegen-die-nationale-Einheit-und-Islamophobie</guid>
		<dc:date>2015-01-09T09:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>de</dc:language>
		<dc:creator>Ciro Tappeste</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>Libertades Democr&#225;ticas</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica Internacional</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Geschockt und traurig haben wir vom Anschlag gegen die B&#252;ros von Charlie Hebdo erfahren, einer bekannten linken satirischen Wochenzeitschrift. Wir dr&#252;cken unser Mitgef&#252;hl f&#252;r die Familien, FreundInnen und KollegInnen der JournalistInnen aus, die von zwei bewaffneten M&#228;nnern ermordet wurden.&lt;br class='autobr' /&gt;
Angeblich h&#228;tten die T&#228;ter im Namen des Islam gehandelt, es sei &#8222;die Rache des Propheten&#8220;, so lassen es Zeugenaussagen und ein Video verlauten. Ziemlich sicher bezieht sich das auf die Ver&#246;ffentlichung von Mohammed-Karikaturen im Jahre 2006 durch Charlie, seitdem immer wieder Gegenstand von Drohungen.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton8842-f8b63.jpg?1694585642' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;// Wir dokumentieren hier die Erkl&#228;rung unserer franz&#246;sischen Schwesterorganisation CCR nach dem Anschlag gegen die JournalistInnen von Charlie Hebdo. //&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Geschockt und traurig haben wir vom Anschlag gegen die B&#252;ros von Charlie Hebdo erfahren, einer bekannten linken satirischen Wochenzeitschrift. Wir dr&#252;cken unser Mitgef&#252;hl f&#252;r die Familien, FreundInnen und KollegInnen der JournalistInnen aus, die von zwei bewaffneten M&#228;nnern ermordet wurden.&lt;br class='autobr' /&gt;
Angeblich h&#228;tten die T&#228;ter im Namen des Islam gehandelt, es sei &#8222;die Rache des Propheten&#8220;, so lassen es Zeugenaussagen und ein Video verlauten. Ziemlich sicher bezieht sich das auf die Ver&#246;ffentlichung von Mohammed-Karikaturen im Jahre 2006 durch Charlie, seitdem immer wieder Gegenstand von Drohungen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Spannungen gegen&#252;ber Charlie wuchsen damals in der Bev&#246;lkerung und im linken Milieu, mit dem die JournalistInnen eng verbunden waren. Als revolution&#228;re KommunistInnen d&#252;rfen wir jedoch die vielen Emotionen nicht verwechseln mit deren Instrumentalisierung durch Regierung, Sozialistische Partei (PS), rechte Opposition und extreme Rechte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die f&#252;r den Anschlag verantwortlichen KomplizInnen verk&#246;rpern eine religi&#246;se reaktion&#228;re Ideologie. Sie werden direkt oder indirekt durch die &#214;l-Bourgeoisien und &#214;l-Monarchien vom Golf finanziert, durch Verb&#252;ndete der westlichen M&#228;chte. Dabei fahren sie aber politisch ihren eigenen Kurs, unter Ausnutzung der aktuellen wirtschaftlichen und geopolitischen Krise. Ihre Ideologie wiederum bekommt dank der ImperialistInnen Zulauf, die seit 2001 im Namen der &#8222;Demokratie&#8220; ihre reaktion&#228;re Offensive auf ganzer Linie intensiviert haben. Dies geschah mit Milit&#228;rinterventionen, kriminellen Besetzungen und der Unterst&#252;tzung der rassistischen und kolonialistischen Politik des zionistischen Staats Israel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Der Anschlag und die Morde sind Schl&#228;ge gegen die Grundfreiheiten, aber gleicherma&#223;en ein Schlag gegen die Einheit der unterdr&#252;ckten Teile der Gesellschaft, begonnen mit der arabisch-muslimischen Bev&#246;lkerung. Das Regime &#8211; der institutionelle Ausdruck der Bourgeoisie, die in solchen Momenten zusammenr&#252;ckt und alle Parteien und Medien hinter sich schart &#8211; wird die abscheulichen Verbrechen instrumentalisieren, um ein Klima der Angst und Panik zu erzeugen, das unser soziales Lager noch mehr spaltet. Den Rest &#252;berl&#228;sst es der extremen Rechten und ihren Kampfhunden, die mit dem Finger auf die &#8222;schlechten Franzosen&#8220; zeigen: die Muslime, AraberInnen und die Jugendlichen aus den Vororten.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Es w&#228;re der schlimmste Albtraum, wenn sich diese Spaltung unserer Klasse und der Jugend dauerhaft etabliert. In diesem Sinne m&#252;ssen wir jeglichen Burgfrieden mit den Kr&#228;ften des Regimes zur&#252;ckweisen, nicht nur mit der Regierung, sondern gleicherma&#223;en mit den &#8222;republikanischen&#8220; Kr&#228;ften, seien sie rechts oder &#8222;sozialistisch&#8220;. Wir beteiligen uns konsequent an keiner Allianz mit denjenigen, die an der Regierung jedes Mal mit antisozialer Politik und imperialistischen Interventionen die Grundlage von Rassismus, Islamophobie und der Stigmatisierung von Ausl&#228;nderInnen schaffen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Sch&#246;pfer der rassistischen und freiheitsfeindlichen Gesetze sind unsere Feinde, die Feinde der ArbeiterInnenklasse. Sie wollen nun den Anschlag instrumentalisieren und sich mit der Fahne der Demokratie schm&#252;cken, um an die Einheit zu appellieren. Dieser Einheit verweigern wir uns, aber wir tragen das Gedenken an die Opfer weiter, gegen den reaktion&#228;ren Burgfrieden, gegen den ausgerufenen Notstand und gegen die Islamophobie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entre les expectatives de l'&#233;lectorat populaire et de la jeunesse et le tournant &#171; r&#233;aliste &#187; de Syriza </title>
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		<dc:date>2015-01-06T17:27:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ciro Tappeste</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Econom&#237;a</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica Internacional</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Crisis capitalista mundial</dc:subject>
		<dc:subject>Grecia</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>
		<dc:subject>Grecia : &#034;Gobierno de izquierda&#034; o &#034;gobierno de los trabajadores&#034;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre Keramikos, &#227; Ath&#232;nes, affichait salle comble, lundi 29 d&#233;cembre. Alexis Tsipras, leader de Syriza et candidat au poste de Premier ministre y prenait la parole &#224; la suite de l'annonce de la dissolution de la Vouli, le Parlement grec, et de la convocation &#227; des &#233;lections anticip&#233;es le 25 janvier. Si la foule, mass&#233;e devant le th&#233;&#226;tre t&#233;moigne du fait que la formation de Tsipras a le vent en poupe et devrait arriver en t&#234;te du prochain scrutin, son discours indique, quant &#224; lui, combien le programme r&#233;formiste et keyn&#233;sien de Syriza a &#233;volu&#233; et s'est encore plus affadi au fur et &#227; mesure o&#249; la Gr&#232;ce s'est retrouv&#233;e toujours plus prise en tenaille entre la crise et les exigences de la Tro&#239;ka, relay&#233;es par les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233; au pouvoir sur fond de crise politique et sociale.&lt;/p&gt;

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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre Keramikos, &#227; Ath&#232;nes, affichait salle comble, lundi 29 d&#233;cembre. Alexis Tsipras, leader de Syriza et candidat au poste de Premier ministre y prenait la parole &#224; la suite de l'annonce de la dissolution de la Vouli, le Parlement grec, et de la convocation &#227; des &#233;lections anticip&#233;es le 25 janvier. Si la foule, mass&#233;e devant le th&#233;&#226;tre t&#233;moigne du fait que la formation de Tsipras a le vent en poupe et devrait arriver en t&#234;te du prochain scrutin, son discours indique, quant &#224; lui, combien le programme r&#233;formiste et keyn&#233;sien de Syriza a &#233;volu&#233; et s'est encore plus affadi au fur et &#227; mesure o&#249; la Gr&#232;ce s'est retrouv&#233;e toujours plus prise en tenaille entre la crise et les exigences de la Tro&#239;ka, relay&#233;es par les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233; au pouvoir sur fond de crise politique et sociale. Pour la &#171; gauche de la gauche &#187; et y compris certains secteurs au sein de l'extr&#234;me gauche, nombreux sont ceux qui ont fait de la &#171; politique anti-aust&#233;ritaire &#187; d&#233;fendue par Tsipras le chemin &#227; emprunter pour entamer une rupture anticapitaliste avec le syst&#232;me. Malheureusement, il y a fort &#227; parier qu'en d&#233;pit des expectatives de l'&#233;lectorat ouvrier, populaire et de la jeunesse qui soutiendra Syriza lors du scrutin, c'est bien tout le contraire qui se profile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bluff de Samaras et les imp&#233;rialistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier ministre grec, Antonis Samaras (Nouvelle D&#233;mocratie, droite), de m&#234;me que les sociaux-d&#233;mocrates du PASOK, avec qui il gouverne, se succ&#232;dent sur les plateaux t&#233;l&#233; grecs pour r&#233;p&#233;ter &#224; l'envi qu'un gouvernement conduit par Syriza m&#232;nerait le pays au chaos. Il s'agit d'un calcul politique, appuy&#233; par les postures des commissaires europ&#233;ens, au premier rang desquels, Pierre Moscovici, visant &#227; r&#233;duire le plus possible l'avance de Syriza dans les sondages. Le dernier chantage en date est celui de la chanceli&#232;re allemande Angela Merkel. Dans son &#233;dition en ligne de samedi, le tr&#232;s s&#233;rieux Spiegel soulignait queBerlin &#171; juge quasiment in&#233;vitable une sortie [de la Gr&#232;ce] de l'euro-zone, si (&#8230;) Tsipras dirige le gouvernement apr&#232;s les &#233;lections [et] abandonne la ligne de la rigueur budg&#233;taire et ne rembourse plus les dettes du pays &#187;, citant des &#171; sources proches de la chanceli&#232;re &#187;. Le gouvernement allemand n'a pas tard&#233; &#227; d&#233;mentir, bien entendu, mais ce genre de pression par m&#233;dias interpos&#233;s contribu&#233; &#227; augmenter la guerre des nerfs qui se joue, en ce moment, en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pressions, relay&#233;es par les sp&#233;culateurs de tout poil et qui ont secou&#233; les bourses europ&#233;ennes ces derniers jours, sont absolument scandaleuses, mais du c&#244;t&#233; de Bruxelles, de m&#234;me que chez les secteurs les plus lucides du patronat grec, c'est un autre son de cloche, que l'on entend. Le terrorisme &#233;conomique qui se lit dans le cours de la bourse d'Ath&#232;nes a pour but, si ce n'est d'&#233;viter une victoire de Syriza, du moins de la r&#233;duire et &#224; la conditionner au maximum, de fa&#231;on &#227; obliger le parti &#227; davantage de mod&#233;rantisme, encore, par peur du chaos. Mais la Commission, en r&#233;alit&#233;, &#171; se pr&#233;pare, selon plusieurs haut-fonctionnaires europ&#233;ens en poste &#227; Bruxelles, &#227; un gouvernement Syriza, notamment parce que Tsipras a laiss&#233; de c&#244;t&#233; la rh&#233;torique r&#233;volutionnaire qui &#233;tait la sienne il y a deux ans &#187;, lors des pr&#233;c&#233;dentes &#233;lections l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Paris et Berlin, en effet, les m&#234;mes diplomates europ&#233;ens soulignent combien Ath&#232;nes n'est plus, d&#233;sormais, une possible source de contagion mais simplement &#171; une anomalie au sein de l'Union Europ&#233;enne. Discuter avec un gouvernement, y compris avec un gouvernement des gauches, serait parfaitement possible &#187;. Pour le Financial Times, un tel sc&#233;nario, &#171; n'est plus vraiment un tabou pour Bruxelles &#187; et &#171; une crise politique grecque, qui a failli faire s'effondrer la monnaie unique il y a trois ans, pourrait ne plus constituer une menace pour l'existence de la zone euro &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela il faudrait ajouter que des potentiels alli&#233;s d'un gouvernement dirig&#233; par Syriza pourrait exercer une pression vers la mod&#233;ration. En effet, m&#234;me si le syst&#232;me &#233;lectoral grec accorde une prime de cinquante si&#232;ges au parti arriv&#233; en t&#234;te aux l&#233;gislatives pour faciliter la constitution d'un gouvernement, les 35% de Syriza, selon le dernier sondage Palamos dat&#233; du 28 d&#233;cembre, ne seraient pas suffisant pour mettre en place un gouvernement mono-couleur. D'o&#249; les discussions entam&#233;es &#227; gauche, avec Dimar (qui n'est pas assur&#233; de d&#233;passer la barre des 3% pour rentrer au Parlement), mais &#233;galement les Grecs Ind&#233;pendants (Anel), de droite, ainsi que des personnalit&#233;s li&#233;es jusqu'&#224; il y a peu au PASOK et qui souhaitent, aujourd'hui, ren&#233;gocier avec Bruxelles ce qu'ils ont co-appliqu&#233; sans coup f&#233;rir ces derni&#232;res ann&#233;es, soit sous le gouvernement de Papad&#233;mos, soit avec Samaras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Syriza et le mod&#233;rantisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Syriza envisage d'organiser autour de ses d&#233;put&#233;s une coalition qui forcera le parti &#227; mille compromis, la ligne qui pr&#233;vaut au sein du parti est, d&#233;sormais, d'un extr&#234;me&#8230; mod&#233;rantisme&#171; C'est aujourd'hui une journ&#233;e historique, a martel&#233; Tsipras le 29 d&#233;cembre. Le futur vient de commencer et gr&#226;ce au vote des Grecs, nous allons bient&#244;t renvoyer aux oubliettes le mot m&#234;me d'aust&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par-del&#224; ces rodomontades et quelques menaces, parmi lesquelles rendre public l'ensemble des &#233;changes entre Samaras, son ministre de l'Economie Venizelos et la Tro&#239;ka, une seule chose est non n&#233;gociable pour Tsipras : refuser le dernier M&#233;morandum sur la dette, pass&#233; avec l'UE, la BCE et le FMI. En revanche, si Syriza arrive en t&#234;te, lors des &#233;lections, sa grande mesure anti-aust&#233;ritaire sera de refuser de mettre en &#339;uvre les 2 milliards d'&#233;conomie (remises en cause par Samaras lui-m&#234;me, derni&#232;rement) en &#233;change de la derni&#232;re tranche d'aide de 7 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le reconna&#238;t Stathis Kouv&#233;lakis, membre du comit&#233; central de Syriza, Tsipras &#171; a fait un effort pour appara&#238;tre cr&#233;dible en tant qu'homme d'Etat. Ses d&#233;placements &#224; l'&#233;tranger, dans des lieux parfois tr&#232;s hostiles &#227; Syriza, visaient &#227; faire passer aupr&#232;s de l'opinion publique l'image de quelqu'un en mesure de gouverner le pays alors qu'il repr&#233;sentait un parti qui &#233;tait encore marginal il y a cinq ans seulement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question de sortir de l'euro, a pr&#233;cis&#233;, &#227; nouveau, Tsipras, le 29 d&#233;cembre, rejetant ainsi la perspective d'une &#171; Grexit &#187; et toute id&#233;e de prendre &#171; des d&#233;cisions unilat&#233;rales &#187;. Tout se fera dans le cadre de discussions, avec les m&#234;mes vautours qui ont pr&#233;cipit&#233; la Gr&#232;ce dans la crise. Ces derniers, par cons&#233;quent, se pr&#233;parent &#227; des n&#233;gociations un peu plus ardues que de coutume avec le prochain gouvernement en poste &#227; Ath&#232;nes, et jouent, eux aussi, la carte de la pression. L'agence de notation Fitch a ainsi revu &#224; la baisse la note grecque, soulignant que les n&#233;gociations s'av&#233;reront &#171; compliqu&#233;es et prolong&#233;es &#187;, mais tout en restant pleinement confiant dans le fait qu'elles aboutiront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second volet de la politique &#233;conomique d&#233;fendue par Syriza consiste en un &#171; haircut &#187;, auquel s'est rang&#233; ces derniers jours Bloomberg et plusieurs m&#233;dias conservateurs europ&#233;ens. L'id&#233;e est de ren&#233;gocier la dette publique grecque, qui avoisine 170% du PIB, pour garantir aupr&#232;s des bailleurs de fonds une partie du paiement de la dette (avec ou sans audit), ce qui rassure les moins cupides et les plus lucides. C&#244;t&#233; social, Tsipras promet de r&#233;tablir le salaire minimum &#227; son niveau d'avant la crise et de cr&#233;er 300.000 emplois, financ&#233;s pour partie par une lutte plus ferme contre l'&#233;vasion fiscale qui avoisine en Gr&#232;ce 25% du PIB, contre 10% dans le reste de l'Europe. De l&#224; &#227; dire qu'il s'agit d'un programme &#227; m&#234;me de cr&#233;er des br&#232;ches anti-syst&#233;miques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'affirme un autre intellectuel proche de Syriza, Costas Lapavitsas : &#171; il n'y a rien de radical, et encore mois de r&#233;volutionnaire, dans ces politiques [d&#233;fendues par Syriza]. Elles repr&#233;sentent un modeste sens commun (&#8230;) Il y a peu de doutes que ses dirigeants sont des europ&#233;istes convaincus qui croient vraiment pouvoir aider &#227; changer l'UE de l'int&#233;rieur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les risques d'un &#233;chec de la gauche au gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souviendra des &#233;lections de 2009 lors desquelles Georges Papandr&#233;ou avait promis monts et merveilles aux Grecs, notamment &#171; une vraie politique de gauche &#187;, avant de reculer devant la pression de l'UE, du patronat et de la droite grecque. Entre-temps cependant, les sociaux-d&#233;mocrates avaient fortement contribu&#233; &#227; d&#233;sorienter la contestation sociale, notamment &#227; travers leurs relais syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le risque n'est pas seulement que Syriza trahisse la confiance de sa base sociale, qui a eu tendance &#227; d&#233;serter la rue, ces derniers mois, pour se reporter vers les urnes, pour sacrifier, sur l'autel de la Realpolitik, ses promesses de 2012. Si une forte opposition de classe ne s'organise pas, en amont, contre le gouvernement &#227; venir, le danger est que ce soit une droite extr&#234;me, per&#231;ue comme &#171; antisyst&#232;me &#187;, elle, qui capitalise la col&#232;re. En effet, pour reprendre une r&#233;cente analyse de Perry Anderson, en derni&#232;re instance, &#171; Podemos et Syriza d&#233;fendent des positions moins radicales que la droite antisyst&#232;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ce sens que face aux expectatives que suscite, au sein des classes populaires, du monde du travail et de la jeunesse, en Gr&#232;ce, une victoire, a priori probable, de Syriza, les marxistes r&#233;volutionnaires ne peuvent que rappeler que c'est par la mobilisation et l'action directe, d&#232;s le premier jour d'arriv&#233;e au pouvoir d'un nouveau gouvernement, que les masses sauront arracher leurs revendications, et non en attendant qu'elles soient satisfaites par une nouvelle majorit&#233; &#224; la Vouli. Aucune confiance ne peut &#234;tre d&#233;pos&#233;e dans la politique de collaboration de classe qu'un gouvernement conduit par Syriza s'appr&#234;te &#227; mener. La seule confiance &#227; avoir, c'est dans la capacit&#233; de mobilisation et d'organisation des travailleurs des villes comme des campagnes, des &#233;tudiants et de la jeunesse de Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ce sens &#233;galement que les marxistes r&#233;volutionnaires devraient appeler &#227; renforcer une alternative de classe, anticapitaliste et r&#233;volutionnaire, totalement ind&#233;pendante du r&#233;formisme, la seule &#227; m&#234;me d'incarner &#171; l'espoir &#187; dont parle Tsipras, mais qu'il s'appr&#234;te &#227; confiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;02/01/15&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apr&#232;s les europ&#233;ennes, les raisons de la sp&#233;cificit&#233; fran&#231;aise </title>
		<link>https://estrategiainternacional.org/Apres-les-europeennes-les-raisons-de-la-specificite-francaise</link>
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		<dc:date>2014-05-27T22:10:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ciro Tappeste</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica Internacional</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#233;lections europ&#233;ennes viennent de servir de caisse de r&#233;sonance &#227; des tendances lourdes qui caract&#233;risent la situation hexagonale sur le terrain politique, &#233;conomique et social. Dans cet article d'analyse &#233;crit avant le triomphe &#233;lectoral de Marine Le Pen, mais qui le pr&#233;voyait, nous cherchons &#227; d&#233;velopper une vision pr&#233;cise et profonde de la situation en France. Cela nous semble indispensable pour comprendre aussi bien la crise politique en cours que les sc&#233;narios qui pourraient s'ouvrir dans un futur proche.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton7886-cd17e.jpg?1694585643' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les &#233;lections europ&#233;ennes viennent de servir de caisse de r&#233;sonance &#227; des tendances lourdes qui caract&#233;risent la situation hexagonale sur le terrain politique, &#233;conomique et social. Dans cet article d'analyse &#233;crit avant le triomphe &#233;lectoral de Marine Le Pen, mais qui le pr&#233;voyait, nous cherchons &#227; d&#233;velopper une vision pr&#233;cise et profonde de la situation en France. Cela nous semble indispensable pour comprendre aussi bien la crise politique en cours que les sc&#233;narios qui pourraient s'ouvrir dans un futur proche.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain des gr&#232;ves insurrectionnelles de 1947, Henri Calet op&#232;re dans Le tout pour le tout un retour sur sa vie. Il s'agit &#233;galement d'une radiographie de sa (et de notre) classe, apr&#232;s deux conflits mondiaux et la pouss&#233;e des ann&#233;es 1930. Dans ce qui est, en derni&#232;re instance, la chronique d'un conflit de classe, &#171; l'histoire, observe-t-il, s'&#233;crit &#224; l'enc re rouge &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a chang&#233;, aujourd'hui, n'est pas tant la fa&#231;on dont s'&#233;crit ce conflit ou encore ses protagonistes, par-del&#224; les m&#233;tamorphoses advenues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous renvoyons au premier document de la Conf&#233;rence du CCR, &#171; Vers une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais son cadre m&#234;me. Ce que nous proposons d'&#233;baucher ici, ce sont les grandes lignes hexagonales de la chronique de la guerre actuelle, &#224; la lumi&#232;re des combats du pass&#233; proche, des affrontements pr&#233;sents et de ceux qui pourraient fort bien s'annoncer et auxquels il nous faut nous pr&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous essaierons d'abord de cerner &#171; l'instabilit&#233; h&#233;g&#233;monique &#187; qui caract&#233;rise la situation hexagonale, v&#233;ritable &#171; impasse strat&#233;gique &#187; pour la classe dominante fran&#231;aise, h&#233;rit&#233;e d'une &#171; restauration bourgeoise &#187; &#227; demi-aboutie ou encore malmen&#233;e par les r&#233;sistances ouvri&#232;res &#227; partir de la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1990, notamment, et aggrav&#233;e par la suite par l'impact de la crise &#233;conomique mondiale la plus importantes depuis la Grande d&#233;pression des ann&#233;es 1930 et dont l'un des &#233;picentres se situe, pr&#233;cis&#233;ment, en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous verrons par la suite comment, avec 2007 en particulier, la classe dominante a choisi (et a &#233;t&#233; contrainte) de passer du stade des man&#339;uvres et des batailles multiples contre le monde du travail et les classes populaires &#227; une strat&#233;gie d'assaut et d'offensive totale pour tenter de sortir de cette situation. C'est ce qui s'est fait avec Sarkozy dans un premier temps, puis, sous l'effet conjoint de la profondeur de la crise et des limites du sarkozysme, avec, aujourd'hui, Hollande et les socialistes au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous verrons enfin quels sont les modalit&#233;s &#227; travers lesquelles les combats &#227; venir pourraient se profiler pour le prol&#233;tariat, et ce en tenant compte de la pouss&#233;e du FN, de l'&#233;tat des forces syndicales et de la gauche r&#233;formiste, autant d'&#233;l&#233;ments qui p&#232;sent sur le panorama politique et social actuel pour participer activement &#224; la construction d'une extr&#234;me gauche trotskyste de combat qui fait aujourd'hui cruellement d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Quelques d&#233;finitions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1. Restauration bourgeoise et instabilit&#233; h&#233;g&#233;monique, la sp&#233;cificit&#233; hexagonale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2. Des man&#339;uvres et des batailles partielles &#224; l'assaut, de l'assaut &#224; l'offensive totale : les choix de la bourgeoisie apr&#232;s 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Sarkozy et Hollande : comment (r&#233;)organiser l'offensive, quelle strat&#233;gie pour le patronat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.1. De quoi Sarkozy a-t-il &#233;t&#233; le nom ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.2. Quand la m&#233;thode Sarko et la crise ont raison de Sarkozy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.3. De la rue et des luttes aux urnes, de la radicalit&#233; &#224; la d&#233;moralisation, de la d&#233;moralisation au &#171; socialisme &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.4. Un Hollande par d&#233;faut&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.5. &#171; La m&#233;thode du pacte pour r&#233;former et gouverner &#187; (Aubry)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.6. &#171; Aller beaucoup plus vite, plus loin, plus fort &#187;. Valls &#227; Matignon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.7. Hollandie morne plaine, ou quelle est la capacit&#233; de combat des socialistes au service du patronat et jusqu'&#224; quel point ils finiront le quinquennat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Entre faiblesse de l'ex&#233;cutif, mont&#233;e de l'extr&#234;me droite, crise du r&#233;formisme et difficult&#233;s de positionnement des directions syndicales, quelles perspectives pour le monde du travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.1. La menace frontiste sur fond de d&#233;sespoir national&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.2. En trois mots, en perte de vitesse et incapable de capitaliser le discr&#233;dit du gouvernement ? Le Front de Gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.3. Y a-t-il encore du grain &#227; moudre ? Directions syndicales et hollandisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.4. Y a-t-il encore des luttes &#227; mener ? Crise des &#171; syndicats &#187; et crise des &#171; syndicalistes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.5. Rouleau-compresseur et contre-feux : pourquoi n'est-il rien rest&#233; des r&#233;sistances sociales et ouvri&#232;res de ces derni&#232;res ann&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.6. Quelles hypoth&#232;ses explosives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.7. Face au patronat, au gouvernement, &#224; la droite et &#224; l'extr&#234;me droite, construire une extr&#234;me gauche trotskyste de combat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Quelques d&#233;finitions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1. Restauration bourgeoise et instabilit&#233; h&#233;g&#233;monique, la sp&#233;cificit&#233; hexagonale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite de la s&#233;quence r&#233;volutionnaire des &#171; ann&#233;es 1968 &#187; (1968-1981), plus ou moins &#171; rampantes &#187; selon les pays, c'est le capital et l'imp&#233;rialisme qui, a &#233;chelle internationale, ont repris largement l'initiative. A ce cycle de pouss&#233;e ouvri&#232;re et populaire 1968-1981 a succ&#233;d&#233; un nouveau cycle historique qui a port&#233; un autre projet de &#171; r&#233;volution &#187;, conservatrice celle-l&#224; . Ce projet a &#233;t&#233; orchestr&#233; en fonction des pays de fa&#231;on plus ou moins d&#233;mocratique (droite comme &#171; &#227; gauche &#187;, d'ailleurs, avec Reagan, Thatcher, Mitterrand), ou semi-fasciste (avec les Pinochet latino-am&#233;ricains par exemple), ou encore en combinant les deux mod&#232;les (si l'on songe &#224; l'Italie des ann&#233;es de plomb). Cette r&#233;volution conservatrice ou &#171; restauration bourgeoise &#187; s'est consolid&#233;e et poursuivie tout au long des d&#233;cennies 1980 et 1990, voire m&#234;me jusqu'au d&#233;but de la crise de 2007, sous la forme de ce que l'on pourrait appeler le &#171; n&#233;olib&#233;ralisme &#187;. Comme a pu le souligner en 2005 Warren Buffet, l'un des repr&#233;sentants les plus paradigmatiques du patronat &#233;tasunien, la &#171; guerre &#187; a continu&#233;, tout au long de ces trois derni&#232;res d&#233;cennies et c'est la bourgeoisie, &#171; [sa] classe, qui a de plus en plus gagn&#233; le combat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che que sur le vaste champ de bataille du conflit capital-travail qui s'&#233;tend aujourd'hui &#227; &#233;chelle plan&#233;taire, certaines exceptions se sont fait jour, certaines victoires ont &#233;t&#233; moins d&#233;cisives sur certains th&#233;&#226;tres d'op&#233;ration, certaines avanc&#233;es beaucoup moins nettes, certaines r&#233;sistances beaucoup plus fortes, au point non pas de mettre en &#233;chec cette &#171; restauration bourgeoise &#187; dans sa globalit&#233; et sa projectualit&#233; mais suffisantes en tout cas pour tenir la drag&#233;e haute &#224; la bourgeoisie, pour entraver les marges de man&#339;uvre du patronat, pour faire obstacle aux mouvements du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans La France en r&#233;volte, publi&#233; en 2007, Stathis Kouv&#233;lakis adopte une analyse de la s&#233;quence politique et sociale des r&#233;sistances et tire des conclusions politiques que nous ne partageons pas. Il analyse en revanche tr&#232;s justement l'&#233;tat de la situation &#227; partir du concept &#171; d'instabilit&#233; h&#233;g&#233;monique &#187; qu'il reprend &#227; Nicos Poulantzas : il s'agit d'une situation o&#249; &#171; la capacit&#233; de direction et d'obtention du consentement de &#8216;ceux d'en haut' est entam&#233;e, [le pays connaissant parall&#232;lement] une crise de repr&#233;sentation et de gouvernabilit&#233; [qui] se d&#233;ploie et s'approfondit sans que &#8216;ceux d'en bas' [ne] soient pour autant en mesure d'imposer leurs propres solution et d'aller au-del&#224; de la mise en &#233;chec (tout &#227; fait d&#233;cisive bien entendu) des offensives partielles des dominants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2. Des man&#339;uvres et des batailles partielles &#224; l'assaut, de l'assaut &#224; l'offensive totale : les choix de la bourgeoisie apr&#232;s 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#171; exception fran&#231;aise &#187; il y a, ce n'est pas tant dans les modalit&#233;s de la guerre qui nous a &#233;t&#233; livr&#233;e au cours des derni&#232;res d&#233;cennies mais dans l'&#233;tat des r&#233;sistances qui ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;es, notamment avec le cycle 1995-2006. Nous n'en concluons pas que l'initiative de l'offensive n'a pas &#233;t&#233; avant tout dans le camp du patronat. Ce que nous entendons dire c'est que le cadre g&#233;n&#233;ral du conflit social tel qu'il se joue dans l'Hexagone est sp&#233;cifique et explique, si l'on se r&#233;f&#232;re aux derni&#232;res ann&#233;es, &#224; la fois la s&#233;quence sarkozyste mais aussi les efforts redoubl&#233;s de l'Ex&#233;cutif actuel pour mener le combat contre le monde du travail, la jeunesse et les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette situation &#171; d'instabilit&#233; h&#233;g&#233;monique &#187; que Sarkozy une premi&#232;re fois, Hollande aujourd'hui essayent de briser pour retourner la situation de fa&#231;on d&#233;cisive en faveur du capital, un imp&#233;ratif rendu plus urgent aujourd'hui encore par l'intensit&#233; de la crise, par la perte de vitesse de la France, son positionnement actuel sur l'&#233;chiquier europ&#233;en et mondial ainsi que par les avanc&#233;es enregistr&#233;es par ses partenaires et concurrents, &#227; commencer par l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voulons pas dire, ce faisant, que les gouvernements pr&#233;c&#233;dents n'ont pas men&#233;, &#224; leur fa&#231;on, une offensive tr&#232;s dure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On songera, par exemple, aux &#171; innovations &#187; op&#233;r&#233;es, dans ce domaine, par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec Sarkozy et Hollande, avec deux modalit&#233;s diff&#233;rentes, la bourgeoisie entend passer de la phase des grandes man&#339;uvres et des batailles partielles, des assauts &#227; r&#233;p&#233;tition, peu convaincants en termes d'impact, &#227; celle de l'offensive totale. L'exp&#233;rience sarkozyste a &#233;t&#233;, pour le patronat lui-m&#234;me, en demi-teinte, nous y reviendrons. Reste &#227; savoir si l'intensit&#233; de l'attaque port&#233;e aujourd'hui et qui se cristallise autour de cette premi&#232;re &#233;tape qu'est le Pacte de responsabilit&#233; Hollande-Ayrault-Valls sera &#224; la hauteur de la situation de crise &#224; laquelle fait face le patronat hexagonal. Reste &#227; savoir &#233;galement si l'Ex&#233;cutif actuel sera en mesure de porter cette offensive jusqu'au bout dans ses diff&#233;rentes modalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui nous am&#232;ne &#227; poser la question des conditions de possibilit&#233; d'une contre-offensive compl&#232;te de la part du monde du travail, des classes populaires et de la jeunesse. L'enjeu, en effet, n'est pas de r&#233;ussir &#227; ce que l'offensive actuelle soit simplement &#171; suspendue &#187; ou mise entre parenth&#232;ses, d'imposer un armistice pr&#233;caire et temporaire, d'arriver &#227; un repli des forces ennemies ou &#227; une simple stabilisation du front. C'est ce qui a d'ailleurs d&#233;j&#224; eu lieu par le pass&#233;, dans un sens, lorsque des gouvernements de droite (Jupp&#233; ou Villepin) ont d&#251; reculer sans pour autant que nous soyons en mesure, de notre c&#244;t&#233;, d'avancer. C'est ce qui illustre de fa&#231;on assez paradigmatique par l'id&#233;e &#171; d'instabilit&#233; h&#233;g&#233;monique &#187; dont nous parlions. La p&#233;riode actuelle permet encore moins que la phase pr&#233;-crise une stabilisation durable des lignes de confrontation dans la guerre. La bourgeoisie est d&#233;cid&#233;e &#227; mener une guerre de mouvement totale, sans laisser de r&#233;pit. Si elle venait une nouvelle fois &#227; reculer, avec ce gouvernement de gauche, il ne fait aucun doute que l'offensive serait reprise et men&#233;e, de fa&#231;on diff&#233;rente cette fois-ci, par de nouveaux g&#233;n&#233;raux, de droite, voire d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Sarkozy et Hollande : comment (r&#233;)organiser l'offensive, quelle strat&#233;gie pour le patronat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la bourgeoisie, &#171; l'instabilit&#233; h&#233;g&#233;monique &#187; de la fin des ann&#233;es 1990 jusqu'&#224; la victoire de Sarkozy en 2007 s'est exprim&#233; &#227; deux niveaux sur le plan politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, les r&#233;sistances de la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1990 et du d&#233;but des ann&#233;es 2000 ont taraud&#233; la chiraquie. S'il y a donc bien un &#233;l&#233;ment qui a fait de la situation hexagonale une exception assez significative par rapport &#224; la plupart des pays d'Europe, c'est que l'on a assist&#233; &#227; partir de la moiti&#233; des ann&#233;es 1990, avec les mouvements de 1994 (CIP) et surtout &#171; l'automne du m&#233;contentement &#187; de novembre-d&#233;cembre 1995, &#227; une multiplication de luttes de r&#233;sistances d'ampleur qui ont repr&#233;sent&#233;, jusqu'en 2006, les &#171; prol&#233;gom&#232;nes du d&#233;but de la fin de la toute puissance n&#233;olib&#233;rale &#187;, en France tout du moins. Quoique n'ayant pas permis de mettre un terme &#224; l'offensive bourgeoise, elles lui ont fait obstacle et l'ont entrav&#233;e dans son d&#233;ploiement complet. D'autres prol&#233;tariats d'Europe ont jou&#233; un r&#244;le assez semblable. C'est le cas en Italie, &#227; partir de 1993-1994, ou encore en Gr&#232;ce &#227; partir de 1997. Mais en France, ce cycle s'est continu&#233;, en dents-de-scie certes, mais sans discontinuit&#233;s fondamentales, jusqu'&#224; l'or&#233;e de la crise, en 2007, avec notamment deux contre-feux qui ont fait date, capables de faire reculer de fa&#231;on assez spectaculaire la droite &#227; deux reprises, en 1995, avec la r&#233;forme Jupp&#233;, et en 2006, avec le CPE. Entre ces deux dates, on songera &#227; d'autres luttes significatives, avec notamment les luttes contre les licenciements sous la Gauche plurielle (Cellatex, Lu-Danone, Moulinex), la grande gr&#232;ve contre la r&#233;forme des retraites en 2003, la r&#233;sistance des intermittents (&#233;t&#233; 2003) et celle des &#233;lectriciens et gaziers (printemps 2004) ou encore la r&#233;volte des banlieues en 2005. Ces mouvements ont &#233;t&#233; sanctionn&#233;s par des d&#233;faites sociales et ont permis des avanc&#233;es pour le capital mais, aussi paradoxal que cela puisse para&#238;tre &#227; premi&#232;re vue, ces d&#233;faites n'ont pas signifi&#233; non plus de victoire politique d&#233;cisive pour le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre, dans le cadre de la cohabitation 1997-2002, les luttes sociales ont tr&#232;s rapidement et durablement &#233;rod&#233; la capacit&#233; de la Gauche plurielle, &#227; savoir de la gauche bourgeoise et de ses alli&#233;s (&#233;colos et PCF, notamment), &#227; &#234;tre tout &#224; la fois le meilleur instrument de la bourgeoisie en termes de contre-r&#233;formes (le gouvernement Jospin &#233;tant le gouvernement des privatisations, des licenciements &#227; Vilvoorde et des 35 heures) tout en maintenant un contr&#244;le &#233;troit sur les classes subalternes, &#227; commencer par le monde du travail organis&#233;. C'est pourtant ce qu'avait r&#233;ussi &#227; faire avec un succ&#232;s certain le centre-gauche en Italie (gouvernements Prodi puis D'Alema, 1996-1998 et 1998-2000), en Grande-Bretagne (Blair-Brown, 19997-2007 et 2007-2010), en Allemagne (Schr&#246;der et gouvernement de grande coalition, 1998-2005 et 2005-2009) ou m&#234;me dans l'Etat espagnol (ann&#233;es Zapatero, notamment au cours du premier gouvernement, de 2004 &#227; 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, c'est cette double &#233;rosion du gaullisme le plus traditionnel et de la social-d&#233;mocratie post-mitterrandienne qui, dans un premier temps, g&#233;n&#232;re le 21 avril 2002 mais surtout, permet la victoire de Sarkozy en 2007. Apr&#232;s le s&#233;isme du 21 avril 2002 et du &#171; non &#187; au TCE de 2005 (r&#233;v&#233;lateurs d'une tendance profonde &#224; la crise des m&#233;canismes de repr&#233;sentation d&#233;mocratiques-bourgeois cinqui&#232;me-r&#233;publicains sur le plan politico-institutionnel), apr&#232;s la r&#233;volte des banlieues de 2005 et le mouvement anti-CPE (sur le plan social), les choses ne peuvent plus rester comme avant. La bourgeoisie en est parfaitement consciente et c'est &#227; partir de cette nouvelle donne qu'elle cherche un personnel politique renouvel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.1.De quoi Sarkozy a-t-il &#233;t&#233; le nom ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sarkozy, de ce point de vue, va incarner la &#171; rupture &#187; l&#224; o&#249; S&#233;gol&#232;ne Royal et le PS pr&#233;tendent symboliser &#171; l'ordre juste &#187; ; le premier se place sur le terrain du &#171; travail &#187; et de sa &#171; d&#233;fense &#187;, tout en &#233;tant un homme du patronat, l&#224; o&#249; par la voix de Royal (la gauche &#233;tant d&#233;j&#224; compl&#232;tement &#171; social-lib&#233;ralis&#233;e &#187;) parle simplement &#171; de droits &#187; qui ne sont plus une garantie ; Sarkozy cite Jaur&#232;s, Blum et Thorez, les hommes de &#171; l'ordre &#227; gauche &#187; (tout en vomissant 68 qui reste le symbole de la &#171; chienlit &#187; et du d&#233;sordre social par excellence) lorsque la gauche a d&#233;finitivement abandonn&#233;, et ses r&#233;f&#233;rences de gauche, et la classe ouvri&#232;re. La sanction a &#233;t&#233; une d&#233;faite politique assur&#233;e pour le PS (et les repr&#233;sentants du gaullisme chiraquien, Villepin en t&#234;te) apr&#232;s avoir perdu la bataille de l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan strat&#233;gique, l'ambition du sarkozysme est de franchir un seuil qualitatif dans le remodelage n&#233;olib&#233;ral de la soci&#233;t&#233; de fa&#231;on &#227; sortir de &#171; l'impasse &#187; ou de &#171; l'instabilit&#233; h&#233;g&#233;monique &#187; dans laquelle se trouve enferr&#233;e la bourgeoisie. Pour ce faire Sarkozy va donner des coups sans se soucier de la forme, multiplier les attaques en ayant cure des man&#339;uvres pr&#233;alables &#227; entamer, notamment en direction des traditionnels &#171; partenaires sociaux &#187;. Pour ce qui est des principales attaques men&#233;es sous son quinquennat et faisant partie d'un plan d'ensemble, on songera &#224; la RGPP (R&#233;forme G&#233;n&#233;rale des Politiques Publiques) et aux r&#233;formes universitaires (LRU), &#224; la loi sur les services minimum et &#224; la r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite et, enfin, &#224; la r&#233;forme des retraites de l'automne 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.2. Quand la m&#233;thode Sarko et la crise ont raison de Sarkozy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas passer pour un thatch&#233;risme &#224; la fran&#231;aise appliqu&#233; avec vingt-cinq ans de retard, le sarkozysme a opt&#233; pour une modalit&#233; de gouvernance encore plus (pr&#233;)bonapartiste. C'est ce qui a &#233;t&#233; la principale intuition de Sarkozy pour tenter de sortir de l'impasse mais &#233;galement sa principale limite. Une chose est effectivement de suivre, tendanciellement, un cap, en anticipant y compris sur les n&#233;cessit&#233;s du moment : en l'occurrence, gouverner de fa&#231;on tendanciellement bonapartiste alors m&#234;me que toutes les conditions ne sont pas r&#233;unies et que la situation ne le requiert pas compl&#232;tement. La bourgeoisie peut s'accommoder de gestions pr&#233;bonapartistes, y compris sans 18 Brumaire pr&#233;alable, et ce tant que l'apprenti Bonaparte sait tenir son rang et ne contribue pas &#227; tendre plus que de n&#233;cessaire la situation politique et sociale. Mais Sarkozy, avec son style outrancier, transf&#233;rant au niveau hexagonal la fa&#231;on dont il avait tranch&#233; les conflits dans son propre camp, s'est souvent pris &#227; son propre discours, avec les risques que cela implique : il donne des coups en sachant qui va les recevoir mais sans se soucier des effets collat&#233;raux ; il va au pas de charge sans se pr&#233;occuper si le train suit derri&#232;re ; il dynamite au risque de rendre la situation encore plus explosive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on ajoute &#227; ce cadre l'impact extr&#234;mement violent d'une crise &#233;conomique que Sarkozy ne pouvait anticiper en &#233;laborant son projet en 2007, il en r&#233;sulte un quinquennat au cours duquel la droite ass&#232;ne des coups tr&#232;s durs en direction du mouvement ouvrier et des classes populaires, certes, mais &#233;choue &#227; r&#233;soudre &#171; l'instabilit&#233; strat&#233;gique &#187; dont souffre l'Hexagone et rend la situation de gestion de la crise p&#233;rilleuse pour le patronat. C'est ce qui, en derni&#232;re instance, fait tr&#233;bucher puis &#233;chouer Sarkozy. C'est ce qui explique la rapidit&#233; avec laquelle il perd pied vis-&#224;-vis du relatif consensus populaire et populiste qu'il avait construit sur la base de la d&#233;sertion d&#233;finitive des socialistes du terrain social avec Royal. C'est ce qui explique &#233;galement le surgissement des luttes ouvri&#232;res qui marquent rapidement la premi&#232;re partie de son quinquennat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.3. De la rue et des luttes aux urnes, de la radicalit&#233; &#224; la d&#233;moralisation, de la d&#233;moralisation au &#171; socialisme &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La profondeur de la crise et la duret&#233; de ses cons&#233;quences, que Sarkozy-Fillon ne pouvaient anticiper, mais aussi la m&#233;thode d'affrontement d&#233;ploy&#233;e par le patronat et la droite au gouvernement, voil&#224; ce qui a pouss&#233; tr&#232;s rapidement &#227; une reprise de l'initiative sociale, mais cette fois sur un terrain diff&#233;rent de celui qui avait caract&#233;ris&#233; les ann&#233;es 1995-2003-2005-2006, marqu&#233;es par une certaine centralit&#233; des travailleurs du secteur public et de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res ann&#233;es du quinquennat ont co&#239;ncid&#233; avec un r&#233;&#233;mergence limit&#233;e mais significative de l'acteur qui semblait avoir cess&#233; d'exister sur la sc&#232;ne sociale et politique &#227; savoir le prol&#233;tariat du priv&#233;, notamment dans sa dimension industrielle. On songera &#224; la vague de luttes d'usine extr&#234;mement radicales dans leurs modalit&#233;s et g&#233;n&#233;ralement beaucoup plus limit&#233;es dans leur horizon revendicatif avec les bagarres des Sony, Conti, Molex, Freescale, Caterpillar, Goodyear, Philips, etc. (avec l'exception des deux derniers combats, qui ont refus&#233; d'entr&#233;e de jeu de se placer sur le terrain des indemnit&#233;s et avec l'exp&#233;rience du contr&#244;le ouvrier, d&#233;but 2010, chez Philips). Ces ann&#233;es de crise ont &#233;galement &#233;t&#233; celles d'un certain nombre de secousses dans les colonies fran&#231;aises qui ont cess&#233; tout &#227; coup d'appara&#238;tre comme de simples cartes postales de destination baln&#233;aire pour s'affirmer comme ce qu'elles sont, en l'occurrence une vaste banlieue tropicale o&#249; les contradictions sociales sont encore plus pouss&#233;es car d&#233;multipli&#233;es par la focale coloniale. Le paradigme de cette contestation a bien entendu &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233; par la lutte du LKP guadeloup&#233;en au premier trimestre 2009. Le troisi&#232;me acte a &#233;t&#233; constitu&#233; par le mouvement contre la r&#233;forme des retraites de l'automne 2010 qui a vu se constituer, autour de certains noyaux durs locaux et sociaux du prol&#233;tariat (Le Havre ou les raffineurs, pour ne prendre que deux exemples), un large spectre du monde du travail et de la jeunesse contre le gouvernement, en vain cependant. Ces trois moments sont &#233;minemment paradigmatiques des potentialit&#233;s et des limites des luttes de la p&#233;riode de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul combat victorieux sur les revendications &#233;conomiques, celui du LKP, a bient&#244;t &#233;t&#233; rattrap&#233; par le rognage par le patronat des augmentations salariales obtenues. Cette strat&#233;gie du patronat b&#233;k&#233; et hexagonal, couvert par le gouvernement, &#233;tait d'autant plus pr&#233;visible que le LKP a limit&#233;, de par son orientation radicale quoi que r&#233;formiste, la port&#233;e objectivement politique des 44 jours de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe de janvier et f&#233;vrier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front des conflits d'usine, les licenciements sont bel et bien pass&#233;s et une fois &#171; l'euphorie &#187; des dizaines de milliers d'euros arrach&#233;s en termes de primes extra-l&#233;gales de d&#233;part dans les entreprises-m&#232;res, la strat&#233;gie des indemnit&#233;s de d&#233;part a montr&#233; ses effets les plus pervers, ne pouvant freiner ni l'atomisation objective ni le sentiment de d&#233;faite ult&#233;rieur ressenti dans nombre d'&#233;cosyst&#232;mes industriels ayant subi de plein fouet les restructurations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de 2010 est aujourd'hui paradoxalement le grand oubli&#233; de cette s&#233;quence. Il s'agit pourtant &#171; du &#187; mouvement social ou, au bas mot, d'un des mouvements sociaux les plus importants depuis mai-juin 1968&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On se pourra se r&#233;f&#233;rer tout particuli&#232;rement &#227; J. Chingo, &#171; Le&#231;ons (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au cours de cet &#171; automne fran&#231;ais &#187;, ce qui s'est jou&#233; progressivement pour les millions de gr&#233;vistes qui ont particip&#233; &#224; la totalit&#233; ou &#227; certains des temps forts du mouvement allait bien au-del&#224; de la simple question des retraites. Par del&#224; les locomotives qu'ont pu &#234;tre les grandes agglom&#233;rations hexagonales et des p&#244;les de contestation tr&#232;s forts comme les raffineries, le mouvement s'est caract&#233;ris&#233; &#224; la fois par sa dur&#233;e et le nombre de participants &#224; la mobilisation. De ce point de vue, la participation a &#233;t&#233; particuli&#232;rement significative dans des villes indicatrices de la profondeur du niveau de contestation et de la volont&#233; d'affrontement avec, par exemple, jusqu'&#224; 15.000 personnes lors de manifestations au cours de cet automne &#227; Foix, en Ari&#232;ge, une ville qui ne compte que 10.000 habitants. Combinant gr&#232;ve et blocage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette question &#171; gr&#232;ve/blocage &#187;, on se r&#233;f&#233;rera &#227; &#171; Gr&#232;ve ou blocage ? (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la contestation s'est &#233;galement cristallis&#233;e autour de formes renouvel&#233;es de lutte tant sur le plan g&#233;ographique que sur le plan interprofessionnel. Parfois, elles ont r&#233;uni sur un m&#234;me territoire de lutte, comme au Havre surtout ou, dans une bien moindre mesure, dans le 92 Nord ou autour de Saint-Denis, des travailleurs de diff&#233;rentes entreprises, syndiqu&#233;s et non syndiqu&#233;s, du priv&#233; comme du public, de tous &#226;ges, avec une participation &#233;tudiante et lyc&#233;enne, structurant un fort tissu de solidarit&#233;s et d&#233;termin&#233; &#227; d&#233;velopper l'affrontement. N&#233;anmoins, malgr&#233; ces pratiques qui sont apparues et les potentialit&#233;s plus globales du mouvement, celui-ci a hoquet&#233; en journ&#233;es d'action que la bureaucratie syndicale s'est bien gard&#233;e de faire converger en un rapport de force frontal contre le gouvernement, &#227; savoir &#227; travers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. La cons&#233;quence, apr&#232;s le reflux, a &#233;t&#233; une d&#233;faite sociale sans que cela ne se traduise par une victoire politique &#233;crasante de Sarkozy. Cela a n&#233;anmoins conduit &#227; une d&#233;moralisation &#224; la fois de larges franges du prol&#233;tariat et des anciens gr&#233;vistes mais aussi et surtout de l'avant-garde, sans que l'extr&#234;me gauche &#227; nouveau ne se profile comme une alternative politique. Ce qui &#233;tait dans ses cordes n&#233;anmoins, ce n'&#233;tait non pas tant de &#171; d&#233;clencher &#187; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale mais au moins d'en d&#233;montrer concr&#232;tement l'horizon possible (et en d&#233;terminant o&#249; &#233;taient les obstacles), en r&#233;pondant et en organisant les secteurs les plus avanc&#233;s du salariat en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contestation sociale initi&#233;e en 2009-2010 n'a pas fondamentalement cess&#233; au cours de la seconde moiti&#233; du quinquennat Sarkozy (il suffit de songer aux luttes d'ArcelorMittal, de SeaFrance ou aux explosions r&#233;p&#233;t&#233;es &#227; Mayotte et &#224; la R&#233;union). N&#233;anmoins, sans conviction de victoire &#227; port&#233;e de main et en l'absence d'alternative, la rue et la conflictualit&#233; sociale ont reflu&#233; vers les urnes &#227; mesure que la radicalit&#233; des premi&#232;res ann&#233;es de la sarkozye se transformait progressivement en un &#171; socialisme &#187; par d&#233;faut, d'abord incarn&#233; par l'option DSK ou Aubry. Dans le monde du travail et la jeunesse, la machine &#233;lectorale du PS et de ses alli&#233;s proches a jou&#233; &#227; plein pour tirer parti de ce m&#233;lange de sensation d'impuissance (sans pour autant qu'il y ait un repli profond de la conflictualit&#233; et des solidarit&#233;s de classe) et d'enlisement de la combativit&#233;. C'est la &#171; bataille sociale et d'opinion &#187; que les socialistes ont men&#233;e au cours de la pr&#233;-campagne des pr&#233;sidentielles et pendant la campagne. C'est probablement la derni&#232;re qu'ils sont en capacit&#233; de gagner. En t&#233;moigne l'impopularit&#233; actuelle de Hollande, moins de vingt-quatre mois apr&#232;s son &#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.4. Un Hollande par d&#233;faut&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, m&#234;me droitis&#233; dans son programme et son discours (y compris si on le compare &#227; celui de Jospin, en 1997), le PS a su capitaliser cette situation, plus par d&#233;faut que par r&#233;elle adh&#233;sion, en raison de l'antisarkozysme existant plus que par conviction de l'&#233;lectorat de gauche qui va bient&#244;t tr&#232;s rapidement d&#233;chanter. La gauche r&#233;formiste, en l'occurrence M&#233;lenchon, qui a sauv&#233; le PCF d'une mort clinique, a jou&#233; le r&#244;le de b&#233;quille de gauche de ce projet, tout en &#233;tant tr&#232;s mal pay&#233; en retour. En mai 2012, Hollande acc&#233;dait donc &#224; l'Elys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie avait d'abord pari&#233; sur DSK avant sa chute comme candidat s&#233;rieux de rechange. Si elle finit par pr&#233;f&#233;rer Hollande &#227; Sarkozy, c'est parce qu'il s'agit pour elle du moins mauvais des choix, les deux options &#233;tant loin d'&#234;tre satisfaisantes. Elle peut, n&#233;anmoins, se rassurer sur deux fronts, essentiels &#224; l'offensive qu'elle continue &#227; peiner de mettre en &#339;uvre. Tout d'abord elle a l'assurance que la politique du PS est d&#233;sormais sans &#233;quivoque dans son camp politique, sur toute la ligne. Elle fait &#233;galement ce choix par calcul : si le co&#251;t pour maintenir Sarkozy ou &#171; un Sarkozy &#187; au pouvoir est sup&#233;rieur, en termes de tensions sociales potentiellement &#233;versives, au rendement que l'on en tire, en termes d'offensives men&#233;es contre le salariat et les classes populaires, alors autant opter pour une strat&#233;gie de n&#233;gociations de cette m&#234;me offensive qui, sans rien perdre du cap &#227; tenir, permettrait de pr&#233;venir ou, du moins, de circonscrire les explosions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique se d&#233;fendant, dans sa contribution &#227; Repartir du pied gauche de Jacques Julliard, publi&#233; en 2010, d'incarner &#171; une social-d&#233;mocratie [&#224; la] pens&#233;e molle et [&#224; la] politique terne &#187;, Hollande peut pr&#233;tendre incarner l'orientation fix&#233;e par le patronat apr&#232;s la s&#233;quence sarkozyste. D&#233;j&#224; , en 2006, dans Devoirs de v&#233;rit&#233;, l'actuel pr&#233;sident reconnaissait qu'il n'y avait qu'une diff&#233;rence de nuance et de discours entre la gauche et la droite. &#171; C'est Fran&#231;ois Mitterrand &#8211; avec Pierre B&#233;r&#233;govoy &#8211; qui a d&#233;r&#233;glement&#233; l'&#233;conomie fran&#231;aise et l'a largement ouverte &#227; toutes les formes de concurrence. C'est Jacques Delors, poursuivait Hollande, qui a &#233;t&#233;, &#227; Paris comme &#227; Bruxelles, l'un des b&#226;tisseurs de l'Europe mon&#233;taire avec les &#233;volutions politiques qu'elle impliquait sur le plan des politiques macro&#233;conomiques. C'est Lionel Jospin qui a engag&#233; les regroupements industriels les plus innovants, quitte &#227; ouvrir le capital d'entreprises publiques. Ce qui lui fut reproch&#233;. Cessons donc de rev&#234;tir des oripeaux id&#233;ologiques qui ne trompent personne &#187;. Son discours du Bourget en 2012 contre &#171; cet ennemi invisible &#187; qu'est &#171; la finance &#187; ne trompait d&#233;j&#224; plus personne au Medef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.5. &#171; La m&#233;thode du pacte pour r&#233;former et gouverner &#187; (Aubry)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, entre Devoirs de v&#233;rit&#233;, le Rapport Gallois, le Cr&#233;dit comp&#233;titivit&#233; et le Pacte de Responsabilit&#233;, il y a la grande fid&#233;lit&#233; au patronat du PS et de Hollande. En revanche, et c'est ce qui a pu irriter voire exc&#233;der le patronat, il y a eu trop de temps perdu, d'o&#249; l'aspect parfois brouillon et souvent peu lisible (qualifi&#233; de &#171; couacs &#187; par les m&#233;dias) de Hollande et de son gouvernement, li&#233; aux d&#233;bats internes portant sur le calendrier et de la fa&#231;on de mener une offensive qui s'inscrit dans la droite ligne de l'Ex&#233;cutif pr&#233;c&#233;dent, avec notamment l'Accord National Interprofessionnel du printemps 2013, la r&#233;forme des retraites de l'automne dernier, suivie de celle de l'assurance ch&#244;mage et donc, maintenant, le Pacte de responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins depuis deux ans, Hollande a fait face &#227; deux &#233;cueils, r&#233;dhibitoires pour le patronat, et qui expliquent pour partie la hargne avec laquelle ils l'attaquent, qu'il s'agisse des secteurs les plus r&#233;actionnaires de la CGPME, des jeunes loups du capital transform&#233;s en &#171; pigeons &#187; il y a quelques mois ou encore de Pierre Gattaz depuis son accession aux commandes du syndicat patronal. Le revers de la m&#233;daille du hollandisme est cette propension &#227; confondre l'&#233;tablissement minutieux d'un plan de marche et tergiverser, le refus du choc frontal et le contournement permanent, la n&#233;gociation et une certaine tendance &#224; l'enlisement. Martine Aubry d&#233;crit, dans Pour changer de civilisation, publi&#233; en 2011, &#171; la m&#233;thode du pacte, pour r&#233;former et gouverner. [Elle] consiste, pour un gouvernement, &#227; rassembler les parties prenantes d'un grand chantier public autour d'objectifs partag&#233;s &#187;. Elle met en garde, n&#233;anmoins, &#171; contre les effets de tribune [qui] ne transforment pas le pays &#187;, en l'occurrence, pourrait-on dire, une m&#233;thode de &#171; pacte &#187; qui n'aurait de pacte que le nom mais qui h&#233;riterait de la n&#233;gociation et de la discussion les pires travers pour les capitalistes, surtout en p&#233;riode de crise : la lenteur. Le risque, dit-elle, c'est alors de voir &#171; la volont&#233; politique [s'enliser] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.6. &#171; Aller beaucoup plus vite, plus loin, plus fort &#187;. Valls &#227; Matignon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une des raisons qui expliquent le changement de braquet depuis la conf&#233;rence de presse du 14 janvier et, maintenant, le &#171; nouveau &#187; gouvernement Valls. &#171; Nouveau &#187; entre guillemets, dans la mesure o&#249; d&#232;s le 27 janvier son pr&#233;d&#233;cesseur, Ayrault, affirmait qu'il &#233;tait n&#233;cessaire &#171; d'aller beaucoup plus vite, plus loin et plus fort &#187;. Par manque de marge de man&#339;uvre, c'est Valls, qui attendait depuis longtemps son tour, qui a &#233;t&#233; charg&#233; de porter cette nouvelle orientation, fruit de la crise de la m&#233;thode du &#171; dialogue social &#187; tel qu'il avait &#233;t&#233; pratiqu&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent par l'Ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#227; dire que la vitesse de marche adopt&#233;e depuis le discours de fin d'ann&#233;e, satisfait le patronat dans son ensemble, ce serait exag&#233;r&#233;. Au niveau du patronat, les rodomontades de Pierre Gattaz correspondent &#227; une r&#233;alit&#233;. Quand le patron des patrons dit publiquement en f&#233;vrier, quelques jours apr&#232;s s'y &#234;tre engag&#233;, qu'il refuse toute contrepartie au Pacte de responsabilit&#233; puis critique un gouvernement qui &#171; stresse les patrons &#187;, il ne fait pas simplement preuve d'arrogance et du &#171; savoir-vivre &#187; qui a toujours caract&#233;ris&#233; le patronat hexagonal, feu le CNPF comme aujourd'hui le Medef. Il pointe du doigt un &#233;l&#233;ment clef : pour se positionner dans la meilleure des configurations possibles vis-&#224;-vis de ses partenaires et concurrents imp&#233;rialistes, le patronat fran&#231;ais a besoin d'une politique ambitieuse de l'Etat, d'un soutien clair et franc. Une politique allant bien au-del&#224; de &#171; l'assistencialisme &#224; la plus-value &#187; des 172 milliards de cadeaux que lui verse le gouvernement depuis des ann&#233;es ou &#227; travers l'appui timide apport&#233; par celui-ci aux concentrations capitalistes et &#224; la d&#233;fense des secteurs strat&#233;giques de l'industrie hexagonale (op&#233;rateurs t&#233;l&#233;phoniques il y a quelques semaines, Alstom aujourd'hui, avec la famille Bouygues au premier rang dans les deux cas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat r&#233;clame du gouvernement qu'il reconfigure profond&#233;ment la structure sociale hexagonale et qu'il brise durablement les reins du monde du travail, et pas uniquement d'un point de vue politique. Cela n'implique pas simplement de le d&#233;moraliser mais d'avancer radicalement du point de vue de ses droits et de ses conqu&#234;tes, en remettant &#224; la racine ce qui fait &#171; le mod&#232;le social fran&#231;ais &#187;, formule fourre-tout qui caract&#233;rise n&#233;anmoins le niveau de compromis social atteint au sortir de la guerre entre le patronat et les directions stalinienne, social-d&#233;mocrate ou social-chr&#233;tienne du mouvement ouvrier organis&#233; et actualis&#233; et &#233;tendu par la suite par les concessions post-68 cens&#233;es endiguer la pouss&#233;e ouvri&#232;re, populaire et de la jeunesse. Il faut au Medef un &#171; Agenda 2010 &#187; comme l'ont mis en musique Outre-Rhin il y a plus de quinze ans Schr&#246;der et Hartz, mais pas un &#171; Agenda 2010 &#187; par d&#233;faut et en retard, un &#171; Agenda 2010 &#187; par temps de crise, c'est-&#224;-dire bien plus radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hollande sait, parce qu'il l'a appris de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne et allemande en particulier, qu'une chose est de faire des &#233;conomies budg&#233;taires et de soutenir le patronat et que c'en est une autre de faire des r&#233;formes structurelles : la promesse de refonder le &#171; millefeuilles administratif &#187; ne saurait &#227; elle seule r&#233;pondre au second volet des r&#233;formes. Le patronat r&#233;clame un remaniement en profondeur du Code du travail, une r&#233;duction drastique des 57% du PIB qui vont au secteur public, du soi-disant surpoids de fonctionnaires dans le pays, la liquidation du Smic et l'introduction d'un Smic jeune qui ne dirait pas son nom ou, ce qui revient au m&#234;me, une atomisation d&#233;finitive des n&#233;gociations collectives de branche. Sur la m&#233;thode, il veut plus de rapidit&#233;, tout en conservant les vertus du hollandisme. C'est ce que restitue le nouveau secr&#233;taire d'Etat charg&#233; des relations avec le Parlement et cacique du PS, Jean-Marie Le Guen, lorsqu'il d&#233;clare 13 avril que &#171; le gouvernement veut mettre en &#339;uvre un dialogue social mais [qu'il] n'attendra pas. Il ne laissera pas un dialogue social qui irait s'inf&#233;rer, s'&#233;terniser, [le pays ayant] besoin d'action, de r&#233;forme. C'est &#233;videmment la marque de fabrique de Manuel Valls &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce pour quoi plaident, dans leur dernier ouvrage, Changer de mod&#232;le, les &#233;conomistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Elie Cohen. Anciens du cercle &#171; La Rotonde &#187; qui avait conseill&#233; le candidat Hollande en 2012, Aghion, Cette et Cohen ne s'&#233;rigent pas seulement contre une politique de la demande plus ou moins n&#233;o-keyn&#233;sienne qu'ils jugent obsol&#232;te, mais &#233;galement contre une politique de l'offre qui ne serait pas une &#171; politique de l'offre comp&#233;titive &#187;. Fermement arrim&#233;s au PS, les trois &#233;conomistes qui ont &#233;t&#233; re&#231;us par l'Elys&#233;e r&#233;clament une transformation radicale de la structure des d&#233;penses et des finances publiques sans pour autant, disent-ils, &#171; recourir &#227; une ponction fiscale excessive [ni] remettre en cause le mod&#232;le social ni l'emploi (&#8230;), potentiel de croissance &#227; moyen et long terme &#187;. Il n'en reste pas moins que les pistes avanc&#233;es parlent de r&#233;gionalisation du Smic et des conventions collectives, d'all&#233;gement de la fiscalit&#233; des entreprises en contrepartie d'un renforcement de la CSG et de la TVA &#171; sociale &#187;, de m&#234;me que d'une r&#233;forme en profondeur du syst&#232;me &#233;ducatif et de formation en lien avec les exigences du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit ici se dessiner tous les objectifs de l'offensive frontale que r&#233;clame &#227; cor et &#227; cri la bourgeoisie fran&#231;aise depuis de longues ann&#233;es, &#233;bauch&#233;s par des &#233;conomistes &#171; de gauche &#187;. Reste la question de la mise en pratique d'un tel programme. Avant 2007, c'est le monde du travail qui avait appos&#233; une limite aux r&#233;formes telles qu'elles se profilaient. Aujourd'hui, ce n'est pas un monde du travail en mouvement qui emp&#234;che la mise en &#339;uvre d'un tel programme, mais la crainte, formul&#233;e par l'Ex&#233;cutif, du retour sur le devant de la sc&#232;ne d'un &#171; mouvement social &#187; qui a eu raison, dans le pass&#233;, des efforts r&#233;formistes d'un Jupp&#233; ou d'un Villepin et qui a s&#233;rieusement entrav&#233; la route d'un Sarkozy. C'est ce qui marque, aujourd'hui, l'une des plus grandes limitations du hollandisme. C'est ce que Valls est cens&#233; d&#233;bloquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.7. Hollandie morne plaine, ou quelle est la capacit&#233; de combat des socialistes au service du patronat et jusqu'&#224; quel point ils finiront le quinquennat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il n&#233;anmoins possible d'entamer de telles r&#233;formes avec moins de 20% d'opinion favorable pour l'Ex&#233;cutif, m&#234;me si le Premier ministre se maintient relativement haut dans les sondages jusqu'&#224; pr&#233;sent ? Cinquante ans apr&#232;s les cabinets de Joseph Laniel, qui marquent le d&#233;but du d&#233;clin de la Quatri&#232;me R&#233;publique, on sait dans l'histoire politique fran&#231;aise qu'un gouvernement tr&#232;s discr&#233;dit&#233; est g&#233;n&#233;ralement condamn&#233; &#227; aller que d'&#233;chec en &#233;chec. Ce qu'il y a de nouveau, dans la situation fran&#231;aise, c'est la &#171; Pasokisation &#187; du PS et un affaiblissement acc&#233;l&#233;r&#233; de l'Ex&#233;cutif, et ce alors m&#234;me que l'Hexagone ne conna&#238;t pas encore le m&#234;me niveau de crise que la Gr&#232;ce et sans que Hollande n'ait eu &#227; annoncer les m&#234;mes potions am&#232;res qu'un Papandr&#233;ou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, par del&#224; le remaniement post-&#233;lectoral qui s'est av&#233;r&#233; plus compliqu&#233; que pr&#233;vu, y compris au regard des remous in&#233;dits existants au sein de la majorit&#233;, aucune autre solution &#171; classique &#187; ne s'offre &#227; Hollande. Pour ce qui est des hypoth&#232;ses &#171; exceptionnelles &#187;, en l'occurrence une ouverture en direction du centre, avec la constitution d'un gouvernement &#171; d'union nationale &#187; sur le mod&#232;le de celui de Matteo Renzi en Italie ou alors un approfondissement drastique des contre-r&#233;formes dans l'&#233;tat actuel du niveau de popularit&#233; des socialistes, cela impliqueraient le d&#233;but d'un tournant bonapartiste sup&#233;rieur &#227; ce qu'autorise par nature la V&#232;me R&#233;publique, avec des co&#251;ts politiques qu'un Hollande est certainement peu capable de g&#233;rer &#224; l'heure actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233;, pr&#233;vue, elle, par la V&#232;me R&#233;publique, d'une dissolution, quoiqu'envisag&#233;e par une partie de la classe politique, y compris &#227; gauche, n'aurait pas pour l'instant de blanc-seing de la bourgeoisie. La droite a m&#233;caniquement tir&#233; profit, aux municipales, de la profonde d&#233;consid&#233;ration du PS. Mais la guerre des chefs &#224; l'UMP et sa berlusconisation tendancielle autour de Sarkozy, la carence d'un projet coh&#233;rent et sa vacuit&#233; politique sont pour l'heure une assurance pour les socialistes. Faute d'une alternative en effet, la bourgeoisie ne veut pas d'une crise politique qui, compte tenu de la crise des m&#233;canismes de m&#233;diations d&#233;mocratiques bourgeois qui n'est pas propre &#224; la France mais qui se d&#233;cline de fa&#231;on particuli&#232;re dans l'Hexagone, pourrait se transformer en crise de r&#233;gime. Des difficult&#233;s accrues et un approfondissement de la crise pourrait n&#233;anmoins rendre la situation ingouvernable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la droite actuelle soit la principale garante de la survie de la gauche au gouvernement, que l'immaturit&#233; de l'extr&#234;me droite et de la non-n&#233;cessit&#233; pour le patronat de faire appel &#227; elle pour l'heure (par-del&#224; transformation du &#171; FN Jean-Marie &#187; en &#171; FN Jean-Marine &#187; sur laquelle nous reviendrons), ces deux &#233;l&#233;ments ne garantissent en rien que le gouvernement Valls se prolonge jusqu'&#224; 2017 ni m&#234;me que Hollande finisse son quinquennat. Cette situation montre bien comment, avec l'aggravation de la crise dont personne ne voit d'issue, &#171; l'instabilit&#233; h&#233;g&#233;monique &#187; dont nous parlions est loin d'&#234;tre r&#233;solue, pour l'heure, au profit de la classe dominante hexagonale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Entre faiblesse de l'Ex&#233;cutif, mont&#233;e de l'extr&#234;me droite, crise du r&#233;formisme et difficult&#233;s de positionnement des directions syndicales, quelles perspectives pour le monde du travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive, n&#233;anmoins, se poursuit. Dans le texte de 2010 que nous citions, publi&#233; par Jacques Julliard dans Repartir du pied gauche, Hollande analyse les r&#233;ponses possibles, &#227; gauche, face au &#171; cruel bilan (&#8230;) du capitalisme de ces trente derni&#232;res ann&#233;es &#187;. Il r&#233;cuse les propositions d'un retour &#227; un &#171; socialisme utopique [alliant] la conjugaison d'attitudes altruistes au plan individuel avec les vertus collectives de l'&#233;conomie non marchande &#187;. Il refuse &#233;galement ce qui fait, aujourd'hui, le fondement de sa politique, &#227; savoir &#171; &#234;tre le gestionnaire intelligent &#187; de &#171; l'ensauvagement du capitalisme &#187;. Enfin, il pointe &#233;galement l'impasse de &#171; la tentation de la r&#233;volte [qui consisterait] &#227; opposer &#227; un capitalisme dur, arrogant, pr&#233;dateur (&#8230;) une radicalit&#233; &#224; la hauteur de l'agression port&#233;e au pacte social. Cette culture de r&#233;sistance, poursuit-il, n'est pas bl&#224;&#162;mable. Elle exprime des sentiments sinc&#232;res et une envie louable de ne pas admettre comme fatale une accumulation d'injustices et de douleurs humaines. Sauf qu'un barrage n'a jamais emp&#234;ch&#233; un fleuve de rejoindre la mer. Il freine, r&#233;gule, mais il n'a jamais rien produit sauf de l'&#233;lectricit&#233;&#8230; sociale. En ce sens, le gauchisme n'est m&#234;me plus une illusion. Il ne convainc personne d'un autre monde possible. Il est regard&#233; comme la mauvaise conscience de la gauche, mais jamais comme un levier pour le pouvoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par-del&#224; la condescendance et l'hypocrisie de cette derni&#232;re consid&#233;ration, l'enjeu est en effet de se demander pourquoi, dans une phase de crise historique telle que nous la vivons, le &#171; gauchisme &#187; est aujourd'hui, au mieux inaudible, au pire incapable de se transformer au contact des secteurs les plus avanc&#233;s du monde du travail, ceux qui ont fait, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, l'ensemble des mobilisations, en un facteur de conscience et en levier pour la contre-offensive (et par cons&#233;quent en levier de pouvoir). C'est-&#224;-dire se transformer en la seule alternative s&#233;rieuse face au programme de contre-r&#233;formes de la gauche existante, face au possibilisme opportuniste et d&#233;l&#233;t&#232;re de la gauche r&#233;formiste qui dit se positionner dans &#171; l'opposition &#187; face &#224; l'ex&#233;cutif et, bien entendu, face au populisme d'extr&#234;me droite qui se tient en embuscade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.1. La menace frontiste sur fond de d&#233;sespoir national&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier scrutin &#233;lectoral vient de cartographier l'avanc&#233;e du Front National que le parti de Marine Le Pen entend confirmer voire amplifier aux europ&#233;ennes, notamment si, comme l'assure certaines enqu&#234;tes d'opinion, l'extr&#234;me droite devance y compris l'UMP le 24 mai. Les 11 villes conquises au soir du second tour, auxquelles il faut ajouter H&#233;nin-Beaumont, gagn&#233;e d&#232;s le 23 mars, parlent d'elles-m&#234;mes. Cette donn&#233;e, pr&#233;occupante en soi, est n&#233;anmoins &#227; analyser &#227; sa &#171; juste &#187; mesure, non pas tant &#224; l'aune d'un &#171; antifascisme &#187; id&#233;ologique mais de la r&#233;alit&#233; de la p&#233;n&#233;tration des pires ennemis des travailleurs au sein m&#234;me du monde du travail et de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolutiser la mont&#233;e du FN sert g&#233;n&#233;ralement une analyse politique qui en revient &#227; pr&#244;ner, pour le PS, le front r&#233;publicain, pour les r&#233;formistes, l'union de la gauche (derri&#232;re les socialistes ou avec eux) et, pour le reste des &#171; d&#233;mocrates &#187;, pour rendre les travailleurs et les classes populaires coupables et responsables de cette pouss&#233;e, pour avoir &#171; mal vot&#233; &#187;. Tr&#232;s souvent, ces trois lectures se recoupent. Absolutiser le score du FN reviendrait &#233;galement &#227; masquer le fait que l'extr&#234;me droite a pein&#233; a constitu&#233; ses listes aux derni&#232;res municipales et, quoique se pr&#233;sentant sur davantage de communes qu'en 2008, elle ne couvre qu'un tiers de la carte &#233;lectorale, malgr&#233; des zones de force traditionnelles comme le Sud-est et le Nord. De ce point de vue, au moins d'un point de vue num&#233;rique, le FN est loin de pouvoir compter sur une force militante et un maillage social semblable &#227; ceux dont dispose l'extr&#234;me gauche au sens large du terme. Certains politistes et sp&#233;cialistes de l'extr&#234;me droite affirment m&#234;me que si le FN avait remport&#233; davantage de villes encore aux municipales, il se serait retrouv&#233; face &#227; un manque de cadres pour &#233;pauler les nouveaux maires, ouvrant une crise dans son ascension actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est certain, en revanche, c'est que l'extr&#234;me droite, qui ne se limite pas au FN mais dont le spectre sinistre s'&#233;tend encore plus &#227; droite, on peut e voir &#227; Lyon et sa banlieue, trouve davantage d'&#233;cho aujourd'hui en raison, bien entendu, de la crise, de ses cons&#233;quences pour les classes populaires et de l'absence de victoires sociales. Cet &#233;cho est amplifi&#233; par la fa&#231;on dont les partis dits r&#233;publicains, y compris &#227; gauche, relaient les discours qui, jusqu'&#224; il y a peu, &#233;taient l'apanage quasi exclusif du FN, car ils trouvent leur compte &#233;galement &#227; conforter l'id&#233;e que si antagonisme il y a, il est a chercher non pas tant au niveau social mais au sein m&#234;me des domin&#233;s, entre travailleurs fran&#231;ais et les autres. Dans une large mesure &#233;galement, pour ce qui nous int&#233;resse, cette avanc&#233;e du FN au niveau politique est imputable au d&#233;ficit de d&#233;termination de l'extr&#234;me gauche &#227; se positionner r&#233;solument et radicalement contre la gauche gouvernementale et l'ensemble de ses satellites, en plus d'avoir en grande mesure abandonn&#233; le travail structurel au sein de la classe ouvri&#232;re et/ou d'avoir troqu&#233; un programme offensif, &#227; m&#234;me de faire du monde du travail, ou du moins son avant-garde, une force contre-h&#233;g&#233;monique, pour une orientation syndicaliste et &#233;lectoralisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a toujours exist&#233;, dans ce pays, une grande porosit&#233; entre la droite et l'extr&#234;me droite, avec des mouvements de balancier &#233;lectoraux entre la droite traditionnelle et ses extr&#234;mes (avec de Gaulle et le RPF dans les ann&#233;es 1950, Poujade au cours de la d&#233;cennie suivante, Tixier-Vignancour dans la d&#233;cennie 1960). Ce qui est &#227; noter, aujourd'hui, c'est la capacit&#233; de pr&#233;gnance des id&#233;es frontistes au sein des classes populaires qui font leur lit du vide laiss&#233; par la liquidation des r&#233;f&#233;rences id&#233;ologiques qui ont structur&#233; le champ politique hexagonales et la d&#233;composition des structures de sociabilit&#233;s traditionnelles (partis, syndicats, r&#233;seau catholique, etc.). C'est dans ce cadre que le FN a atteint un moment croissance maximum sous la houlette de Jean-Marie Le Pen, lors du 21 avril 2001, qui souligne &#233;galement toutes ses limites, avec ses 5,5 millions de voix au second tour, mais qui n'ont jamais fait que 18% contre 82% pour Chirac, un obstacle, et non des moindres, pour un parti qui aspire &#227; gouverner. De ce point de vue, le FN version Jeanne-Marine entend sortir de cet ostracisme, conscient que pour se transformer en une alternative de pouvoir, il faut construire des alliances in&#233;dites avec les principaux courants de la droite fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marine Le Pen et ses lieutenants, qui pour beaucoup viennent de la dissidence de M&#233;gret, ont en effet remis&#233; les outils de la vieille extr&#234;me droite p&#233;tainiste et issue de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise du p&#232;re pour forger une nouvelle formation qui, aujourd'hui, peine &#227; se d&#233;finir mais se situe, aussi paradoxalement que cela puisse para&#238;tre, &#227; mi-chemin, entre un parti &#224; la recherche d'une certaine normalisation (strat&#233;gie de &#171; d&#233;diabolisation &#187; et de &#171; normalisation &#187;, en remisant le fond de boutique antis&#233;mite et antir&#233;publicain, tentant, &#224; l'inverse, de r&#233;publicaniser sa x&#233;nophobie, et notamment son islamophobie), et un courant dont le bagage est beaucoup plus semblable, dans ses th&#233;matiques &#233;conomiques et sociales, &#227; celui de l'extr&#234;me droite des ann&#233;es 1930 qu'au poujadisme ultralib&#233;ral du vieux Le Pen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enracinement, pour l'instant, est avant tout &#233;lectoral, au sein d'une base ouvri&#232;re et populaire. Il existe n&#233;anmoins des diff&#233;rences entre certaines zones o&#249; le travail d'implantation a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; au pr&#233;alable, comme H&#233;nin-Beaumont ou Marseille par exemple, et l&#224; o&#249; la pr&#233;sence du FN est plus superstructurelle, comme en ont t&#233;moign&#233; les &#233;checs de Forbach et de Perpignan. Toujours sur ce m&#234;me aspect il est &#233;galement &#227; noter que, jusqu'&#224; pr&#233;sent, notamment en 2002, les pourcentages les plus &#233;lev&#233;s recueillis par l'extr&#234;me droite aux &#233;lections s'expliquaient en grande partie par l'emprise de l'abstention. Cette derni&#232;re a encore progress&#233; pour un scrutin municipal mais les r&#233;sultats du FN sont d'autant plus notoires, l&#224; o&#249; ils sont &#233;lev&#233;s, qu'ils n'ont pas, cette fois-ci, sp&#233;cialement &#233;t&#233; favoris&#233;s par une avanc&#233;e locale du taux d'abstention. C'est ce qui t&#233;moigne, encore une fois, de l'avanc&#233;e tendancielle dans un vote d'adh&#233;sion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une nouvelle cartographie du vote et de l'enracinement du FN&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans les villes de plus de 10.000 habitants, le FN a r&#233;alis&#233; aux municipales un score de 9,2% au niveau national contre simplement 0,9% en 2008. Le parti progresse dans des r&#233;gions o&#249; il &#233;tait peu ou tr&#232;s faiblement pr&#233;sent jusqu'&#224; aujourd'hui. C'est le cas de l'Ouest breton, avec des scores in&#233;dits, fr&#244;lant les 15% &#227; Lorient, le bastion de Jean-Yves Le Drian, ou 11,3% &#227; Saint-Brieuc, avec des pics &#227; 17% dans les cinq bureaux du quartier du Plateau, le plus populaire de la ville. De ce point de vue, certains scores importants se font dans des secteurs traditionnellement de gauche o&#249; le FN peinait &#227; prendre pied, &#224; l'image des quartiers Nord de Marseille. C'est le cas du septi&#232;me secteur, dirig&#233; depuis 1989 par le PS mais conquis par St&#233;phane Ravier, pour le FN, au second tour des municipales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scrutin apr&#232;s scrutin, la crise aidant et sur fond de vide politique laiss&#233; par la gauche politique et le PCF, mais aussi de d&#233;sertion de l'extr&#234;me gauche du terrain ouvrier et populaire (ou du moins son incapacit&#233; &#227; traduire aussi radicalement que le FN, mais &#224; l'oppos&#233; de l'&#233;chiquier politique, la col&#232;re et le ras-le-bol), c'est ainsi que se dessine progressivement une nouvelle cartographie frontiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pen mord relativement peu dans les m&#233;tropoles et les centres urbains, la France rurale profonde de m&#234;me que dans les zones de ghetto&#239;sation importante qui combinent une continuit&#233; de forces de gauche et de gauche radicale (loin d'&#234;tre id&#233;alisables, certes, mais existantes) et une tr&#232;s forte pr&#233;sence immigr&#233;e ou issue de l'immigration (&#224; l'exception notable de la cit&#233; phoc&#233;enne). En revanche, le FN progresse de fa&#231;on notoire dans l'Hexagone rurbain et les zones p&#233;riurbaines, &#224; la lisi&#232;re des grandes et moyennes agglom&#233;rations. C'est l&#224; o&#249; la crise et le d&#233;classement, r&#233;el ou ressenti, se font les plus pr&#233;gnants. C'est l&#224; o&#249; les principales batailles ouvri&#232;res ont &#233;t&#233; men&#233;es, notamment depuis 2008. C'est l&#224; o&#249; le FN tire le plus profit de la crise des m&#233;canismes de repr&#233;sentation d&#233;mocratiques-bourgeois, de la d&#233;composition des anciens blocs sociaux composant un ancrage &#233;lectoral traditionnel, &#227; gauche comme &#227; droite, avec notamment le vide laiss&#233; par le PCF de Marchais, et le virage lib&#233;ralo-centriste et pro-europ&#233;en du RPR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette strat&#233;gie a permis au FN de conforter une certaine assise dans certains secteurs sociaux, il n'en va pas de m&#234;me dans d'autres. Des composantes centrales de la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; pour la gouvernance bourgeoise, issues de la &#171; classe moyenne &#187;, des cat&#233;gories sup&#233;rieures du salariat et beaucoup plus ais&#233;es, ont tendance &#227; exiger davantage de &#171; garanties &#187; et de &#171; sens des responsabilit&#233;s &#187; avant d'accorder leur confiance aux frontistes. Il s'agit notamment d'un secteur plus ouvertement petit-bourgeois ou bourgeois, moins centr&#233; sur les th&#233;matiques s&#233;curitaires et d'immigration et pr&#233;occup&#233; par les questions &#233;conomiques hexagonales que l'&#233;lecteur type de Le Pen aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un parti d'extr&#234;me droite &#224; la recherche de notabilit&#233; en attendant de faire le coup de poing ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, trois conclusions, &#227; plusieurs niveaux, &#224; la fois pour la bourgeoisie, pour le FN lui-m&#234;me et pour le mouvement ouvrier. L'avanc&#233;e du FN n'est pas tant l'expression d'une avanc&#233;e du fascisme, dont la bourgeoisie aujourd'hui n'a pas besoin (quoi qu'elle puisse instrumentaliser le FN comme un aiguillon sur la droite des partis traditionnels)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera, de ce point de vue, que le fascisme de masse en tant que tel, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que d'une d&#233;r&#233;liction progressive du bipartisme cinqui&#232;me r&#233;publicain et d'une polarisation politico-sociale croissante qui s'expriment toutes deux avant tout sur le terrain &#233;lectoral. Cette double crise est n&#233;anmoins d&#233;l&#233;t&#232;re pour la bourgeoisie qui a fait de l'alternance droite-gauche, RPR-PS puis UMP-PS, l'expression de sa politique, quoi qu'elle souhaite acc&#233;l&#233;rer le rythme des contre-r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, le fait que le FN ne soit pas un parti fasciste, aujourd'hui, n'en fait pas moins une force qui figure parmi les pires ennemis des travailleurs. Mais cette force, qui distille jour apr&#232;s jour le poison de la x&#233;nophobie et des id&#233;es les plus r&#233;actionnaires qui soient, ne se combat pas en votant pour les meilleurs amis des patrons, qu'ils soient de droite ou de gauche, notamment ceux qui, aujourd'hui au gouvernement, ont contribu&#233; activement (ou passivement) &#227; mettre en musique l'ANI, puis la contre-r&#233;forme des retraites, la r&#233;forme de l'assurance ch&#244;mage ou le Pacte de Responsabilit&#233;, couvrant les licenciements et les fermetures d'usines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute d'&#234;tre un recours fascisant ou m&#234;me simplement bonapartiste dans l'imm&#233;diat, Le Pen essaie n&#233;anmoins de positionner n&#233;anmoins son parti sur l'&#233;chiquier politique bourgeois comme un recours possible au cas o&#249; la classe dominante consid&#233;rerait n&#233;cessaire de changer la donne et d'opter pour une droite tr&#232;s dure de fa&#231;on &#227; orchestrer ce que ni Sarkozy ni Hollande (avec Valls ou dans une autre configuration), n'auraient r&#233;ussi &#227; r&#233;aliser. Par-del&#224; la politique de &#171; d&#233;diabolisation &#187; et de &#171; normalisation &#187; voulue par l'&#233;tat-major de Marine Le Pen, l'&#233;cueil, pour le FN, c'est la difficult&#233; &#227; se changer en un parti qui serait, r&#233;ellement, une alternative de gouvernement. C'est ici que joue pour partie les limites soulign&#233;es pr&#233;alablement. Il faudrait, pour cela, se transformer en un parti de notables, avec un r&#233;seau d'&#233;lus, r&#233;ussissant &#227; tisser des alliances d'autant plus que, dans la configuration du r&#233;gime V&#232;me r&#233;publicain, un parti &#227; 20% en marge des grands partis bourgeois est condamn&#233; &#227; rester hors-jeu. De ce point de vue, l'absence d'alliances &#227; droite entre l'UMP et le FN au second tour des municipales a &#233;t&#233; une mauvaise nouvelle pour l'&#233;tat-major mariniste. Ainsi, rogner sur son fond-de-commerce populiste sans devenir un parti comme les autres, sortir de l'isolement sans pour autant se retrouver assimil&#233; au syst&#232;me (parabole qui a &#233;t&#233; celle de l'extr&#234;me droite italienne issue du MSI sous la houlette de Gianfranco Fini), voil&#224; la t&#226;che &#224; laquelle s'attellent les Le Pen, Alliot et Philippot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation n'est pas encore celle que d&#233;crit Daniel Gu&#233;rin lorsqu'il parle de l'Allemagne &#224; la veille de la mont&#233;e du nazisme dans Quand le fascisme nous devan&#231;ait, r&#233;dig&#233; en 1955&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le texte, actualis&#233; dans ses conclusions, est par la suite publi&#233; en deux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Personne, en v&#233;rit&#233;, ne sait plus le pourquoi des choses. Aussi voit-on (&#8230;) des &#233;gar&#233;s passer, avec une d&#233;concertante aisance, d'un camp &#224; l'autre (&#8230;). Il est des nazis et des communistes que rapproche la haine commune de la social-d&#233;mocratie et le slogan empoisonn&#233; de la &#8216;lib&#233;ration nationale'. Il est des socialistes et des fascistes que rapproche le mythe d'une &#233;conomie dirig&#233;e, d'un syndicalisme d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral int&#233;gr&#233; dans l'Etat. Et, surtout, la lassitude fait son &#339;uvre. Aucun signe de reprise &#233;conomique. Sera-t-on sans travail pour l'&#233;ternit&#233; ? Les partis politiques ont tant promis. On a lu tant d'affiches, parcouru tant de tracts. Il y a eu tant de campagnes &#233;lectorales, tant de bulletins jet&#233;s en vain dans l'urne. Et c'est toujours la m&#234;me chose. Pis encore aujourd'hui qu'hier. (&#8230;) Et, chez les plus &#233;gar&#233;s parmi les travailleurs, j'entends ce monologue qui pourrait bien sonner le glas de l'Allemagne d&#233;mocratique : Ah ! si les chefs s'entendaient ! Mais cette perspective est mince et lointaine&#8230; Alors pourquoi n'&#233;couterais-je pas ces nouveaux sauveurs, qui me promettent du pain, du travail, qui s'offrent &#227; me lib&#233;rer des cha&#238;nes du trait&#233; de Versailles et qui me jurent qu'ils sont, eux aussi, un parti ouvrier, r&#233;volutionnaire, socialiste. &#8216;Heil Hitler !' &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la lassitude venait ici aussi &#227; faire son lit, si l'exasp&#233;ration ne trouvait pas globalement un d&#233;bouch&#233; social, si la col&#232;re ne r&#233;ussissait pas &#227; identifier dans le capital, le patronat et l'ensemble de ses relais, de droite comme &#171; de gauche &#187;, l'ennemi &#227; combattre, alors oui, dans ce cas l&#224; , le FN, le Rassemblement Bleu Marine ou tout autre de ses avatars pourraient se positionner en alternative pour la bourgeoisie, en cas d'explosion(s) sociale(s) &#227; mater.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.2. En trois mots, en perte de vitesse et incapable de capitaliser le discr&#233;dit du gouvernement ? Le Front de Gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'extr&#233;mit&#233; inverse de l'&#233;chiquier politique, l'autre le&#231;on de ces municipales est la perte de vitesse du Front de gauche et son incapacit&#233; &#227; capitaliser le discr&#233;dit du gouvernement. Deux ans &#227; peine ont pass&#233; et la dynamique qui semblait &#234;tre celle du M&#233;lenchon au cours de la campagne de 2012, voire lors la Marche pour la VI&#232;me R&#233;publique du printemps pass&#233;, n'est vraiment plus la m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du PCF, ses choix d'alliances municipales &#227; g&#233;om&#233;trie variable mais, fondamentalement, derri&#232;re le PS, d&#232;s le premier tour, n'ont pas port&#233; leurs fruits. L'&#233;rosion de ce qui fait l'essentiel de la base du PC, les &#233;lus, se poursuit in&#233;luctablement. Pour ce qui est du PG, l'autre composante essentielle du FdG, la campagne &#233;lectorale davantage d&#233;marqu&#233;e du PS n'a pas &#233;t&#233; beaucoup plus convaincante et les scores enregistr&#233;s ont &#233;t&#233;, globalement, relativement faibles au regard des r&#233;sultats du FdG au premier tour en 2012. Au niveau politique, le recul se poursuit &#233;galement et les discours incantatoires sur la &#171; VI&#232;me R&#233;publique &#187; et la &#171; R&#233;volution citoyenne &#187; ont laiss&#233; place, dor&#233;navant, &#227; une ligne qui n'est qu'une longue succession de calculs &#233;lectoralistes et politiciens faits d'appels du pied &#227; &#171; la gauche de l'ex&#233;cutif &#187;. Ce n'est pas un hasard, de ce point de vue, si tout en restant un homme politique de gauche relativement populaire dans l'opinion, M&#233;lenchon a m&#234;me perdu son r&#244;le de premier opposant &#227; Marine Le Pen qu'il comptait occuper sur l'ar&#232;ne m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le Front de Gauche survit aux crises &#233;lectorales (europ&#233;ennes puis r&#233;gionales) auxquelles il sera soumis au cours des prochains mois, il n'en reste pas moins que tant le PCF que le Parti de Gauche conservent un m&#234;me d&#233;nominateur commun : pour Pierre Laurent comme pour Jean-Luc M&#233;lenchon, l'enjeu est de changer de cap politique sans pour autant battre en br&#232;che ce syst&#232;me. Autre point commun, le projet est cens&#233; &#234;tre port&#233; avec, peu ou prou, les m&#234;mes politiciens &#171; de gauche &#187; qui sont aujourd'hui associ&#233;s au syst&#232;me. Pour le PCF, ce serait avec un PS gauchi. Pour Laurent, au lendemain du premier tour, &#171; la d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard du gouvernement existe [et] s'est exprim&#233; dans l'abstention [et le] reflux des votes pour les listes conduites par le PS [mais] on ne rel&#232;vera pas ce d&#233;fi sans modifier tr&#232;s profond&#233;ment l'orientation gouvernementale actuelle &#187;. A ce sujet, d'ailleurs, il se dit &#171; pr&#234;t &#227; prendre ses responsabilit&#233;s si le gouvernement menait une vraie politique de gauche &#187; : espoirs douch&#233;s par un certain Manuel Valls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le PG, tout fier de son (unique) succ&#232;s &#233;lectoral &#227; Grenoble, cette nouvelle donne se dessinerait autour d'EELV, des &#171; &#233;cologistes &#187; qui n'ont pas h&#233;sit&#233; &#227; si&#233;ger vingt-deux mois durant aux c&#244;t&#233;s du lobby nucl&#233;aire et des fanatiques de la d&#233;fense atomique, ou des &#171; frondeurs &#187; du PS, qui n'ont aucune intention de se d&#233;solidariser du gouvernement. Impossible, de ce point de vue, de relever y compris le d&#233;fi que pose le politiste Laurent Bouvet, l'un des intellectuels de la Gauche Populaire et proche de Laurent Baumel, &#227; savoir celui de la &#171; reconqu&#234;te par la gauche de l'h&#233;g&#233;monie sur la soci&#233;t&#233; contemporaine [en renon&#231;ant] aux facilit&#233;s du temps [et en optant pour] un retour strat&#233;gique &#8216;au peuple' &#187;. C'est dans ce pari perdu par M&#233;lenchon (et que l'extr&#234;me gauche aurait &#227; relever, en r&#233;tablissant les coordonn&#233;es de classe politiquement n&#233;cessaires pour r&#233;pondre &#224; la justesse du diagnostic), que s'explique l'incapacit&#233; du FdG &#227; capitaliser le discr&#233;dit croissant des socialistes aupr&#232;s, y compris, de leur propre base traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.3. Y a-t-il encore du grain &#227; moudre ? Directions syndicales et hollandisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les conf&#233;d&#233;rations syndicales, form&#233;es et rod&#233;es &#227; des d&#233;cennies de gestion du compromis social, sont &#233;galement bien conscientes que par temps de crise il n'y aura pas de place pour les demi-mesures. En effet, pour r&#233;pondre &#224; l'interrogation du leader historique de FO, Andr&#233; Bergeron, &#171; il n'y a plus de grain &#227; moudre &#187;. La seule position que le patronat est pr&#234;t &#227; accepter c'est celle d'une association parfaitement subalterne des bureaucraties syndicales, sur un march&#233; de l'offre conf&#233;d&#233;ral lui aussi &#171; simplifi&#233; &#187;. &#171; A un certain degr&#233; de l'intensification des contradictions de classe dans chaque pays et des antagonismes entre les nations, note Trotsky en 1940 dans &#8216;Les syndicats &#224; l'&#233;poque de la d&#233;cadence imp&#233;rialiste', le capitalisme ne peut tol&#233;rer une bureaucratie r&#233;formiste (au moins jusqu'&#224; un certain point) que si cette derni&#232;re agit directement comme actionnaire, petite mais active, dans les entreprises imp&#233;rialistes, dans leurs plans et dans leurs programmes &#187;. Le hollandisme nous offre une r&#233;actualisation pratique de cette analyse &#227; travers la &#171; cfdt &#187;-isation croissante et acc&#233;l&#233;r&#233;e des directions syndicales. Reste &#227; savoir si les bases syndicales sont dispos&#233;es &#227; suivre et si le patronat est dispos&#233; &#227; s'en contenter. C'est ce qui ouvre le chemin &#227; une crise, &#227; plusieurs niveaux, du syndicalisme hexagonal, dont le taux est l'un des plus bas d'Europe (quoi qu'in&#233;gal en fonction des secteurs d'activit&#233;), mais marqu&#233; &#233;galement par une certaine renaissance des pratiques syndicales, y compris dans le priv&#233;, depuis les vingt derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la sarkozye, les directions syndicales ont &#233;t&#233; malmen&#233;es, bouscul&#233;es et, par cons&#233;quent, pouss&#233;es &#224; l'action, ce qu'elles ne souhaitaient aucunement, y compris au niveau des directions de la CGT et de Solidaires. En 2008-2010, on a pu voir cela dans la fa&#231;on dont, localement, ces m&#234;mes directions syndicales ont &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement d&#233;pass&#233;es, &#224; la fois dans les modalit&#233;s d'action et le discours des travailleurs mobilis&#233;s. L'exemple le plus parlant a bien entendu &#233;t&#233; celui de Xavier Mathieu vis-&#224;-vis de la centrale de Montreuil. Aussi, lorsque Sarkozy a voulu lancer tambour-battant sa r&#233;forme des retraites, il a contraint les centrales syndicales &#227; faire front commun. Tirant les le&#231;ons des luttes d'usines de la phase ant&#233;rieure, elles ont fait front commun en chevauchant le mouvement d'opposition &#224; la r&#233;forme pour mieux &#233;viter que ne se cristallise, au cours de l'automne 2010, une quelconque tendance &#224; la prolongation des journ&#233;es de gr&#232;ve, c'est-&#224;-dire &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie hollandiste se situe &#224; l'exact oppos&#233; de celle de l'affrontement. Elle vise &#227; amener, par la main gauche, le prol&#233;tariat par le collier, pour mieux le faire battre de la main droite. Le collier ou courroie de transmission, on l'aura compris, &#233;tant les directions syndicales. Que ce soit sur le terrain de la d&#233;fense du gouvernement ou de la collaboration active &#227; son &#233;gard, il y a peu de diff&#233;rences aujourd'hui entre les diff&#233;rentes centrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas (la d&#233;fense, en derni&#232;re instance, du gouvernement, ou ce que Lepaon appelle &#171; la diff&#233;rence entre un gouvernement de gauche et un gouvernement de droite &#187;),on a pu voir, au cours de l'explosion bretonne, notamment &#227; Carhaix, comment les directions syndicales s'&#233;rigeaient en un v&#233;ritable rempart de d&#233;fense de l'Ex&#233;cutif face &#227; un mouvement d'insubordination qui les prenait de court et qui tranchait avec les modalit&#233;s habituelles de n&#233;gociations auxquelles elles sont convi&#233;es. Sur le second point, celui de la collaboration aux diff&#233;rents cadres de n&#233;gociation, elles r&#233;pondent toutes, avec plus ou moins d'entrain, certaines en tra&#238;nant des pieds, d'autres en maugr&#233;ant, d'autres encore en appelant, a posteriori, &#224; la mobilisation, &#224; la mise en place des diff&#233;rentes contre-r&#233;formes lanc&#233;es par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend dans ce cadre l'empressement avec lequel la CFDT est accourue &#227; Matignon pour &#171; n&#233;gocier &#187; le Pacte de Responsabilit&#233;, d&#233;fendant l'id&#233;e d'un &#171; nouveau mode de d&#233;veloppement incluant une forte dimension sociale &#187;. A la CFDT on a d&#233;sormais liquid&#233; y compris le tournant de l'int&#233;gration social-d&#233;mocrate ch&#232;re &#227; Edmond Maire et d&#233;fendue lors du Congr&#232;s de Brest de 1979. Digne successeur de Nicole Notat et de Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que, Laurent Berger est entr&#233; de plein pied dans l'int&#233;gration tout court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, de son c&#244;t&#233;, demandait le 14 janvier, par la voix de son secr&#233;taire, Thierry Lepaon, la &#171; conditionnalit&#233; des aides &#187; aux entreprises, s'engageant aux c&#244;t&#233;s de la CFDT, la FSU et l'UNSA &#227; porter des objectifs communs &#171; lors des discussions [devant se d&#233;rouler] dans le cadre du Pacte de responsabilit&#233; &#187;. Le 12 f&#233;vrier, Le Paon faisait volte-face et se joignait &#224; l'appel de FO &#227; manifester pour le 18 mars. Il prenait n&#233;anmoins le soin de pr&#233;ciser que &#171; ce ne [serait] pas une journ&#233;e contre le Pacte de responsabilit&#233; &#187;, alors qu'il s'agit pr&#233;cis&#233;ment de la priorit&#233; du moment pour le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orientation des c&#233;d&#233;tistes (et derri&#232;re eux de la CFTC et, surtout, de l'Unsa) a le m&#233;rite de la clart&#233;. Celle de la CGT, aussi paradoxal que cela puisse para&#238;tre, l'&#233;tait jusqu'&#224; il y a peu, le probl&#232;me &#233;tant le fait que la centrale de Montreuil peine &#227; s'adapter &#224; l'air du temps (de la crise). Auparavant, les zigzags qui caract&#233;risent la politique de toute bureaucratie, pouvaient encore tenir place d'orientation. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, aboutissant &#227; cette sorte de &#171; non lieu &#187; dans lequel se retrouve aujourd'hui la principale conf&#233;d&#233;ration syndicale hexagonale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette m&#234;me illisibilit&#233; qui caract&#233;rise le positionnement de la FSU, qui un temps a pens&#233; pouvoir se profiler comme le principal partenaire du gouvernement mais dont les positionnements, pas totalement collaborationnistes, en raison notamment de secteurs de sa base, ont abouti &#227; ce que Hollande et ses ministres lui pr&#233;f&#232;rent la CFDT et l'UNSA pour n&#233;gocier ses contre-r&#233;formes dans le secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de Solidaires, qui a d&#233;montr&#233; en 2010, dans le cadre de l'Intersyndicale, l&#224; o&#249; s'arr&#234;tait son &#171; radicalisme alternatif &#187;, on retrouve les m&#234;mes difficult&#233;s que celles auxquelles fait face &#224; la CGT dans son positionnement avec &#171; un gouvernement de gauche &#187;, renforc&#233; par le fait que dans la nouvelle configuration de la loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale, les m&#233;canismes d'institutionnalisation jouent &#227; plein l&#224; o&#249;, avant, ils avaient moins de prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette crise des m&#233;diations et des directions syndicales, il faudrait ajouter quelques signes qui, quoiqu'embryonnaires, n'en sont pas moins int&#233;ressants. A Mory-Ducros, &#227; La Redoute ou encore chez Fagor-Brandt, la ligne collaborationniste des directions syndicales, notamment de la CFDT, s'est heurt&#233;e &#227; une remise en cause timide, mais bien r&#233;elle, de la base des travailleurs mobilis&#233;s. C'est d'ailleurs sur ces seuls points que pourrait surgir une contestation au sein du prochain Congr&#232;s c&#233;d&#233;tiste de Marseille. Ces remous &#224; la base que l'on a vus au cours des derni&#232;res bagarres sociales ne font pas le jeu, quoi que l'on en pense, des centrales syndicales concurrentes. Avec &#224; l'esprit les heurts dont les entreprises de l'agroalimentaire breton ont &#233;t&#233; le cadre au cours de l'automne dernier et compte tenu de la faiblesse historique des positionnements antibureaucratiques en France traditionnellement, ces quelques signaux expliquent la nervosit&#233; que l'on note &#233;galement &#224; la direction de la CGT, avec un retour de Thibaut dans un bureau jouxtant celui d'un Lepaon en mal de l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.4. Y a-t-il encore des luttes &#227; mener ? Crise des &#171; syndicats &#187; et crise des &#171; syndicalistes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des positionnements des directions syndicales depuis l'arriv&#233;e de Hollande au pouvoir ne vont pas sans g&#233;n&#233;rer des tensions aux &#233;chelons interm&#233;diaires des syndicats, au sein des f&#233;d&#233;rations et, surtout, au sein des &#233;quipes militantes d'entreprise, dans le priv&#233; comme dans le public. C'est, dans un sens, ce qu'est venue confirmer l'explosion sociale bretonne au cours de laquelle, tous syndicats confondus, les structures sous pression de la base se retrouvaient en porte-&#224;-faux avec leurs directions conf&#233;d&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a bien, d'une part, une crise de positionnement des directions syndicales, il existe, parall&#232;lement, une crise de l'orientation des &#233;quipes syndicales combatives qu'on peut retrouver aux &#233;chelons interm&#233;diaires ou de base, surtout, du mouvement syndical. Orphelins de toute organisation politique, souvent issus d'un PCF qui n'existe plus ou des r&#233;seaux militants d'extr&#234;me gauche, les &#233;quipes syndicales combatives et les militants syndicaux lutte-de-classe que l'on retrouve dans de nombreuses entreprises et dans l'ensemble du secteur public, g&#233;n&#233;ralement encart&#233;s &#227; Sud ou &#224; la CGT, connaissent aujourd'hui une crise d'orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pointe dans les bagarres lorsqu'elles &#233;clatent, se situant &#224; la gauche de directions beaucoup plus frileuses, ces secteurs combatifs refusent n&#233;anmoins g&#233;n&#233;ralement de s'engager dans une bataille antibureaucratique &#224; l'int&#233;rieur des organisations, plus encore lorsqu'ils sont anim&#233;s par l'extr&#234;me gauche politique. Tr&#232;s mobilis&#233;es d&#232;s que se pr&#233;sente l'occasion de combattre, ils subissent de plein fouet le reflux, m&#234;me lorsqu'il est conjoncturel. A la pointe des mobilisations mais refusant ou incapable de traduire politiquement le combat une fois qu'il a &#233;t&#233; men&#233;, ils se replient, entre un mouvement et l'autre, sur un militantisme local ou territorial (logement, RESF, environnement, etc.), succ&#233;dan&#233; d'orientation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise, telle qu'elle se traverse, est appel&#233;e &#227; se renforcer car si, pour les directions conf&#233;d&#233;rales, il y a de moins en moins de grain &#227; moudre alors qu'on leur demande de s'associer de plus en plus &#233;troitement aux contre-r&#233;formes, &#224; la base, il y a encore moins de marge de man&#339;uvre pour freiner les ajustements et les attaques. L'absence de solutions purement syndicales &#224; la situation &#224; laquelle nous faisons face se r&#233;percute plus encore au niveau des &#233;quipes de base. A ce niveau-l&#224; &#233;galement, l'extr&#234;me gauche est le plus souvent incapable de proposer une alternative alors que c'est l&#224; qu'il faudrait recruter, non pas en agissant par suivisme, mais en proposant une perspective politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.5. Rouleau-compresseur et contre-feux : pourquoi n'est-il rien rest&#233; des r&#233;sistances sociales et ouvri&#232;res de ces derni&#232;res ann&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partie en raison de la radicalit&#233; et de l'intensit&#233; des mobilisations, d&#233;bordant tendanciellement le cadre impos&#233; par les bureaucraties syndicales, &#233;galement en fonction de l'affaiblissement des structures syndicales traditionnelles voire la collaboration croissante de certaines avec l'agenda des contrer&#233;formes (cf. CFDT), chaque grand mouvement ou presque s'est accompagn&#233; de la mise en place de structures transversales de coordination, des formes d'auto-organisation souvent tr&#232;s &#233;l&#233;mentaires, parfois plus avanc&#233;es, o&#249; l'extr&#234;me gauche a souvent jou&#233; un r&#244;le non n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1995-2006 et 2010, Interpros, appel d'Arlette et NPA&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la phase 1995-2006/7, on songera, pour ne citer que quelques exemples, aux Interpro de La Fosse &#227; Rouen et celle du XX&#232;me &#227; Paris en 1995, &#224; l'appel des Lu en 2001 pour la coordination des luttes contre les licenciements, aux coordinations d'enseignants en 2003 ou encore aux coordinations &#233;tudiantes en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement ces mouvements et luttes dures n'ont d&#233;bouch&#233; sur aucune &#171; pr&#233;misse soixante-huitarde &#187; au sens de pouss&#233;e g&#233;n&#233;ralis&#233;e du mouvement ouvrier et populaire. Ils n'ont surtout rien laiss&#233; en h&#233;ritage en termes d'organisation, ni plus largement au sein des secteurs les plus combatifs du monde du travail, ni m&#234;me, de fa&#231;on plus r&#233;duite, dans ses secteurs d'avant-garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un niveau politique plus g&#233;n&#233;ral la gauche r&#233;formiste s'est syst&#233;matiquement attach&#233;e &#227; canaliser cette mont&#233;e de la contestation sur le terrain &#233;lectoral (en 1997, avec l'appui de la Gauche plurielle, en 2005, avec le vote &#171; non &#187; au TCE, etc.). La gauche radicale syndicale, elle, s'est efforc&#233;e de se construire en marge (et non contre) des bureaucraties (en se retirant de la CFDT et en construisant Sud notamment).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'extr&#234;me gauche politique elle ne s'est jamais fix&#233; comme objectif d'&#234;tre une alternative politique pour des segments cons&#233;quents du monde du travail (un horizon rendu compliqu&#233; en raison du poids des d&#233;faites du cycle 68-81, de la crise de subjectivit&#233; ouvri&#232;re et de la faiblesse r&#233;elle de cette m&#234;me extr&#234;me gauche), ni m&#234;me de s'atteler &#224; la t&#226;che, &#227; contre-courant, d'organiser et de structurer cette avant-garde de luttes &#227; partir des cadres dont elle s'&#233;tait dot&#233; en les p&#233;rennisant dans la mesure du possible et/ou en donnant &#227; cette m&#234;me avant-garde un cadre et un d&#233;bouch&#233; politiques. Les deux propositions politiques qui auraient pu aller en ce sens et ont pu voir le jour &#224; l'extr&#234;me gauche ont soit avort&#233;, dans le cas de l'appel d'Arlette Laguiller en 1995 &#227; constituer un Parti des Travailleurs, soit d&#233;bouch&#233; sur la constitution d'un parti anticapitaliste large incapable de catalyser politiquement la col&#232;re sociale et la radicalit&#233; du monde du travail qui avait pu s'exprimer &#227; partir de 1995 et dont les acteurs &#233;taient , politiquement, orphelins. Ce qui vaut, en ce qui concerne le manque d'audace et de perspectives politiques de l'extr&#234;me gauche pour la p&#233;riode allant de la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1990 &#224; la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 2000, vaudrait encore aujourd'hui, &#227; cela pr&#232;s que cette carence se fait actuellement de plus en plus criante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#233;sarticulation des possibilit&#233;s de coordination sous le hollandisme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;faite de l'automne 2010 que le gouvernement et la bourgeoisie n'ont pas r&#233;ussi &#227; capitaliser politiquement pour avancer qualitativement contre le monde du travail, les bagarres se sont effiloch&#233;es m&#234;me si certains p&#244;les ont continu&#233; &#227; agir en tant que caisses de r&#233;sonnance des contradictions sociales hexagonales par temps de crise, y compris au cours de la premi&#232;re ann&#233;e de pr&#233;sidence Hollande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si au cours du cycle ant&#233;rieur 1995-2006, les occasions de coordinations, c'est-&#224;-dire de combinaisons d'auto-organisation et de front unique pour faire avancer l'affrontement, ont &#233;t&#233; rat&#233;es, au cours de la s&#233;quence actuelle, le hollandisme, par le biais de ses relais syndicaux et politiques, a r&#233;ussi &#224; les d&#233;sarticuler au moment m&#234;me o&#249; ils pouvaient voir le jour. C'est un &#171; m&#233;rite &#187; &#227; faire figurer au compte de Hollande qui a su d&#233;samorcer des luttes qui auraient pu, alors, se transformer en v&#233;ritables bombes sociales, avec notamment Arcelor-Florange dans un premier temps, PSA-Aulnay par la suite et, pour finir, Goodyear-Amiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, en d&#233;pit du changement du contexte politique, certaines d&#233;monstrations on pu &#234;tre faites. On songera notamment au meeting de Sciences Po, en f&#233;vrier 2013, qui avait r&#233;ussi &#227; r&#233;unir &#227; une m&#234;me tribune des repr&#233;sentants de diff&#233;rents secteurs mobilis&#233;s ou en gr&#232;ve, &#227; commencer par Sanofi, Prestalis, PSA, Renault, Goodyear, Air France, Virgin et Licenci'elles. De ce point de vue, la responsabilit&#233; de l'extr&#234;me gauche, notamment, est centrale dans la mesure o&#249; elle aurait pu &#234;tre en capacit&#233; d'amalgamer, autour de telle ou telle lutte dont elle &#233;tait l'aile marchante, ou du moins de tracer la perspective d'une possible coordination, &#227; un moment o&#249; les conf&#233;d&#233;rations dans leur ensemble &#233;taient sur une ligne parfaitement suiviste vis-&#224;-vis de Hollande. C'&#233;tait notamment la question qui pouvait se poser, dans le cas de LO, autour de la bagarre de PSA-Aulnay et, dans une moindre mesure, autour du regroupement stalinien ami&#233;nois organis&#233; autour de Gremetz-Rilov-Wamen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, en d&#233;pit de la faiblesse extr&#234;me de l'Ex&#233;cutif, Hollande peut compter sur un atout majeur, en l'occurrence un attentisme relatif et une certaine aphasie sociale, apr&#232;s l'&#233;pisode de l'automne breton dont la jacquerie n'a pas essaim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.6. Quelles hypoth&#232;ses explosives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de cette situation conjoncturelle du point de vue de &#171; notre &#187; lutte des classes, il n'est &#233;crit nulle part qu'&#224; plus ou moins court terme la situation sociale pourrait se pr&#233;cipiter voire exploser. L'histoire de la lutte des classes hexagonale est, de ce point de vue, riche en enseignements. Sans pr&#233;juger des sc&#233;narios &#227; venir ni m&#234;me les calquer sur ceux du pass&#233;, on peut conclure n&#233;anmoins en en &#233;voquant un certain nombre, les deux derniers &#233;tant &#227; consid&#233;rer avec attention. Contrer une certaine vision d&#233;faitiste de la phase qui caract&#233;rise pour partie l'extr&#234;me gauche, c'est aussi veiller &#227; ce que l'arbre (de la conjoncture) ne nous cache pas la for&#234;t (de la p&#233;riode). La p&#233;riode, pr&#233;cis&#233;ment, que nous traversons, est appel&#233;e &#227; &#234;tre marqu&#233;e par des virages brusques. Ebaucher des sc&#233;narios, c'est une fa&#231;on de s'y pr&#233;parer si l'on n'entend pas simplement &#234;tre de simples commentateurs ou &#171; &#234;tre comme des poissons dans l'eau &#187;, comme s'&#233;tait satisfaite la direction du NPA au cours de l'automne 2010. Il s'agit, ce faisant, de donner &#224; la fois des perspectives, mais aussi d'armer politiquement et moralement celles et ceux qui entendent s'implanter dans le mouvement &#233;tudiant et surtout le mouvement ouvrier pour ne pas courir ce risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le r&#233;veil social se joue autour d'une attaque centralis&#233;e du gouvernement, sur le mod&#232;le de novembre-d&#233;cembre 1995 ou de l'automne 2010 est, &#224; l'heure actuelle, le sc&#233;nario le moins probable. La gauche essaye en effet par tous les moyens d'&#233;viter une mont&#233;e de la contestation face aux projets qu'elle tient encore sous le boisseau. Leur nombre et la mont&#233;e en puissance dans les attaques pourraient n&#233;anmoins susciter un ou plusieurs contre-feux puissants, plus ou moins g&#233;n&#233;ralis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite, corolaire de la crise, on ne peut pas exclure non plus l'apparition d'une dynamique semblable &#227; celle post-6 f&#233;vrier 1934. Devant l'attentisme de leurs directions, la base des organisations ouvri&#232;res, populaires et de jeunesse forcent leurs structures &#227; constituer un front unique face &#224; la pouss&#233;e des ligues fascistes. La situation hexagonale n'est pas encore semblable &#227; celle que vivent la Gr&#232;ce, avec Aube Dor&#233;e, ou la Hongrie, avec le Jobbik. On a pu voir, n&#233;anmoins, combien des cadres pouvaient bel et bien exister pour la r&#233;&#233;mergence de structures fascisantes, notamment avec les manifestations contre le mariage pour tous, catalysant &#224; la fois les secteurs les plus r&#233;actionnaires de la soci&#233;t&#233; et offrant un exutoire oppositionnel face au gouvernement. Ce qui a prim&#233;, jusqu'&#224; pr&#233;sent, c'est en revanche une relative apathie, &#227; gauche, face &#227; cette pouss&#233;e, laissant place &#227; de simples appels au &#171; front r&#233;publicain &#187; ou alors, de fa&#231;on plus radicale en apparence, &#227; une reprise des actions antifa, aujourd'hui largement minoritaires. Ces diff&#233;rentes options partagent n&#233;anmoins un m&#234;me d&#233;nominateur commun, celui de l'exclusion du monde du travail de l'opposition &#224; la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite, &#227; savoir ce qui a fait la force et les potentialit&#233;s de la pouss&#233;e des ann&#233;es 1930 en Europe occidentale et g&#233;n&#233;ral et en France en particulier, ouvrant la voie aux journ&#233;es de mai et juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important &#233;galement de garder &#224; l'esprit l'hypoth&#232;se d'une r&#233;action &#227; contretemps mais paradigmatique et qui essaimerait face &#227; une attaque ant&#233;rieure du patronat et du gouvernement. C'est ce qui se joue, actuellement, de l'autre c&#244;t&#233; des Pyr&#233;n&#233;es avec des mouvements d'usine contre la r&#233;forme du march&#233; du travail initi&#233;e par la gauche et sanctionn&#233;e par la droite du Parti Populaire en 2012. La gr&#232;ve de Panrico, en Catalogne, la gr&#232;ve la plus longue depuis les ann&#233;es de la &#171; Transition &#187;, atteste que, m&#234;me a posteriori, la classe ouvri&#232;re est capable de se remobiliser si, comme dans le cas de la mise en application de l'ANI par exemple, une d&#233;gradation abrupte des conditions de travail &#233;tait ressentie comme l'attaque de trop, pouvant par l&#224; r&#233;veiller des bataillons entiers du monde du travail. Si un tel mouvement prenait dans une grande concentration ouvri&#232;re fran&#231;aise, comme cela aurait pu (et pourrait encore) &#234;tre le cas &#227; Peugeot Mulhouse par exemple (qui a connu &#224; l'automne 2013 l'un des mouvements les plus durs depuis la &#171; gr&#232;ve des 1500 balles &#187; de septembre-octobre 1989 qui avait marqu&#233; le dernier &#171; automne chaud &#187; chez le constructeur fran&#231;ais), la donne sociale et politique en serait, bien entendu, radicalement transform&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe, surtout, deux autres sc&#233;narios &#233;ventuels qui pourraient prendre corps. De fa&#231;on plus circonscrite, on peut penser que l'explosion pourrait venir d'une r&#233;&#233;dition d'un combat type Joint-fran&#231;ais (gr&#232;ve briochine pour les salaires au printemps 1972) ou Longwy (bataille contre la fermeture des hauts-fourneaux en 1978-1980), &#227; savoir lorsqu'une bagarre ouvri&#232;re a priori localis&#233;e (ou, dans une hypoth&#232;se moins probable, un mouvement contre un &#171; grand projet inutile &#187; comme a pu l'&#234;tre le TAV dans le Val de Suse en Italie ou le Parc Gezi &#227; Istanbul) se transforme en une cause populaire, entra&#238;nant derri&#232;re lui l'ensemble des classes subalternes en un combat contre le patronat et le gouvernement (ce sch&#233;ma &#233;tant valable notamment dans le cas de la Lorraine &#224; la fin des ann&#233;es 1970). Sur le mode de la jacquerie antifiscale, sociale et r&#233;gionaliste, dans un tout autre contexte et avec une classe ouvri&#232;re subordonn&#233;e et non &#224; la t&#234;te du mouvement, on a pu voir les pr&#233;misses d'un tel sc&#233;nario explosif en Bretagne &#224; l'automne 2013, avec une mobilisation d'ensemble sortant des cadres traditionnels. C'est le sc&#233;nario qui inqui&#232;te le plus &#224; la fois le gouvernement et les directions syndicales, le premier parce qu'il sait le niveau d'impopularit&#233; de l'ex&#233;cutif, les secondes parce qu'elles ont vu combien, dans un contexte d'affaiblissement certain, le risque de d&#233;bordement &#233;tait r&#233;el &#224; l'instar de ce qui s'est pass&#233; en Bretagne C'est en ce sens que l'on s'explique les consignes donn&#233;es par Valls, avant de quitter Place Beauvau, de renforcer la surveillance en direction des ailes les plus radicalis&#233;es du &#171; mouvement social &#187; (qu'on a pu voir &#224; l'&#339;uvre, &#233;galement, autour de Notre-Dame-des-Landes), tandis que les condamnations qui commencent &#227; tomber &#224; l'encontre de plusieurs bonnets rouges pourraient bien pr&#233;figurer un raidissement ult&#233;rieur du gouvernement vis-&#224;-vis des secteurs en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le sc&#233;nario d'une jeunesse qui pourrait jouer le r&#244;le de caisse de r&#233;sonnance des contradictions sociales et serait l'&#233;l&#233;ment initiateur de la mobilisation. Ce sont les ingr&#233;dients qui ont pr&#233;sid&#233; &#224; la mont&#233;e de mai-juin 1968, sur fond de r&#233;forme de la S&#233;cu, d&#233;bordant par la suite largement la question des ordonnances du gouvernement Pompidou. C'est &#233;galement, &#227; un niveau bien moindre, le sc&#233;nario type CIP (1994) ou CPE (2006), la jeunesse drainant, par sa mobilisation, des secteurs croissants du monde du travail &#227; partir de son opposition &#227; une reconfiguration des rapports de travail sur laquelle les gouvernements successifs ont largement achopp&#233; depuis les ann&#233;es 1990. Derni&#232;rement, encore, quoiqu'&#224; un niveau moindre, la jeunesse lyc&#233;enne a montr&#233; sa capacit&#233; de contestation. Alors que la crise de confiance entre &#171; le peuple de gauche &#187;, les secteurs les plus traditionnels de l'&#233;lectorat socialiste, et le gouvernement, est extr&#234;mement profonde, &#227; un moment o&#249; la r&#233;forme des universit&#233;s (Loi Fioraso) patine et commence &#227; g&#233;n&#233;rer de s&#233;rieux remous, y compris dans le corps enseignant du sup&#233;rieur, alors que l'Education nationale reste dans la ligne de mire du gouvernement, c'est ce qui permet d'envisager une possible remont&#233;e des luttes autour ou par le biais de la jeunesse scolaris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.7. Face au patronat, au gouvernement, &#224; la droite et &#224; l'extr&#234;me droite, construire une extr&#234;me gauche trotskyste de combat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combattre la politique de Hollande et du patronat, &#227; commencer par le Pacte de responsabilit&#233;, sur les lieux de travail, sur les lieux d'&#233;tude, par la gr&#232;ve et dans la rue, implique de se donner les moyens d'&#339;uvrer &#224; la reprise de l'initiative et de la conflictualit&#233; de classe en ces temps o&#249; les demi-mesures ne sont pas au programme de la bourgeoisie et ne pourront pas l'&#234;tre, non plus, &#227; celui du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sistances que l'on a vu se d&#233;ployer au cours de la derni&#232;re p&#233;riode ont non seulement &#233;t&#233; des mouvements d&#233;fensifs, mais de surcro&#238;t r&#233;sign&#233;s. Ce qui a caract&#233;ris&#233; en effet la plupart des mouvements, &#224; l'exception de la lutte des Goodyear quasiment jusqu'&#224; la fin, c'est une r&#233;signation &#224; l'id&#233;e que les attaques passeront en derni&#232;re instance, mais qu'il est possible d'en amoindrir les co&#251;ts sociaux si l'on entre en action, si l'on r&#233;siste. Il serait donc possible d'amoindrir l'impact de l'offensive en organisant des r&#233;sistances dont le but serait soit de r&#233;duire le nombre de licenciements voire de n&#233;gocier &#224; la hausse les primes extra-l&#233;gales de d&#233;part (ou encore en limant, &#224; la marge, les mesures aust&#233;ritaires, dans le cas du secteur public), soit (et c'est une &#233;volution au regard des mouvements contre les licenciements de 2009-2010) de trouver ou d'exiger un repreneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut, c'est que ces r&#233;sistances d&#233;bouchent sur des victoires m&#234;me tr&#232;s partielles, sortant de cette logique d'amoindrissement des co&#251;ts/coups. En ce sens les r&#233;volutionnaires, en lien &#233;troit avec les &#233;quipes militantes qui ne se situent pas sur le terrain de collaboration plus ou moins obs&#233;quieuse des conf&#233;d&#233;rations, ont tout leur r&#244;le &#227; jouer en se proposant et en proposant des alternatives programmatiques &#227; ces luttes de r&#233;sistance. Cela r&#233;clame un autre &#233;tat d'esprit, d'autres modalit&#233;s d'action et un programme radicalement distinct de celui de cogestion &#171; radicale &#187; des licenciements (ou de l'aust&#233;rit&#233; dans le public), un programme politique qui pallie &#233;galement les d&#233;ficiences du syndicalisme combatif. Cela exige, en derni&#232;re instance, la constitution d'un instrument d'intervention, politique et syndical, d'une gauche r&#233;volutionnaire qui serait consciente et lucide &#224; la fois de la difficult&#233; de la situation mais convaincue &#233;galement de ses potentialit&#233;s, de la n&#233;cessaire (et possible) coordination des bagarres (&#224; la diff&#233;rence de ce qu'il s'est pass&#233; au premier semestre 2013), par en bas, sans h&#233;siter &#227; interpeller et &#227; exiger des directions syndicales de prendre leurs responsabilit&#233;s. C'est ce qui permettrait d'op&#233;rer des d&#233;monstrations qu'il est possible de commencer &#227; inverser la tendance des attaques ou du moins d'en stopper net certaines. Ce serait autant de points de convergence qui faciliteraient les rapprochements n&#233;cessaires pour concr&#233;tiser jusqu'au bout ce qu'exigent les manifestant-e-s et gr&#233;vistes depuis 1995, &#171; tous ensemble &#187;, &#227; savoir tou-te-s ensemble pour construire la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, il faudrait que l'extr&#234;me gauche investisse r&#233;ellement l'espace social du prol&#233;tariat, non pas tel qu'il serait (id&#233;alement), h&#233;rit&#233; des structures PCF-CGT, mais dans sa globalit&#233;. Se contenter d'occuper politiquement un espace id&#233;ologique, politique ou syndical, laiss&#233; vacant par le PS et, surtout, par le PCF et la CGT, peut porter ses fruits (un temps) sur le plan &#233;lectoral ou &#227; diff&#233;rents &#233;chelons syndicaux. Cela s'av&#232;re en revanche insuffisant pour se construire comme une v&#233;ritable alternative de classe face aux blocs sociaux traditionnels sous-tendant l'UMPS et, surtout, la progression du FN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut que l'extr&#234;me gauche r&#233;volutionnaire soit un instrument r&#233;el pour aider &#227; mettre en place une contre-offensive du monde du travail, il faudrait d&#233;fendre une logique de construction disputant au FN l'espace qu'il tente de gagner au sein des classes subalternes en g&#233;n&#233;ral et du monde du travail en particulier. Devant un tel d&#233;fi l'extr&#234;me gauche hexagonale a trop peu le souci de sortir de la binarit&#233; consistant &#227; &#234;tre une extr&#234;me gauche des couches sup&#233;rieures des salari&#233;s du public ou id&#233;ologique (NPA) ou alors conservatrice dans son approche politique du monde du travail dont seraient exclus les secteurs les plus subalternes et les moins traditionnellement &#171; hexagonaux &#187; et &#171; int&#233;gr&#233;s &#187; &#227; ses appareils politico-syndicaux traditionnels (LO). A titre d'exemple, dans son document de 43&#232;me Congr&#232;s de d&#233;cembre 2013, LO prend &#171; le contre-pied &#187; du NPA, accus&#233; d'&#234;tre &#224; la remorque du PG et de M&#233;lenchon. LO prend la crise du FdG par l'autre bout de la lorgnette, mais de fa&#231;on tout aussi opportuniste, n'ayant d'yeux que pour le PC et sa crise. &#171; Il faut, dit LO, en profiter pour discuter avec [les militants du PC] partout o&#249; faire se peut. (&#8230;) Il faut profiter de cette situation pour discuter de l'&#233;volution du PC, du comment et du pourquoi de son d&#233;clin continu. (&#8230;) Il faut toucher ceux issus du PC pour qui le mot &#171; communisme &#187; a encore sinon vraiment un sens, au moins une certaine r&#233;sonance. Ceux-l&#224; sont certainement une petite minorit&#233; mais, lorsque ce sont des militants ouvriers, ils comptent pour l'avenir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de construction ouvri&#232;re &#227; d&#233;fendre pour une extr&#234;me gauche trotskyste de combat est aussi distante de &#171; l'&#224;-peu-pr&#233;s &#187; pratiqu&#233; g&#233;n&#233;ralement par le NPA ou le sch&#233;matisme conservateur de LO. Il faudrait la corr&#233;ler &#227; une politique ne consistant ni &#227; gauchir la politique du gouvernement (comme le voudrait le PCF), ni &#227; changer de majorit&#233; (comme le souhaiterait, de fa&#231;on tout aussi illusoire, le PG), ou encore &#227; &#234;tre &#171; opposition de gauche &#187; (derri&#232;re M&#233;lenchon, par la force des choses), ou &#227; &#234;tre de fa&#231;on incantatoire &#171; le parti qui d&#233;fend le drapeau du communisme &#187;, comme LO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'analyse de la situation, LO recouvre celle de la majorit&#233; du NPA, &#227; moins que ce ne soit la majorit&#233; du NPA qui ait repris &#227; son compte le pessimisme strat&#233;gique de LO. Dans une situation, souligne le texte du dernier Congr&#232;s de LO, de &#171; perte de rep&#232;res politiques [et] d'une profonde d&#233;sorientation [le] poids militant [de LO] est bien trop faible pour contrebalancer cette d&#233;sorientation &#224; l'&#233;chelle o&#249; il le faudrait, et &#227; plus forte raison pour surmonter ses causes profondes &#187;. En pleine mont&#233;e ouvri&#232;re et populaire 34-36, Trotsky soulignait dans Encore une fois, o&#249; va la France, achev&#233; en mars 1935, que &#171; le rapport politique des forces est d&#233;termin&#233; non pas seulement par des donn&#233;es objectives (r&#244;le dans la production, nombre, etc.), mais subjectives ; la conscience de sa force est le plus important &#233;l&#233;ment de force r&#233;elle &#187;. Ce n'est pas dans les cordes de l'extr&#234;me gauche aujourd'hui que de changer le rapport de force, bien entendu. Son orientation, en revanche, serait en capacit&#233; de transformer le moral, si ce n'est de l'ensemble des secteurs les plus avanc&#233;s du salariat, d'au moins une fraction significative d'entre eux. Ce r&#244;le de pr&#233;paration est central, dans la constitution du rapport de force. A l'extr&#234;me oppos&#233; de cela, LO et d'autres transforment leur vision n&#233;gative du rapport de force en une sorte de situation absolue qui conduit &#227; un cercle compl&#232;tement vicieux : leur passivit&#233; conduit &#224; l'incapacit&#233; d'intervenir politiquement et syndicalement au-del&#224; de simples activit&#233;s routini&#232;res, et cette incapacit&#233; nourrit en retour leur passivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;voqu&#233; quelques &#171; hypoth&#232;ses explosives &#187; qui ne sont pas &#227; exclure pour la p&#233;riode &#227; venir, dans la mesure o&#249; l'on en lit parfois le script en filigranes dans certaines mobilisations r&#233;centes. Avec la crise politique que traverse le Front de Gauche et la crise latente des directions syndicales mais aussi des pratiques syndicales les plus combatives, c'est ce qui indique, si l'on tient compte de la situation actuelle, que les conditions sont r&#233;unies, potentiellement, pour la contre-offensive. La condition, bien entendu, serait que l'extr&#234;me gauche se donne les moyens de sa politique et des objectifs qu'elle entend d&#233;fendre, et non la politique (routini&#232;re) de ses moyens (actuels), largement &#233;lectoralisants et para-syndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combattre r&#233;ellement, il faut des combattants : &#224; la fois des soldats aguerris, mais aussi des nouvelles recrues, &#233;paul&#233;es par des divisions de r&#233;serve, peut-&#234;tre pas &#227; m&#234;me de se lancer imm&#233;diatement dans la bataille mais capables, au moins, de fournir aux premi&#232;res lignes le soutien n&#233;cessaire pour encaisser les chocs initiaux. Une extr&#234;me gauche trotskyste de combat, donc, li&#233;e aux secteurs les plus avanc&#233;s du monde du travail dans toute sa diversit&#233;, capable de s'engouffrer dans toutes les br&#232;ches qu'offrira la p&#233;riode &#227; venir, de battre en br&#232;che sur le terrain des luttes tous ceux qui sont un obstacle &#224; leur extension et &#224; leur coordination et d&#233;fendant, politiquement et pratiquement, dans les bagarres et par l'auto-organisation, une alternative politique claire de pouvoir des travailleurs. Voil&#224; la perspective &#227; construire aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10/05/14&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous renvoyons au premier document de la Conf&#233;rence du CCR, &#171; Vers une nouvelle &#233;tape du mouvement ouvrier en France &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On songera, par exemple, aux &#171; innovations &#187; op&#233;r&#233;es, dans ce domaine, par le gouvernement Balladur de 1993-1995, dont le poulain est, &#224; l'&#233;poque, Nicolas Sarkozy. Balladur avance tr&#232;s lourdement d&#232;s sa prise de fonction sur deux dossiers essentiels : d'une part, celui des privatisations, d'autant plus symboliques qu'elle s'attaquent notamment au secteur nationalis&#233; sous De Gaulle en 1945, mais aussi et surtout, d'autre part, celui du march&#233; du travail et de la s&#233;curit&#233; sociale au sens large du terme. L'&#233;t&#233; 1993 co&#239;ncide ainsi avec la premi&#232;re r&#233;forme des retraites. C'est cependant sur ce m&#234;me front du march&#233; du travail que Balladur va tr&#233;bucher, avec la contestation par la jeunesse et les syndicats du CIP (Contrat d'Insertion Professionnelle ou &#171; Smic jeune &#187; de Michel Giraud) en f&#233;vrier-mars 1994. C'est ce qui laisse &#227; droite le champ libre &#224; la victoire de Jacques Chirac en 1995 mais pr&#233;annonce la mobilisation de novembre-d&#233;cembre 1995, lorsqu'Alain Jupp&#233;, alors Premier-ministre, entend reprendre sur le m&#233;tier l'ouvrage laiss&#233; &#227; demi-d&#233;tricot&#233; par Balladur. A leur fa&#231;on, le gouvernement de Gauche plurielle (1997-2002) puis ceux de Raffarin (2002-2005) et Villepin (2005-2007) continueront &#227; ferrailler et r&#233;ussiront certaines avanc&#233;es, sans pour autant r&#233;ussir &#227; porter de coup d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On se pourra se r&#233;f&#233;rer tout particuli&#232;rement &#227; J. Chingo, &#171; Le&#231;ons politiques et strat&#233;giques de l'automne fran&#231;ais &#187;, d&#233;c. 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur cette question &#171; gr&#232;ve/blocage &#187;, on se r&#233;f&#233;rera &#227; &#171; Gr&#232;ve ou blocage ? : une confusion &#227; &#233;viter sur la &#171; circulation' &#187; dans le premier document de la Conf&#233;rence de mai, &#171; Vers une nouvelle &#233;tape du mouvement ouvrier en France &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On notera, de ce point de vue, que le fascisme de masse en tant que tel, en tant que force de frappe contre le mouvement ouvrier, n'appara&#238;t pas tant en France avant ou &#227; cheval de l'ann&#233;e 1934, c'est-&#224;-dire sous la forme des Ligues, mais bien &#224; la suite de la vague d'occupations de mai-juin 1936, lorsque la bourgeoisie commence &#227; soutenir fermement &#224; la fois Jacques Doriot et le PPF dans les villes ainsi que, dans une moindre mesure, les Chemises vertes, dans les campagnes. Cet appui se r&#233;duit apr&#232;s la d&#233;b&#226;cle du Front Populaire, qui a r&#233;ussi dans sa t&#226;che d'endiguer la pouss&#233;e ouvri&#232;re et populaire, et refait surface apr&#232;s 1940, pour donner plus d'assises au p&#233;tainisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le texte, actualis&#233; dans ses conclusions, est par la suite publi&#233; en deux tomes en 1963 par Masp&#233;ro sous le titre Sur le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Septi&#232;me semaine d'une gr&#232;ve exemplaire chez Panrico &#227; Barcelone</title>
		<link>https://estrategiainternacional.org/Septieme-semaine-d-une-greve-exemplaire-chez-Panrico-a-Barcelone</link>
		<guid isPermaLink="true">https://estrategiainternacional.org/Septieme-semaine-d-une-greve-exemplaire-chez-Panrico-a-Barcelone</guid>
		<dc:date>2013-11-28T18:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ciro Tappeste</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Movimiento Obrero</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Crisis en el Estado espa&#241;ol</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>
		<dc:subject>Estado espa&#241;ol</dc:subject>
		<dc:subject>Trabajadores de Panrico en lucha</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'agenda social et politique espagnol n'a pas seulement &#233;t&#233; marqu&#233; derni&#232;rement par les treize jours de gr&#232;ve totale des travailleurs du nettoiement et des espaces verts de Madrid. Face &#224; la d&#233;termination des gr&#233;vistes, Ana Botella et la majorit&#233; municipale du Parti Populaire (droite) a d'ailleurs d&#251; op&#233;rer un recul partiel dans son plan de r&#233;duction des effectifs et des salaires. Moins m&#233;diatique mais &#233;galement tr&#232;s dure, il y a aussi la lutte des ouvriers Panrico de Santa Perp&#232;tua de Mogoda, pr&#233;s de Barcelone, qui entre dans sa septi&#232;me semaine.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Articulos-en-frances" rel="directory"&gt;Articulos en franc&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Europa" rel="tag"&gt;Europa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Movimiento-Obrero" rel="tag"&gt;Movimiento Obrero&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Tapa-Central" rel="tag"&gt;Actualidad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Analisis" rel="tag"&gt;An&#225;lisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Crisis-en-el-Estado-espanol" rel="tag"&gt;Crisis en el Estado espa&#241;ol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Corriente-Comunista-Revolucionaria-Plataforma-Z-del-NPA-136" rel="tag"&gt; CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Estado-espanol-183" rel="tag"&gt;Estado espa&#241;ol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Trabajadores-de-Panrico-en-lucha" rel="tag"&gt;Trabajadores de Panrico en lucha&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton7294-16f62.jpg?1694585643' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'agenda social et politique espagnol n'a pas seulement &#233;t&#233; marqu&#233; derni&#232;rement par les treize jours de gr&#232;ve totale des travailleurs du nettoiement et des espaces verts de Madrid. Face &#224; la d&#233;termination des gr&#233;vistes, Ana Botella et la majorit&#233; municipale du Parti Populaire (droite) a d'ailleurs d&#251; op&#233;rer un recul partiel dans son plan de r&#233;duction des effectifs et des salaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un premier bilan de la gr&#232;ve, voir notamment l'article de D. Lotito, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Moins m&#233;diatique mais &#233;galement tr&#232;s dure, il y a aussi la lutte des ouvriers Panrico de Santa Perp&#232;tua de Mogoda, pr&#233;s de Barcelone, qui entre dans sa septi&#232;me semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; la crise : compression des effectifs et des salaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe Panrico-Donuts, l'un des leaders espagnols de la boulangerie industrielle, a annonc&#233; le 24 septembre dernier un projet de restructuration du personnel. Avec 1914 licenciements, soit pr&#233;s de la moiti&#233; de l'effectif total employ&#233; sur ses six usines de l'Etat espagnol, le plan s'accompagnait de r&#233;ductions salariales de 35 &#227; 45% pour ceux ayant &#171; la chance &#187; de rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps l'UGT et Commissions Ouvri&#232;res (CCOO), les deux principaux syndicats au niveau national, ont fait mine de donner de la voix et ont menac&#233; d'appeler &#227; une gr&#232;ve sur l'ensemble des sites du groupe. Le 10 octobre, ils ont finalement baiss&#233; la garde et accept&#233; de n&#233;gocier le plan social lorsque l'entreprise a annonc&#233; qu'elle aurait bien fini bien par&#8230; payer en trois tranches les salaires du mois de septembre qui n'avaient pas &#233;t&#233; vers&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gr&#232;ve sur le site catalan de Santa Perp&#232;tua&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation et l'&#233;motion a gagn&#233; toutes les usines du groupe mais c'est seulement &#227; Santa Perp&#232;tua que les 250 travailleurs du site ont d&#233;cid&#233; d'entrer en gr&#232;ve avec pour objectif &#171; z&#233;ro licenciement, z&#233;ro r&#233;duction &#187;. Tout au long de la semaine du lundi 14 octobre, les piquets de gr&#232;ve ont r&#233;sist&#233; aux assauts de la police catalane, les Mossos d'esquadra. L'enjeu &#233;tait d'emp&#234;cher le passage des jaunes et que l'entreprise ne r&#233;ussisse &#227; d&#233;m&#233;nager les ordinateurs de son service administratif central situ&#233; dans l'enceinte de l'usine ainsi qu'une partie du stock rest&#233; &#224; l'int&#233;rieur. Si cinq semi-remorques ont r&#233;ussi &#227; forcer le passage le vendredi 18, aucun jaune n'est entr&#233; depuis &#224; l'int&#233;rieur et la production est au point mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'UGT accepte de n&#233;gocier les licenciements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des Panrico de Santa Perp&#232;tua se trouve aujourd'hui &#227; un tournant. Apr&#232;s &#171; n&#233;gociation &#187;, l'UGT a fini en d&#233;but de semaine par signer un pr&#233;-accord pr&#233;voyant 745 licenciements et des baisses de salaire &#233;tal&#233;es sur 2013 et 2014, avec une premi&#232;re baisse de 18% suivie d'une seconde de 15%. Les repr&#233;sentants CCOO des autres usines qui font partie de la Commission de N&#233;gociation du plan social n'ont certes pas sign&#233; ce pr&#233;-accord mais ils ne font rien non plus pour aller dans le sens d'une gr&#232;ve sur l'ensemble du groupe et encore moins pour soutenir les salari&#233;s du site de Santa Perp&#232;tua. En sous-main, l'id&#233;e que certains font circuler sur les sites de Paracuellos de Jarama pr&#233;s de Madrid, de Saragosse, de Murcie, de Valladolid ou de Puente Genil, pr&#233;s de Cordoue, c'est &#171; si on ne bouge pas, le plan social ne va pas toucher notre usine &#187; ou encore &#171; &#227; Santa Perp&#232;tua, ils sont en gr&#232;ve, et on menace de supprimer 193 emplois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Organiser la solidarit&#233; pour &#233;tendre la lutte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscients du risque d'isolement, les gr&#233;vistes ont multipli&#233; les manifestations. Ilsse sont mobilis&#233;s bien entendu avec la population, &#227; Santa Perp&#232;tua. Ils se sont &#233;galement rendus Place Sant Jaume, devant le Palais de la G&#233;n&#233;ralit&#233; de Catalogne, &#227; Barcelone, d'autant plus que le fr&#232;re d'Artur Mas, le pr&#233;sident de la r&#233;gion autonome, n'est autre qu'un des hauts-dirigeants de Panrico. Les gr&#233;vistes ont aussi cherch&#233; &#227; tisser des liens avec les autres boites en lutte de la r&#233;gion comme Alstom, Johnson Control ou encore les cheminots de Renfe. Certaines sections syndicales CCOO de chez Nissan, Seat, des traminots de Barcelone ou de la zone portuaire se sont mobilis&#233;es &#224; leurs c&#244;t&#233;s. Les gr&#233;vistes se sont rendus sur certains des sites Panrico o&#249; la bureaucratie syndicale fait tout pour que la gr&#232;ve ne parte pas, et ce d'autant plus que sur deux usines d&#233;j&#224; les travailleurs ont vot&#233; &#171; non &#187; &#224; l'accord propos&#233; en d&#233;but de semaine. Les gr&#233;vistes de Santa Perp&#232;tua se sont &#233;galement rendus dans les facs, &#224; l'invitation d'&#233;tudiants et de militants, pour faire le point sur le conflit, et constituer une caisse de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant d'&#233;l&#233;ments qui font dire &#227; nos camarades de Clase contra Clase, de l'Etat espagnol, partie-prenants du mouvement de solidarit&#233; avec les Panrico depuis le d&#233;but de la gr&#232;ve, que leur combat ne montre pas seulement que c'est possible de lutter, y compris malgr&#233; la pression du ch&#244;mage, dans un pays o&#249; six millions de travailleurs ont perdu leur emploi, mais qu'il est &#233;galement possible de penser &#227; une victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La lutte de Panrico a d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233; quelque chose : qu'il &#233;tait possible de lutter, de s'organiser par en bas, de contr&#244;ler les d&#233;cisions de la section syndicale d'entreprise [Comit&#233; de Empresa] &#227; partir des AG. Nous entrons maintenant dans une nouvelle phase et il est possible de d&#233;montrer que gagner, c'est possible, &#224; la fois sur les conditions de travail et par rapport aux emplois ! Mais pour ce faire, il n'est plus possible de continuer &#227; suivre l'orientation passive que maintient CCOO dans les autres usines du groupe, ni m&#234;me de courir le risque que la gr&#232;ve &#227; Santa Perp&#232;tua ne s'enlise si aucune initiative puissante n'est prise pour la renforcer. Les membres de la section syndicale d'entreprise et du Comit&#233; de gr&#232;ve doivent prendre en charge ce changement d'orientation. S'ils n'en sont pas convaincu et que les gr&#233;vistes, eux, le seraient, et bien que la section syndicale d'entreprise et l'actuel Comit&#233; de gr&#232;ve fassent un pas de c&#244;t&#233; et qu'ils laissent l'AG voter sur une nouvelle orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement il est possible de continuer la gr&#232;ve, mais si la lutte se poursuit les travailleurs de Panrico pourront y compris lutter contre l'ensemble des licenciements. Et si le patronat est d&#233;termin&#233; &#227; fermer l'usine, alors ils pourront &#233;galement r&#233;pondre comme l'ont fait d'autres travailleurs, &#227; d'autres endroits, dans des situations semblables : occuper le site, continuer &#227; produire sous leur propre gestion et exiger de l'Etat (qui a g&#233;n&#233;reusement subventionn&#233; Panrico au cours de toutes ces ann&#233;es) d'exproprier le groupe et de le nationaliser sous le contr&#244;le des travailleurs (&#8230;) &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; &#191; Puede continuar la huelga ? &#191; Se puede ganar ? &#161; S&#237;, se puede ! &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un conflit qui pourrait en cacher d'autres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes ont d&#251; faire face &#227; toute sorte de man&#339;uvres. Certains, y compris dans le syndicat, ont ainsi laiss&#233; croire que la direction de Panrico avait raison de dire que la gr&#232;ve reconductible pendant autant de semaines &#233;tait ill&#233;gale. Il n'en est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moral des travailleurs en lutte de Santa Perp&#232;tua tient le coup. Certains ont plus de trente ann&#233;es de bo&#238;te et sont proches de la retraite, mais cela ne les emp&#234;che pas de se battre pour &#171; z&#233;ro licenciement, z&#233;ro r&#233;duction de salaire &#187;, et ce malgr&#233; la logique de n&#233;gociations des conditions de d&#233;part et des licenciements qui a &#233;t&#233; celle impos&#233;e par la bureaucratie syndicale tout au long de ces ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc bien d'une gr&#232;ve hors du commun, notamment apr&#232;s que la bureaucratie de l'UGT a appos&#233; sa signature en bas de l'accord-bidon. Comme les travailleurs du nettoiement et des espaces verts de Madrid et encore avant eux ceux de Saragosse, les gr&#233;vistes de Panrico de Santa Perp&#232;tua sont le sympt&#244;me d'un possible retour de la combativit&#233; ouvri&#232;re appel&#233;e &#227; r&#233;sister face au rouleau compresseur de la R&#233;forme du Code du Travail [&#171; Reforma Laboral] adopt&#233;e par la droite en 2012 et qui aggrave celle qui avait &#233;t&#233; vot&#233;e sous le gouvernement des socialistes en 2010. En cela, la gr&#232;ve des Panrico de Santa Perp&#232;tua repr&#233;sente peut-&#234;tre le d&#233;but d'un renversement de la situation sociale dans l'Etat espagnol.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un premier bilan de la gr&#232;ve, voir notamment l'article de D. Lotito, &#171; Apuntes inconformistas sobre una gran lucha obrera &#187;, 24/11/13 &lt;a href=&#034;http://clasecontraclase.org/Apuntes-inconformistas-sobre-una-gran-lucha-obrera&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://clasecontraclase.org/Apuntes-inconformistas-sobre-una-gran-lucha-obrera&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; &#191; Puede continuar la huelga ? &#191; Se puede ganar ? &#161; S&#237;, se puede ! &#187;, 18/11/13 &lt;a href=&#034;http://clasecontraclase.org/Puede-continuar-la-huelga-Se-puede-ganar-SI-SE-PUEDE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://clasecontraclase.org/Puede-continuar-la-huelga-Se-puede-ganar-SI-SE-PUEDE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Incertitudes et crise politique en Italie apr&#232;s les &#233;lections</title>
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		<dc:date>2013-03-03T23:13:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA , Ciro Tappeste</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
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		<dc:subject>Italia</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Avec le scrutin des 24 et 25 f&#233;vrier le grand patronat italien, Confindustria, et les partenaires europ&#233;ens de Rome esp&#233;raient voir arriver au pouvoir un gouvernement stable, assurant la continuit&#233; des politiques d'aust&#233;rit&#233; mises en &#339;uvre par Mario Monti, &#171; le Professore &#187;, au cours de ces quinze derniers mois.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Europa" rel="tag"&gt;Europa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Politica" rel="tag"&gt;Pol&#237;tica&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Italia-197" rel="tag"&gt;Italia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Ciro Tappeste&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le scrutin des 24 et 25 f&#233;vrier le grand patronat italien, Confindustria, et les partenaires europ&#233;ens de Rome esp&#233;raient voir arriver au pouvoir un gouvernement stable, assurant la continuit&#233; des politiques d'aust&#233;rit&#233; mises en &#339;uvre par Mario Monti, &#171; le Professore &#187;, au cours de ces quinze derniers mois. Ce n'est pas un hasard si, au moment de la publication des premiers sondages sortie des urnes favorables au centre-gauche, lundi &#227; 15h, &#224; la cl&#244;ture des bureaux de vote, Piazza Affari, la Bourse de Milan, faisait un bond de 4% : le Parti D&#233;mocrate (PD) de Pierluigi Bersani &#233;tait donn&#233; gagnant et semblait en mesure de constituer une majorit&#233; et &#224; la Chambre et au S&#233;nat pour gouverner. L'un des principaux porte-paroles d&#233;mocrates, Enrico Letta, se disait confiant et pr&#234;t &#227; ouvrir une nouvelle p&#233;riode dans la politique italienne, &#171; la III R&#233;publique &#187;.Mais c'est tout le contraire au final qui est arriv&#233;. Le pays est plong&#233; dans une crise politique inextricable, au plus grand d&#233;sespoir du patronat et de Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout semblait en effet aller dans le sens de la constitution d'un gouvernement domin&#233; par le Parti D&#233;mocrate , avec ou sans l'appui de la coalition d&#233;mocrate-chr&#233;tienne men&#233;e par Mario Monti au cas o&#249; il aurait manqu&#233; quelques si&#232;ges &#227; Bersani au S&#233;nat. Mais ce ne sont pas quelques si&#232;ges qui manquent au PD &#224; la chambre haute o&#249;, selon la Constitution italienne, il faut avoir une majorit&#233; de s&#233;nateurs pour pouvoir constituer un gouvernement. Le PD est loin des 158 si&#232;ges n&#233;cessaires puisqu'il n'en a que 123 contre 117 pour la coalition du Peuple de la Libert&#233; (PDL) de Silvio Berlusconi. Les 19 s&#233;nateurs centristes de Monti ne peuvent faire pencher la balance ni dans un sens, ni dans un autre et c'est le groupe des 54 s&#233;nateurs r&#233;pondant &#227; Beppe Grillo, l'humoriste qui s'est lanc&#233; en politique avec son Mouvement Cinq Etoiles (M5S), qui a les clefs de la situation. Cependant, le mouvement populiste de Grillo, quoique plut&#244;t anti-Berlusconi mais surtout contre tous les partis traditionnels, n'a aucune intention de passer d'accord avec qui que ce soit. C'est en ce sens que l'on peut dire, en reprenant la une du 26 f&#233;vrier du quotidien du PD, Europa, que &#171; Bersani a gagn&#233; mais n'a pas de majorit&#233;, Silvio [Berlusconi] sauve sa peau et Grillo mange tout le monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On savait la troisi&#232;me puissance de la zone euro en r&#233;cession depuis fin 2011, faisant face, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, &#227; de graves probl&#232;mes structurels que la crise &#233;conomique internationale n'ont fait qu'approfondir. Aujourd'hui, il faut rajouter &#227; cela une crise politique de premi&#232;re importance puisque le pays s'av&#232;re, dans l'&#233;tat actuel des choses et des tractations entre partis, parfaitement ingouvernable. Alors certes il ne s'agit que de l'&#233;ni&#232;me &#233;pisode r&#233;v&#233;lant la crise de r&#233;gime latente auquel doit faire face la bourgeoisie italienne depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990 ; une crise de r&#233;gime que la &#171; Seconde R&#233;publique &#187; -syst&#232;me plus ou moins bipartite instaur&#233; de facto apr&#232;s l'Op&#233;ration Mani Pulite (&#171; Mains Propres &#187;)- n'a pas permis de r&#233;gler. Il s'agit n&#233;anmoins d'une crise d'autant plus grave pour la bourgeoisie qu'elle advient dans un contexte &#233;conomique europ&#233;en tr&#232;s particulier, avec un affaiblissement de l'Ex&#233;cutif espagnol d'un c&#244;t&#233; -avec les scandales visant Mariano Rajoy et le Parti Populaire espagnol-, et une mont&#233;e des forces politiques anti-Bruxelles, de droite comme &#171; de gauche &#187;, &#227; &#233;chelles continentale. C'est en ce sens que, pour la bourgeoisie, &#171; les &#233;lections italiennes ont donn&#233; le pire r&#233;sultat possible &#187; comme le souligne le Wall Street Journal ou encore, pour reprendre la une du Financial Times du lendemain du scrutin, &#171; l'Italie fait un saut dans le vide &#187;. Wolfang Sch&#228;uble, ministre allemand de l'Economie, a quant &#224; lui press&#233; &#171; ceux qui ont &#233;t&#233; &#233;lu de former au plus vite un gouvernement pour lever les incertitudes (...) comme celles qui ont &#233;t&#233; ressenties &#224; la suite des &#233;lections grecques de 2012 [car] la crise de l'euro n'est pas finie &#187;. Le panorama qui s'ouvre est donc particuli&#232;rement complexe, tant pour le patronat italien que pour les bourgeoisies europ&#233;ennes, mais &#233;galement pour celles et ceux qui, en Italie, refusent de payer la facture de la crise et seront appeler &#227; construire la riposte ouvri&#232;re et populaire n&#233;cessaire pour renvoyer patronat et politiciens &#171; a casa &#187;, non pas &#227; travers les urnes, mais dans les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Parti D&#233;mocrate et Monti, enfants ch&#233;ris de la bourgeoisie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PD, &#224; la t&#234;te d'une coalition int&#233;grant notamment sur sa gauche SEL (Gauche, Ecologie et Libert&#233;), du gouverneur des Pouilles Nichi Vendola, &#233;tait donn&#233; favori des sondages et avait re&#231;u l'appui indirect des secteurs les plus concentr&#233;s du capital italien, en plus de l'aval des capitales europ&#233;ennes et de l'Eglise. Tous craignaient effectivement, plus que tout, un retour de Berlusconi et de sa coalition aux affaires, &#224; la fois pour l'exp&#233;rience d&#233;sastreuse de 2008-2011, mais &#233;galement en raison de l'incapacit&#233; du centre-droit italien &#227; mener les r&#233;formes de structures n&#233;cessaires au grand patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centre-gauche avait en effet &#233;t&#233; un soutien ind&#233;fectible &#227; Monti tout au long de sa pr&#233;sidence &#224; la t&#234;te d'un gouvernement de &#171; techniciens &#187;. Au cr&#233;dit de Monti, il y avait la &#171; confiance r&#233;tablie des march&#233;s &#187; (concernant notamment les possibilit&#233;s de financement de la dette publique italienne &#227; des taux moins exorbitants que sous Berlusconi) gr&#226;ce &#224; la mise en &#339;uvre d'une politique aust&#233;ritaire extr&#234;mement brutale faite de coupes sombres, d'augmentation de la pression fiscale sur les m&#233;nages et de hausses des taxes ainsi que d'attaques contre le monde du travail, pouvant compter sur la passivit&#233; complice des trois principales conf&#233;d&#233;rations syndicales (CGIL, CISL et UIL). C'est ainsi, pour ce dernier volet notamment, que sont pass&#233;es sans coup f&#233;rir non seulement une &#233;ni&#232;me r&#233;forme des retraites mais &#233;galement la r&#233;forme partielle de l'article 18 du Statut des Travailleurs, facilitant les licenciements [1] . Bersani ainsi que ses alli&#233;s s'&#233;taient engag&#233; &#227; respecter l'ensemble des engagements budg&#233;taires et politiques pris par Monti, sans revenir sur aucune de ses contre-r&#233;formes. Autant dire que le centre-gauche s'engageait &#227; inscrire son action gouvernementale dans la parfaite continuit&#233; des politiques men&#233;es jusqu'&#224; pr&#233;sent par le Professore, &#224; l'exception, ici et l&#224; , de quelques modifications r&#233;clam&#233;es par Susanna Camusso et la direction de la CGIL et de sa f&#233;d&#233;ration m&#233;tallurgique, la FIOM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cocotte minute sociale italienne est en effet chauff&#233;e &#227; blanc, mais tant le centre-gauche que Monti semblaient persuad&#233;s que face au &#171; danger du retour de Berlusconi &#187;, l'&#233;lectorat ouvrier et populaire allait &#171; voter utile &#187;. Et pourtant, il suffit de regarder de plus pr&#233;s l'impact des politiques qui ont &#233;t&#233; men&#233;es depuis 2010 pour se rendre compte que la situation est explosive. Depuis 2010, ce sont plus de 300 milliards d'euros d'&#233;conomie qui ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s, &#227; travers une hausse de la pression fiscale et une diminution drastique des d&#233;penses publiques pendant que le patronat continue &#227; &#234;tre subventionn&#233; pour faciliter la mise en ch&#244;mage technique (&#171; cassa integrazione &#187;) dans les grandes entreprises du tissu industriel le plus concentr&#233;. Parall&#232;lement, en 2012, ce sont plus de 100.000 PME qui ont fait faillite, avec toujours une saign&#233;e plus importante dans le Mezzogiorno, au Sud, qu'au Nord. On comprend mieux dans ce cadre comment l'Italie compte pr&#233;s de 8 millions de pauvres, sur une population de pr&#233;s de 61 millions. Pour ce qui est du march&#233; du travail, les chiffres sont tout aussi catastrophiques laissant voir que l'Italie d&#233;croche de plus en plus par rapport &#227; Paris ou Berlin pour se rapprocher de pays comme le Portugal, l'Etat espagnol ou m&#234;me la Gr&#232;ce : les 12% officiels de ch&#244;meurs cachent mal qu'ils sont encore plus nombreux si l'on compte les travailleurs au ch&#244;mage technique (&#171; cassa integrazione &#187;) ou en tr&#232;s grande pr&#233;carit&#233;. En effet, officiellement, pr&#233;s de 20% des salari&#233;s, soit 4 millions sur 22 millions d'actifs, touchent moins de 800 euros par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que signifie la survie de Berlusconi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berlusconi, que tout le monde donnait pour mort, d&#233;barqu&#233; quasiment de force en novembre 2011 de la Pr&#233;sidence du conseil, a r&#233;ussi &#227; tirer son &#233;pingle du jeu. En retirant son soutien &#227; Monti -apr&#232;s que ses parlementaires l'ont appuy&#233; tout autant que ceux du PD pendant quinze mois-, il a r&#233;ussi &#227; se poser en rupture avec la politique du Professore, et par cons&#233;quent du PD, accus&#233; d'&#234;tre &#224; la botte d'Angela Merkel. La survie de Berlusconi et le score du PDL ne sont pas pour autant synonymes d'un d&#233;placement &#227; droite du curseur politique [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la campagne de Berlusconi a consist&#233; &#227; reprendre &#227; son compte de fa&#231;on d&#233;magogique le sentiment diffus &#171; anti-aust&#233;rit&#233; &#187; pr&#233;sent dans la soci&#233;t&#233; italienne, en prenant bien soin de faire oublier ses propres coupes budg&#233;taires de 2010 et 2011 et en prenant pour cible Monti et Merkel, seuls responsables de la situation selon le PDL. C'est ainsi que la campagne a &#233;t&#233; pour partie ax&#233;e sur la fiscalit&#233;, avec des promesses de remboursement de la taxe d'habitation (IMU) &#227; hauteur de 4 milliards d'euro, &#171; en cash ou en ch&#232;que &#187;, pour reprendre les mots du Cavaliere, une amnistie fiscale pour les mauvais payeurs &#233;pingl&#233;s par le Tr&#233;sor italien ou encore la cr&#233;ation de 4 millions de postes de travail, le tout g&#233;n&#233;reusement arros&#233; de blagues sexistes et de discours racistes, relay&#233;s par ses alli&#233;s de La Ligue du Nord. Aussi paradoxal que cela puisse para&#238;tre, bien qu'ayant perdu, Angelo Alfano, bras-droit de Berlusconi, a parl&#233; d'un &#171; succ&#232;s extraordinaire &#187; des 30,7% au s&#233;nat (talonnant de pr&#233;s le PD et ses alli&#233;s avec 31,6%) et les 29,1% &#224; la Chambre (contre les 29,5% pour le PD et sa coalition). Le score en effet permet une survie politique de Berlusconi et le place, lui et son empire m&#233;diatico-financier, &#224; l'abri des juges, notamment par rapport au scandale li&#233; &#227; Mediaset (fraude fiscale). Le score du PDL et de la Ligue du Nord met en lumi&#232;re le fait que le berlusconisme continue &#227; disposer d'un bloc social dans lequel on retrouve, p&#234;le-m&#234;le, des secteurs de la petite et moyenne bourgeoisie, des gros et moyens entrepreneurs du Nord, des artisans, commer&#231;ants et agriculteurs, mais aussi des secteurs des classes populaires et du monde du travail, un bloc social que le grand capital italien, en d&#233;pit de tous ses relais, &#233;conomiques, politiques et m&#233;diatiques, n'a pas r&#233;ussi &#227; faire exploser, et encore moins &#224; l&#233;zarder. Cela ne doit pas cependant occulter que le PDL a perdu, par rapport aux &#233;lections de 2008, pr&#233;s de 7 millions de voix, contre 1,6 millions pour ses alli&#233;s de la Ligue du Nord. C'est en ce sens que le v&#233;ritable vainqueur des &#233;lections des 24 et 25 f&#233;vrier est le M5S de Beppe Grillo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Mouvement Cinq Etoiles : une formation populiste &#171; anti-aust&#233;rit&#233; &#187; pour temps de crise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 8,7 millions de suffrages et 25,5% des voix &#224; la Chambre, emp&#234;chant, au S&#233;nat, la constitution d'un gouvernement stable, le M5S est le v&#233;ritable casse-t&#234;te de la bourgeoisie. La mouvance, qui n'est pas un parti, n'existait pas il y a trois ans et a r&#233;ussi &#227; devancer l'ensemble des formations qui sont issues des courants historiques de la vie politique italienne (PC, PSI et D&#233;mocratie-Chr&#233;tienne). Le vote qui s'est port&#233; sur les listes des &#171; grillini &#187; qui se veulent &#171; ni de droite, ni de gauche &#187; est un vote anti-establishment (contre &#171; la caste &#187; au pouvoir, selon Grillo) et dans un sens anti-aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anti-syst&#232;me dans la mesure o&#249; c'est le reflet de l'exasp&#233;ration de l'&#233;lectorat italien face &#227; une classe politique, de droite comme de gauche, &#233;clabouss&#233;e par les scandales (les derniers en date &#233;tant ceux touchant la droite avec le pots-de-vin vers&#233;s par Fincantieri, et la gauche, avec l'affaire de la banque Monte Paschi di Siena). Un des mots d'ordre de la campagne a donc &#233;t&#233; &#171; a casa ! &#187;, &#171; rentrez chez vous ! &#187;, adress&#233; &#227; des politiciens qui sont parmi les mieux pay&#233;s d'Europe, Grillo revendiquant une r&#233;duction importante des salaires des politiques. A l'image de ce qu'est le mouvement, tr&#232;s li&#233; &#227; une jeune g&#233;n&#233;ration encore plus d&#233;boussol&#233;e politiquement apr&#232;s quinze mois de gouvernement d'unit&#233; nationale et subissant de plein fouet les effets de la crise, ce n'est pas un hasard si la premi&#232;re r&#233;action de Grillo a &#233;t&#233; de tweeter &#171; l'honn&#234;tet&#233; va devenir &#224; la mode &#187; alors que les premiers r&#233;sultats commen&#231;aient &#227; infirmer les sondages sortie des urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont les commentateurs, y compris &#227; gauche et avec un appel du pied marqu&#233;, &#224; l'image de Sinistra Critica, qui ont parl&#233; d'un &#171; vote anti-aust&#233;rit&#233; &#187;[[Voir Sinistra Critica, &#171; Bocciata l'austerit&#224; . Ma invece di Syriza, c'&#232; Grillo]. Cela est assez symptomatique du caract&#232;re profond&#233;ment glissant su terme &#171; anti-aust&#233;rit&#233; &#187;. Dans un certain sens, le vote pour Berlusconi &#233;tait &#233;galement un vote contre Monti et un vote &#171; anti-aust&#233;rit&#233; &#187;. Alors certes l'&#233;lectorat de Grillo n'est pas un simple recyclage de l'&#233;lectorat de droite puisque, selon la plupart des &#233;tudes, il serait compos&#233; pour un tiers d'anciens &#233;lecteurs de centre-gauche, pour un tiers du centre-droit et le tiers restants d'anciens abstentionnistes. La plateforme des &#171; grillini &#187;,cependant, est assez repr&#233;sentative d'une force populiste, petite-bourgeoise, par temps de crise, alliant p&#234;le-m&#234;le des revendications plut&#244;t keyn&#233;siennes et progressistes, comme celle d'un revenu minimal de 1000 euros pour tous, le retour de l'eau dans le giron du public, l'arr&#234;t des &#171; grands chantiers inutiles &#187; comme la TAV (le TGV Lyon-Turin) ou le pont sur le d&#233;troit de Messine, l'internet et les transports gratuits, &#227; d'autres comme la d&#233;fense des petits et moyens entrepreneurs face aux gros, la sortie de l'euro par r&#233;f&#233;rendum et le retour &#224; la lire pour ce qui est du volet le plus chauvin de son programme, sans publier les charges en r&#232;gle de Grillo affirmant vouloir en finir avec les syndicats, assimil&#233;s aux partis traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le caract&#232;re ind&#233;fini et insaisissable de l'orientation du M5S qui fait peur &#224; la bourgeoisie qui ne sait pas jusqu'&#224; quel point ses 162 parlementaires seront int&#233;grables ou man&#339;uvrables par le syst&#232;me. Mais du point de vue de notre classe, c'est le caract&#232;re populiste et policlassiste de Grillo, sorte de version &#171; 2.0 &#187; de ce qu'a pu &#234;tre au d&#233;but des ann&#233;es 1990 le surgissement de la Ligue du Nord, qui est probl&#233;matique et n'est en aucun cas &#171; l'expression d'un besoin fort d'alternative politique aux politiques de rigueur et d'aust&#233;rit&#233; &#187; comme voudrait le faire croire Sinistra Critica, apr&#232;s avoir renonc&#233; &#227; soutenir la liste de r&#233;formiste de gauche et appel&#233;, au final, &#224; l'abstention. C'est le sympt&#244;me d'une crise de r&#233;gime, tr&#232;s probl&#233;matique pour la bourgeoisie italienne et se partenaires europ&#233;ens, mais qui n'aura pas automatiquement une traduction sur le terrain social du rapport de forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois sc&#233;narios pour une mission compliqu&#233;e : une crise de r&#233;gime inqui&#233;tante pour les bourgeoisies europ&#233;ennes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie italienne la plus concentr&#233;e et la plus r&#233;solument europ&#233;iste fait face, aujourd'hui, &#227; un &#233;norme probl&#232;me. Si l'Italie est ingouvernable, ne serait-ce m&#234;me que quelques mois, avec un gouvernement condamn&#233; &#227; exp&#233;dier les affaires courantes sur fond de crise politique aigu&#235;, c'est un probl&#232;me &#224; la fois pour la bourgeoisie italienne, mais &#233;galement pour le reste des bourgeoisies europ&#233;ennes. Bruxelles, qui exprime leurs int&#233;r&#234;ts, croyait avoir temporairement remis&#233; le danger qui pesait sur la stabilit&#233; financi&#232;re et mon&#233;taire de la zone euro. La temp&#234;te pourrait revenir en force plus rapidement que pr&#233;vu, sur fond de scandales politiques dans l'Etat espagnol, d'instabilit&#233; politique en Italie et d'un spread -savoir le diff&#233;rentiel entre les taux d'emprunt italien et allemand- reparti &#224; la hausse. L'ensemble des bourses au niveau mondial, de Tokyo &#227; Paris en passant, a fortiori, par Milan, ont d'ailleurs ouvert dans le rouge d&#232;s le lendemain des r&#233;sultats des &#233;lections italiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie italienne essaye tant bien que mal depuis les ann&#233;es 1990 de trouver la clef d'une &#171; normalit&#233; gouvernementale &#187; &#227; m&#234;me de permettre l'application des r&#233;formes de structure n&#233;cessaires pour relancer le capitalisme italien. Jamais depuis 2006 cependant la bourgeoisie ne s'est retrouv&#233;e devant des m&#233;canos gouvernementaux aussi compliqu&#233;s &#227; g&#233;rer, t&#233;moignant d'une crise de r&#233;gime latente. Tout a &#233;t&#233; tent&#233; : &#171; gouvernement technique &#187;, &#224; l'image de celui de Monti -ou de Ciampi (1993-1994) ou Dini (1995-1996) en pleine phase, alors, de restructuration de l'&#233;chiquier politique italien-, une cat&#233;gorie politique servant &#227; d&#233;finir des cabinets minist&#233;riels agissant &#171; par-dessus &#187; les partis, incapables de mener la politique r&#233;clam&#233;e par Confindustria ; &#171; governo di larghe intese &#187;, sorte de coalition &#233;largie, dans la meilleure tradition du &#171; transformisme italien &#187;, o&#249; les retournements et reconfigurations politiques sont monnaie courante ; la derni&#232;re figure en date serait le &#171; governissimo &#187;, qui n'a de &#171; issimo &#187; que le nom. Sugg&#233;r&#233; par Massimo D'Alema et Walter Veltroni, tous deux anciens Premiers ministres de centre-gauche, il s'agirait d'un gouvernement du PD &#233;largi &#227; Monti et au PDL ou en tout cas &#227; certaines de ses fractions. L'id&#233;e est que, sous la pression des march&#233;s et du spread, le PD pourrait convaincre au moins certains secteurs du PDL &#227; poursuivre l'orientation mise en place jusqu'&#224; pr&#233;sent et assurer une r&#233;forme de la loi &#233;lectorale de fa&#231;on &#227; organiser des &#233;lections &#224; l'automne, sans pour autant qu'il y ait vide de pouvoir. Dans sa d&#233;claration du 27 f&#233;vrier, Berlusconi semblerait plut&#244;t favorable &#227; cette hypoth&#232;se, en se posant en politicien responsable, ce qui lui permettrait de faire le pari de revenir sur le devant de la sc&#232;ne politique apr&#232;s l'avoir quitt&#233;e avec pertes et fracas en novembre 2011. Il s'agirait, au final, de la poursuite des quinze mois de gouvernement Monti, mais sans &#171; technicien &#187; &#224; la t&#234;te du nouveau cabinet. Pour faire oublier le caract&#232;re contre-nature d'une &#171; alliance BBM &#187; [Bersani-Berlusconi-Monti] pour un centre-gauche et un centre qui ont fait campagne contre le danger d'un retour du Cavaliere, on parle dans la presse de &#171; governo scopo &#187;, ou &#171; gouvernement &#227; un seul objectif &#187;, pour renforcer l'id&#233;e qu'il s'agirait d'une simple parenth&#232;se technique. Une telle configuration ferait les choux-gras du M5S qui pourrait se profiler, pour le coup, en seule opposition anti-syst&#232;me, d'o&#249; les r&#233;ticences de la gauche de la coalition men&#233;e par Bersani.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde hypoth&#232;se a &#233;t&#233; formul&#233;e par Bersani lui-m&#234;me, tendant la main au M5S dans son seule et unique discours fait mardi en fin d'apr&#232;s-midi, apr&#232;s vingt-quatre heures de silence radio de la part de la direction du PD. Il s'agirait d'un gouvernement sans majorit&#233; stable au S&#233;nat, constituant au coup par coup un bloc majoritaire, &#224; l'image de ce qui se fait en Sicile o&#249; les &#233;lus du M5S soutiennent ponctuellement la majorit&#233; de centre-gauche men&#233;e par Rosario Crocetta. Un tel sc&#233;nario est a priori &#227; exclure. Si c'est la stabilit&#233; qui est recherch&#233;e, elle ne peut &#234;tre suspendue &#227; un fil, en l'occurrence au bon vouloir des nouveaux s&#233;nateurs &#171; grillini &#187; et pourraient s'av&#233;rer aussi peu fiables que les quelques s&#233;nateurs conservateurs qui ont fini par faire chuter Prodi en 2008 au bout d'un an et huit mois de l&#233;gislature. De son c&#244;t&#233;, sur son blog, Grillo a s&#232;chement r&#233;pliqu&#233; par un calembour &#224; l'offre faite par Bersani en l'assimilant &#171; au mort qui parle &#187;, du tarot napolitain, un homme politiquement mort qui ne sait plus ce qu'il dit, et en sommant le secr&#233;taire du PD de d&#233;missionner&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre possibilit&#233; serait le scenario grec, &#227; savoir de revoter, &#224; l'image du double scrutin organis&#233; par Ath&#232;nes au printemps dernier. Le seul probl&#232;me pour la bourgeoisie, outre la fragmentation de l'&#233;chiquier politique, c'est que l'Italie n'est ni la Gr&#232;ce, ni la Belgique, et par son poids &#233;conomique, et par son poids politique, et que le pays ne peut pas conna&#238;tre de vacance de pouvoir gouvernemental &#227; moyen terme. Et pourtant, en raison des imp&#233;ratifs constitutionnels, un Pr&#233;sident de la r&#233;publique italien en fin de mandat, ce qui est le cas, en l'occurrence, de Giorgio Napoletano, ne peut dissoudre les Chambres et organiser de nouvelles &#233;lections tr&#232;s rapidement. Il faudrait donc attendre la confirmation qu'aucune majorit&#233; stable n'est possible au S&#233;nat d'ici &#224; la mi-mars, organiser un nouveau scrutin pr&#233;sidentiel (indirect en Italie), sur la base du Parlement et du S&#233;nat dans leur actuelle configuration post-&#233;lectorale -avec tout ce que cela repr&#233;sente d'inconnues et d'incertitudes, le pr&#233;sident de la r&#233;publique &#233;tant, en Italie, notamment en temps de crise, plus qu'une charge honorifique- et enfin organiser, juste avant l'&#233;t&#233;, un nouveau scrutin, apr&#232;s que le nouveau pr&#233;sident aura dissout les deux chambres venant de l'&#233;lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun des trois sc&#233;narios n'est v&#233;ritablement satisfaisant pour la bourgeoisie italienne. En attendant, elle ne dispose plus de figure &#171; super partes &#187;, capable de se situer au dessus de la m&#234;l&#233;e, &#227; m&#234;me de rassurer Bruxelles et les march&#233;s. Cela avait &#233;t&#233; le r&#244;le de Mario Monti, ancien de Goldmann-Sachs, de la facult&#233; priv&#233;e milanaise Bocconi et surtout Commissaire europ&#233;en &#224; la Concurrence. Comme le soulignait l'&#233;ditorialiste de la presse patronale turinoise La Stampa, Federico Geremica d&#232;s le 25 f&#233;vrier, &#227; mesure o&#249; les r&#233;sultats tombaient, la bourgeoisie a fait une erreur de calcul grave en poussant Monti &#227; se pr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles perspectives pour l'Italie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Structurellement, ce que refl&#232;te cette crise de r&#233;gime, avec l'incapacit&#233; pour Confindustria et les secteurs le plus concentr&#233;s du capital d'asseoir leur h&#233;g&#233;monie politique, c'est avant tout une crise profonde de l'articulation des diff&#233;rentes fractions de classe en Italie, surtout au sein de la bourgeoisie. Le probl&#232;me auquel fait face Confindustria n'est pas tant le manque de contre-r&#233;formes ouvri&#232;res et populaires. De ce point de vue, depuis 1993 et surtout 1996, avec le premier gouvernement Prodi, le patronat italien a avanc&#233; qualitativement en termes d'offensive contre les acquis et les conqu&#234;tes sociales de l'Apr&#232;s-guerre et des ann&#233;es 1970 (ce qui ne l'emp&#234;che pas de vouloir pousser encore plus son avantage). Mais ce qui leste pesamment le syst&#232;me italien dans son ensemble et se r&#233;percute au niveau politique, c'est le surpoids de la petite et moyenne bourgeoisie, parfaitement surrepr&#233;sent&#233;e politiquement, capable de tenir la grande bourgeoisie en otage, &#227; travers ses expressions politiques diverses, que ce soit le berlusconisme ou la Ligue du Nord, freinant toute possibilit&#233; et tentative de concentration et de rationalisation du capital, une n&#233;cessit&#233; pour la bourgeoisie, plus encore en p&#233;riode de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on plus conjoncturelle, la mont&#233;e en force du &#171; grillismo &#187; repr&#233;sente &#233;galement une inqui&#233;tude forte pour la bourgeoisie. En creux, cela t&#233;moigne du fait que les partis traditionnels, courroies de transmission (plus ou moins appropri&#233;es et idoines) du capital et instruments de reproduction de l'id&#233;ologie dominante, font face &#227; une crise majeure. Par rapport aux pr&#233;c&#233;dentes &#233;lections de 2008, le PD a perdu 3,5 millions de voix et le PDL 7 millions. Monti, pouss&#233; &#227; se pr&#233;senter &#224; la fois par certains secteurs de la grande bourgeoisie comme Montezemolo, patron de Ferrari et proche de la famille Agnelli, ou encore le Vatican, a fait un score catastrophique, avec pr&#233;s de la moiti&#233; de ses 1,9 millions de voix (10,5% au final), dans le Nord-Ouest, c'est-&#224;-dire l&#224; o&#249; la bourgeoisie italienne est la plus concentr&#233;e, incapable, par cons&#233;quent, de structurer un bloc social, g&#233;ographiquement plus &#233;tendu &#233;galement, &#227; m&#234;me de &#171; reformer le pays &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e en puissance du M5S, une force populiste, ext&#233;rieure &#224; l'&#233;chiquier politique traditionnel, dont personne ne sait si elle est fondamentalement int&#233;grable ou man&#339;uvrable, repr&#233;sente une inconnue de taille pour le patronat qui va peser de tout son poids pour la discipliner. L'autre &#233;l&#233;ment central &#227; consid&#233;rer est la fa&#231;on dont le M5S sera capable de r&#233;agir en cas de retour de flamme social. Car si la bourgeoisie italienne a utilis&#233; ses partis, que ce soit la D&#233;mocratie Chr&#233;tienne ou les partis ouvriers-bourgeois comme le PSI et le PC, c'est bien pour leur capacit&#233; &#227; canaliser, historiquement, &#227; travers leurs multiples relais, la lutte des classes, que ce soit au sortir de la guerre ou dans les ann&#233;es 1969-1980. Comme toute force populiste en phase de crise, le M5S sera soumis &#227; des pressions encore plus fortes que les autres courants politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien la possible pression sociale et la possibilit&#233; ou non de la canaliser qui fait peur aux analystes les plus lucides de la bourgeoisie italienne. Dans une note du 19 f&#233;vrier cit&#233;e par plusieurs journaux, les analystes de Citigroup tablaient sur la victoire du PD incarnant &#171; le courant pro-Europe et pro-aust&#233;rit&#233; &#187;, soulignant cependant que &#171; la capacit&#233; du nouveau gouvernement &#227; r&#233;former sera contrari&#233;e par la mont&#233;e des r&#233;sistances populaires &#187;. Ce ne sont pas les r&#233;sistances qui ont manqu&#233;, ces derniers mois, en Italie, m&#234;me si elles ont &#233;t&#233; moins intenses sans doute que dans d'autres pays d'Europe -la bureaucratie syndicale, et tout particuli&#232;rement la CGIL, en porte une tr&#232;s lourde responsabilit&#233;-. Pour ne citer que quelques exemples parmi les plus paradigmatiques, il suffit de penser &#224; la lutte des mineurs de Carbosulcis en Sardaigne ce &#233;t&#233;, &#224; la r&#233;sistance, &#227; Tarente, face &#224; la menace de fermeture du p&#244;le sid&#233;rurgique de l'Ilva, ou encore, derni&#232;rement, aux mobilisations tr&#232;s dures des travailleurs pr&#233;caires du secteur de la logistique dans la r&#233;gion de Milan, Plaisance et Rome (SdA et Ikea), sans m&#234;me parler du mouvement lyc&#233;en qui a commenc&#233; prendre corps, cet automne, avec des occupations importantes de lyc&#233;es, pour la premi&#232;re fois depuis de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sistances ne sont aujourd'hui qu'embryonnaires mais elles n'en sont pas moins r&#233;v&#233;latrices d'une situation potentiellement explosive au vu de l'impact de la crise. Le probl&#232;me est que ces r&#233;sistance n'ont pas pu converger ni m&#234;me devenir une sorte de caisse de r&#233;sonnance du ras-le-bol et de la col&#232;re ouvri&#232;res et populaires. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233; le renforcement du vote Grillo qui montre, quant &#224; lui, que la question de la riposte &#227; organiser contre l'offensive que m&#232;ne la bourgeoisie dans tous les pays d'Europe ne peut se cristalliser autour de la seule question de &#171; l'anti-aust&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un double front, donc, la situation &#224; l'issue de ce dernier scrutin r&#233;v&#232;le les difficult&#233;s, pour la bourgeoisie, de reconstituer un nouveau bloc h&#233;g&#233;monique, apr&#232;s que celui qui a configur&#233; le syst&#232;me r&#233;publicain italien au sortir de la guerre -constitu&#233; de concert par la D&#233;mocratie Chr&#233;tienne et le PCI de Togliatti- a tr&#233;pass&#233; entre la fin des ann&#233;es 1980 et le d&#233;but des ann&#233;es 1990. Il n'en reste pas moins que les difficult&#233;s &#227; constituer un bloc contre-h&#233;g&#233;monique ouvrier et populaire sont sans doute encore plus importantes. La raison principale est certainement &#227; chercher du c&#244;t&#233; du r&#244;le transformiste par excellence de la gauche italienne, avec son passage du PCI au PDS-DS-PD (acronymes des formations sociale-d&#233;mocrates ayant succ&#233;d&#233; &#224; la dissolution du PC), mais aussi dans le caract&#232;re subalterne des forces de gauche radicale, Refondation Communiste en t&#234;te, par rapport au centre-gauche bourgeois, depuis le milieu des ann&#233;es 1990. Mais la crise, son approfondissement et les secousses et les luttes qui en sortiront pourraient n&#233;anmoins permettre de nouveaux espoirs en Italie, &#227; condition qu'une extr&#234;me gauche de classe et r&#233;volutionnaire se fixe un cap &#224; la hauteur de la situation &#227; venir[[Voir &#227; ce sujet &#171; Les &#233;lections italiennes et la &#8216;gauche de la gauche' &#187;, 27/02/13.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27/02/13&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[1] Tent&#233;e sous le second gouvernement Berlusconi, la proposition de r&#233;former l'article 18 avait entrain&#233; une immense vague de contestation sociale et ouvri&#232;re en 2003, coupl&#233;e &#227; un important mouvement antiglobalisation avant et apr&#232;s G&#234;nes 2001 et un tr&#232;s fort mouvement anti-guerre. C'est une des raisons pour lesquelles, en 2006, la coalition de centre-gauche re&#231;oit le soutien de Confindustria qui la croit plus &#227; m&#234;me de r&#233;former en sa faveur et sans cristalliser un niveau de contestation sociale nuisible &#227; ses affaires et politiquement paralysante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La loi &#233;lectorale italienne est faite de telle mani&#232;re &#227; favoriser, au S&#233;nat, les partis arrivant en t&#234;te dans chaque r&#233;gion et qui raflent, par cons&#233;quent, la majorit&#233; des si&#232;ges. D'o&#249; l'importance des r&#233;gions les plus peupl&#233;es, comme le Latium, la Lombardie ou la Sicile. Ainsi, en Sicile, avec 27,3%, le centre-gauche remporte 5 si&#232;ges et avec 33,4% la droite en prend 14. A la Chambre en revanche, c'est la coalition arriv&#233;e en t&#234;te au niveau national qui re&#231;oit, de droit, 55% des si&#232;ges. Ainsi, avec 29,5% des voix, Bersani re&#231;oit 340 si&#232;ges alors que Berlusconi n'en remporte que 124 avec quelques d&#233;cimales en moins (29,1%). Cette loi &#233;lectorale, d&#233;cid&#233;e par Roberto Calderoli (Ligue du Nord), en 2005, n'a jamais &#233;t&#233; modifi&#233;e par le centre-gauche au pouvoir (tout comme elle n'a jamais rien fait pour d&#233;membrer l'empire m&#233;diatique de Berlusconi au nom du confit d'int&#233;r&#234;ts), tout en sachant que la loi, pour ce qui est du S&#233;nat, favorise grandement la droite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Renuncia de Monti y elecciones anticipadas en Italia</title>
		<link>https://estrategiainternacional.org/Renuncia-de-Monti-y-elecciones-anticipadas-en-Italia</link>
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		<dc:date>2012-12-14T19:10:23Z</dc:date>
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		<dc:language>es</dc:language>
		<dc:creator>Ciro Tappeste</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Crisis capitalista mundial</dc:subject>
		<dc:subject>Italia</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Merkel y Hollande, Wall Street y el BCE est&#225;n preocupados por un nuevo episodio de inestabilidad en la novela pol&#237;tica italiana.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Merkel y Hollande, Wall Street y el BCE est&#225;n preocupados por un nuevo episodio de inestabilidad en la novela pol&#237;tica italiana. Con la decisi&#243;n del partido de Berlusconi de retirar su apoyo al gobierno t&#233;cnico de Monti y el anuncio de la renuncia del Presidente del Consejo, Italia parece volver a sumergirse en un per&#237;odo de incertidumbre. Pero para los trabajadores y la juventud, la incertidumbre que prima es por el empleo y las condiciones de vida, y los trece meses de gobierno del &#8220; Professore&#8221; no han hecho m&#225;s que profundizar los ataques contra el mundo del trabajo y las clases populares. Esta es la raz&#243;n por la que la burgues&#237;a europea ver&#237;a con buenos ojos un regreso de Monti a los asuntos de gobierno, ya sea a la presidencia del Consejo o a la presidencia directamente, despu&#233;s de las elecciones anticipadas que se har&#225;n a principios de febrero.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Las razones de la retirada de Silvio en el oto&#241;o de 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Silvio Berlusconi hab&#237;a sido expulsado lisa y llanamente de la presidencia del Consejo en octubre de 2011 por la presi&#243;n de la gran patronal italiana, apoyada por Merkel y el presidente Giorgio Napolitano. En ese momento, la pen&#237;nsula viv&#237;a una crisis econ&#243;mica muy profunda (estructural y conyuntural a la vez&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La crisis italiana es ante todo una crisis estructural de patr&#243;n de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ), agravada por mercados que alborotan su deuda p&#250;blica, amenazando en consecuencia el marco de la moneda &#250;nica. Ante los sectores m&#225;s concentrados y europe&#237;stas de la burgues&#237;a italiana, al haber ganado ampliamente las elecciones anticipadas de 2008, la mayor&#237;a de gobierno PDL (Pueblo de las Libertades, partido de derecha de Berlusconi)-Liga del Norte, se mostraba m&#225;s incapaz que nunca de llevar a t&#233;rmino las contra-reformas y &#8220;restaurar la confianza de los mercados&#8221;. Esto se deb&#237;a en parte al hecho que este bloque de derecha PDL-LN representaba y sigue representando a sectores socialmente distintos de la burgues&#237;a y de los peque&#241;os patrones, una base social geogr&#225;ficamente espec&#237;fica (en el caso de la Liga del Norte) y a que Berlusconi defend&#237;a tambi&#233;n, a trav&#233;s de este gobierno, los intereses de su propio imperio medi&#225;tico-financiero Fininvest-Mediaset m&#225;s que los de la burgues&#237;a en su conjunto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La llegada al poder del &#8220;Professore&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confindustria, la gran patronal italiana, apoyada por el Vaticano, Berl&#237;n y Par&#237;s, llevaron al gobierno a su hombre de confianza, Mario Monti, ex de Goldmann Sachs, ex comisario europeo. Una vez que Berlusconi y su guardia cercana fueron desplazados del juego pol&#237;tico, el campo estaba libre para disciplinar al conjunto de las fuerzas parlamentarias y constituir, sobre la base de un amplio abanico de izquierda a derecha, que va desde el Partido Dem&#243;crata (centroizquierda) al PDL, un gobierno denominado &#8220;t&#233;cnico&#8221;, antesala final de un poder claramente bonapartista capaz de administrar los intereses de Confindustria, sin preocuparse excesivamente por las mediaciones democr&#225;ticas tradicionales (empezando por las elecciones). &lt;br class='autobr' /&gt;
Prometiendo un programa de austeridad y compromisos a cumplir, Monti supo &#8220;calmar a los mercados&#8221; que amenazaban no solamente la estabilidad macroecon&#243;mica de Italia sino tambi&#233;n de la zona euro. A principios de diciembre, el rendimiento de los pr&#233;stamos de Estado a diez a&#241;os sobre el mercado secundario era as&#237; de 4,5% (siempre mucho m&#225;s que para Alemania) contra 7,2% en la primavera de 2011. En el plano interno, Monti ha dirigido el plan de austeridad, con determinaci&#243;n y sin piedad. Para hacer esto, jug&#243; con el contraste con el ambiente &#8220;fin de reinado&#8221; que ha caracterizado al gobierno Berlusconi con sus repetidos esc&#225;ndalos hacia el final. La apuesta de &#8220;Ben Loden&#8221;, sobrenombre de Monti, por su loden, tapado de pastor del Tirol, ultra resistente que se pone en el invierno, s&#237;mbolo de un esp&#237;ritu austero, opuesto al desbarajuste y a la ostentaci&#243;n de la era berlusconiana, era quedar como un Presidente del Consejo austero y responsable, que tambi&#233;n hac&#237;a sacrificios, para el bien del pa&#237;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El gran m&#233;rito de Monti para la patronal: hacer pasar la austeridad por una fatalidad con el apoyo de las direcciones sindicales&lt;br class='autobr' /&gt;
El gobierno lanz&#243; una vasta campa&#241;a de &#8220;moralizaci&#243;n&#8221; y &#8220;equidad&#8221;. M&#225;s all&#225; de las palabras grandilocuentes, esto consisti&#243; por un lado en seguir haciendo la tarea, sobre todo de la derecha, alrededor de una clase pol&#237;tica completamente corrupta y que viene a amenazar la estabilidad burguesa del juego pol&#237;tico&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Despu&#233;s de haberse cargado a la casi totalidad del personal pol&#237;tico (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . En el plano econ&#243;mico, &#8220;la equidad&#8221; (entendida como &#8220;los esfuerzos compartidos&#8221;) consisti&#243; en una creciente pol&#237;tica de lucha contra la evasi&#243;n fiscal, un vasto programa de liberalizaci&#243;n de varios sectores (taxis, abogados, estaciones de servicio, etc.) en perjuicio de la peque&#241;o burgues&#237;a, un notorio crecimiento de la presi&#243;n fiscal (no sin rechinar los dientes, con un aumento anual de 1.300 euros por hogar en promedio) y sobre todo una reforma del mercado de trabajo y de la edad jubilatoria. La gran virtud de Monti para la burgues&#237;a fue hacer pasar esta pol&#237;tica brutalmente deflacionista de austeridad como un mal necesario y una fatalidad, y esto con el apoyo de la casi totalidad de las fuerzas pol&#237;ticas parlamentarias, de las direcciones sindicales, CISL y UIL y con la complicidad pasiva de la CGIL, la principal confederaci&#243;n italiana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En el frente de las luchas, se comprender&#225; por qu&#233; la situaci&#243;n italiana nunca ha sido tan calma a primera vista. Esto no ha impedido explosiones de bronca, a menudo muy localizadas, como este verano en los mineros de Cerde&#241;a, en las cooperativas de log&#237;stica en Lombard&#237;a (gran distribuci&#243;n e Ikea) desde la primavera de 2011, o tambi&#233;n en Tarento, en los sider&#250;rgicos de Ilva este oto&#241;o o en los secundarios cuyas movilizaciones fueron reprimidas duramente desde el inicio de las clases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Una situaci&#243;n catastr&#243;fica para la juventud y el mundo del trabajo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esto no quiere decir que Monti haya &#8220;enderezado la situaci&#243;n&#8221; como promet&#237;a, si cada uno pon&#237;a lo suyo. La situaci&#243;n es totalmente distinta. En un a&#241;o, se han registrado 700.000 desocupados m&#225;s. El desempleo supera el 11% a nivel nacional, y roza el 40% entre los j&#243;venes, con situaciones catastr&#243;ficas en algunas regiones del pa&#237;s, sobre todo en el Mezzogiorno. Las clases medias tambi&#233;n han sido castigadas, su patrimonio ha disminuido un 40% en diez a&#241;os&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Se entiende mucho m&#225;s, en ellas, la tentaci&#243;n populista, sobre todo la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . El consumo de los hogares retrocedi&#243; al nivel de hace quince a&#241;os, al de 1997. &lt;br class='autobr' /&gt;
A nivel macroecon&#243;mico, el PBI deber&#237;a caer 2,3% en 2012, mientras que la producci&#243;n industrial sigue retrocediendo a 6% este a&#241;o. Pero la burgues&#237;a es formal: s&#243;lo bebiendo hasta el fondo esta poci&#243;n amarga el pa&#237;s se recuperar&#225; nuevamente: sobre la base de una creciente fragmentaci&#243;n del mundo del trabajo, salarios atomizados, una juventud servicial y a merced de trabajos pesados y, especificidad italiana obliga, una peque&#241;oburgues&#237;a redimensionada, cuyo peso econ&#243;mico, social y pol&#237;tico (base social de la derecha berlusconiana y de la Liga del Norte), sigue siendo m&#225;s importante que en otros pa&#237;ses de la UE por razones hist&#243;ricas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Las razones del golpe de efecto del &#8220;Cavaliere&#8221; y de la renuncia anunciada de Monti&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las elecciones tendr&#237;an que ser al final de cinco a&#241;os de per&#237;odo legislativo, en la primavera de 2013. En este marco, se entiende por qu&#233; el PDL eligi&#243; cambiar de posici&#243;n estos &#250;ltimos d&#237;as y hacer presi&#243;n sobre el gobierno para aparentar pasar a la oposici&#243;n. Atrapado por los asuntos escandalosos, sin ninguna inmunidad, tambi&#233;n se entiende por qu&#233; Berlusconi anunci&#243; volver a presentarse para las elecciones legislativas de la primavera, &#233;l que hab&#237;a prometido retirarse definitivamente de la vida pol&#237;tica a los 76 a&#241;os. &lt;br class='autobr' /&gt;
Para no ser reh&#233;n de una mayor&#237;a no asegurada por las cr&#237;ticas de la derecha, hasta las pr&#243;ximas elecciones Monti de golpe y porrazo anunci&#243; su renuncia que deber&#237;a presentar despu&#233;s de la adopci&#243;n del presupuesto 2013, que tambi&#233;n ser&#225; votado por el PDL. Esta dimisi&#243;n acarrea autom&#225;ticamente elecciones anticipadas que van a acortar los tiempos de campa&#241;a, impidi&#233;ndole tambi&#233;n a Berlusconi consolidar su rol &#8220;de opositor&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Partido Dem&#243;crata da como favorito&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rechazado por el establishment industrial y financiero italiano y europeo (ni siquiera tiene el apoyo del Partido Popular Europeo), con un 18% de intenciones de voto (y una Liga del Norte en dificultades por los esc&#225;ndalos) Berlusconi no es particularmente favorito. Sin embargo, le bastar&#237;a un grupo parlamentario capaz de protegerlo. Sin dudas es a esto a lo que apunta, adem&#225;s de darle la Lombard&#237;a a la Liga del Norte (las elecciones regionales anticipadas deben ocurrir en el mismo momento que las legislativas) a cambio de su apoyo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Al centroizquierda que viene de celebrar sus primarias, la renuncia de Monti no lo perjudica pero le ata las manos a&#250;n m&#225;s. Es poco probable que el actual Presidente del Consejo se presente, porque si bien puede contar con el apoyo de la patronal, del centro cat&#243;lico y del Vaticano, no dispone de un partido ni de una maquinaria electoral. Sin embargo podr&#237;a pelear un nuevo mandato, esperando que se refiera a &#233;l si ninguna mayor&#237;a clara saliera de las urnas (la ley electoral berlusconiana no se cambi&#243;). Tambi&#233;n podr&#237;a codiciar el sill&#243;n de Presidente de la Rep&#250;blica, con el fin de supervisar que su pol&#237;tica anti obrera y anti popular se siga llevando adelante&#8230; esta vez con un &#8220;gobierno de izquierda&#8221; que tendr&#237;a el apoyo del conjunto de las direcciones del movimiento sindical, incluida la CGIL. Ya el candidato del centroizquierda, Pierluigi Bersani, anunci&#243; al Wall Street Journal a partir del 10 de diciembre, que promete respetar todos los compromisos contraidos por el gobierno Monti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Las preocupaciones de la burgues&#237;a y de Confindustria&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esto no significa que esta dimisi&#243;n anticipada y estas elecciones no tendr&#225;n un precio para la burgues&#237;a. Primero Berlusconi, por su regreso al centro de la escena, contribuy&#243; a crear confusi&#243;n en los mercados, con la bolsa de Mil&#225;n cayendo m&#225;s del 3% el lunes, incluso algunos valores tuvieron que suspenderse mientras que el spread volv&#237;a a subir. Por otra parte, la campa&#241;a podr&#237;a contribuir a endurecer las posiciones m&#225;s populistas de la derecha italiana, a&#250;n cuando muchos pol&#237;ticos burgueses del PDL se desmarcaron del Cavaliere como Franco Frattini, ex ministro de Asuntos Extranjeros, muy ligado a Bruselas. En el clima de crisis pol&#237;tica que arrastra Italia desde hace a&#241;os, comparable para algunos analistas con &#8220;tangentopoli&#8221;, el per&#237;odo de crisis aguda del fin de la Primera Rep&#250;blica a comienzos de los a&#241;os 1990, las elecciones siempre tienen un costo suplementario para una burgues&#237;a que leg&#237;timamente puede temer que corrientes populistas absolutamente inestables y poco controlables a corto plazo como el Movimiento Cinco Estrellas del ex c&#243;mico Beppe Grillo, con un apoyo del 15%, desestabilice un poco m&#225;s un marco pol&#237;tico al que le falta un centro de gravedad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#191;Y el mundo del trabajo y la juventud en todo esto?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La casi totalidad de las fuerzas pol&#237;ticas que van a enfrentarse en las elecciones comparten el mismo balance: todas han apoyado en el curso de los trece &#250;ltimos meses una pol&#237;tica de &#8220;sangre, sudor y l&#225;grimas&#8221;. Sin embargo quedan algunas, en la izquierda radical, como Salvatore Cannav&#242;, dirigente de Sinistra Critica, organizaci&#243;n hermana del NPA en Italia, que dicen que &#8220;la ausencia de una lista alternativa en las pr&#243;ximas elecciones [anticipadas] con un programa que aunque no sea anticapitalista al menos sea antiliberal capaz de representar un contrapeso frente al discurso liberal de rigor y austeridad, representar&#237;a una falta grave&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Cannav&#242;, &#171; La settimana arancione &#187;, Il Megafono quotidiano,&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Frente a un Bersani que llevar&#237;a adelante la misma pol&#237;tica que Monti, Cannav&#242; llama a un &#8220;bloque electoral y pol&#237;tica anti-austeridad&#8221;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#225;s que nunca, lo que necesitan los trabajadores y la juventud de la pen&#237;nsula es una pol&#237;tica que apunte a coordinar las luchas y desarrollarlas, contra las burocracias sindicales que despu&#233;s de haber apoyado a Prodi entre 2006 y 2008, se han negado a enfrentar a Berlusconi entre 2008 y 2011 y en el curso de estos &#250;ltimos trece meses han garantizado, por su pasividad o su pol&#237;tica de &#8220;presi&#243;n&#8221;, en el caso de la CGIL, el gobierno de Monti. Es de estas luchas de donde podr&#237;a surgir una alternativa pol&#237;tica frente al debilitamiento de la clase pol&#237;tica de la pen&#237;nsula y de los partidos que defienden los intereses de tal o cual sector de la burgues&#237;a y de la patronal, grande o mediana, europe&#237;sta o chovinista, regionalista o italiana. &#191;C&#243;mo trabajar en esto? Este es un debate presente desde hace a&#241;os hasta ahora, al menos desde la bancarrota completa de Refundaci&#243;n Comunista en 2006, al conjunto de la izquierda radical italiana y los sectores m&#225;s avanzados de la juventud y los trabajadores. Pero esto se har&#225;, diga lo que diga Cannav&#242;, en perfecta independencia de la burgues&#237;a y sus lugartenientes, incluso cuando se dicen &#8220;de izquierda&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12/12/12&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notas 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La crisis italiana es ante todo una crisis estructural de patr&#243;n de producci&#243;n, producci&#243;n y acumulaci&#243;n. Esto da como resultado que aproximadamente desde hace un cuarto de siglo Italia sea el pa&#237;s de la zona euro con la tasa de crecimiento m&#225;s baja y que sea incapaz de revolucionar su patr&#243;n productivo en el cual la peque&#241;a burgues&#237;a y la patronal peque&#241;a y mediana ocupa un lugar fuera de lo normal en relaci&#243;n a los dem&#225;s pa&#237;ses de la UE. La crisis de 2007-2008 no ha hecho m&#225;s que agravar esta situaci&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notas 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Despu&#233;s de haberse cargado a la casi totalidad del personal pol&#237;tico siciliano cercano a Berlusconi (entre ellos su antiguo brazo derecho, Marcello Dell'Utri), la ofensiva ha apuntado al entorno de la presidente de la regi&#243;n de Roma (Latium), Renata Polverini, ex dirigente del sindicato de tendencia fascista UGL (forzada a la dimisi&#243;n a fines de septiembre de 2012), a los allegados a Roberto Formigoni, presidente de la Lombard&#237;a (la primer regi&#243;n econ&#243;mica de Italia), miembro del PDL y cercano al Opus Dei (forzado a renunciar en octubre de 2012), sin olvidar el fuego de barrera que se levant&#243; contra la Liga del Norte y la familia Bossi. Como se ve con el regreso de Berlusconi al centro de la escena, aunque descuidado por la mayor parte de sus allegados, esta ofensiva de la magistratura italiana, sin duda el sector de la superestructura burguesa que tiene gran conciencia de su funci&#243;n &#8220;nacional&#8221; y burguesa al servicio del Estado (a diferencia de la clase pol&#237;tica), no ha sido suficiente para arruinar definitivamente al Cavaliere.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notas 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Se entiende mucho m&#225;s, en ellas, la tentaci&#243;n populista, sobre todo la opci&#243;n populista de derecha, representada por la Liga del Norte en el Norte del pa&#237;s, el PDL o, &#250;ltimamente, la formaci&#243;n del ex c&#243;mico italiano Beppe Grillo, el Movimiento Cinco Estrellas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notas 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Cannav&#242;, &#171; La settimana arancione &#187;, Il Megafono quotidiano, &lt;a href=&#034;http://www.ilmegafonoquotidiano.it/news/la-settimana-arancione&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ilmegafonoquotidiano.it/news/la-settimana-arancione&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Egypte &#227; un tournant : revendications d&#233;mocratiques et r&#233;volution sociale</title>
		<link>https://estrategiainternacional.org/L-Egypte-a-un-tournant-revendications-democratiques-et-revolution-sociale</link>
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		<dc:date>2012-12-09T22:14:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA , Ciro Tappeste</dc:creator>


		<dc:subject>Medio Oriente</dc:subject>
		<dc:subject>&#193;frica</dc:subject>
		<dc:subject>Libertades Democr&#225;ticas</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Egipto</dc:subject>
		<dc:subject>Mundo &#193;rabe</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les rythmes se sont &#227; nouveau brusquement acc&#233;l&#233;r&#233;s en Egypte ces tout derniers jours. Le pays est pass&#233; d'une situation de crise politique aigu&#235;, la plus importante depuis f&#233;vrier 2011, &#227; une r&#233;ouverture de crise r&#233;volutionnaire, sur fond de tensions sociales palpables, comme nous l'expliquions dans l'article du 2 d&#233;cembre, &#171; Retour de flamme r&#233;volutionnaire en Egypte &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://estrategiainternacional.org/Mundo-Arabe" rel="tag"&gt;Mundo &#193;rabe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Ciro Tappeste&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les rythmes se sont &#227; nouveau brusquement acc&#233;l&#233;r&#233;s en Egypte ces tout derniers jours. Le pays est pass&#233; d'une situation de crise politique aigu&#235;, la plus importante depuis f&#233;vrier 2011, &#227; une r&#233;ouverture de crise r&#233;volutionnaire, sur fond de tensions sociales palpables, comme nous l'expliquions dans l'article du 2 d&#233;cembre, &#171; Retour de flamme r&#233;volutionnaire en Egypte &#187; [1]. Mais avec la mobilisation massive sur le Palais pr&#233;sidentiel &#227; H&#233;liopolis, le 4 d&#233;cembre, les affrontements extr&#234;mement violents de la soir&#233;e du 5 et les manifestations qui ont &#227; nouveau secou&#233; le pays aujourd'hui, vendredi 7, l'Egypte, v&#233;ritablement, est &#227; nouveau &#227; un tournant. L'avenir du processus r&#233;volutionnaire pourrait s'en trouver chang&#233; [2].&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3267 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L400xH267/12-12-04-manifestants-marchant-sur-le-palais-presidentiel-photo-de-Hossam-el-Hamalawy--8c787-64bd8.jpg?1692669723' width='400' height='267' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;Manifestants marchant sur le palais pr&#233;sidentiel - photo de Hossam el Hamalawy&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout semblait parfaitement huil&#233; dans le sc&#233;nario concoct&#233; par les Fr&#232;res Musulmans au pouvoir en Egypte. Fort de son prestige acquis dans la m&#233;diation entre le Hamas et Isra&#235;l, Mohamed Morsi, le Pr&#233;sident, entendait le traduire sur le plan int&#233;rieur. L'id&#233;e &#233;tait de renforcer sans coup f&#233;rir, les pouvoirs de l'Ex&#233;cutif ainsi que de la Chambre haute et de l'Assembl&#233;e constituante, largement domin&#233;e par les Ikhwans (Fr&#232;res Musulmans) et leurs alli&#233;s. Pour ce faire, Morsi savait pouvoir compter sur le soutien sans faille de l'imp&#233;rialisme, notamment de Washington. Times Magazine n'avait-il pas fait de lui &#171; l'homme le plus important du Moyen-Orient ? &#187; en raison de son r&#244;le jou&#233; au cours de l'Op&#233;ration Pilier de D&#233;fense ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le docteur Morsi, soutenu par Washington, se met le doigt dans l'&#339;il (Madame Clinton aussi)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors certes, la Maison Blanche avait plus l'habitude jusqu'en 2011 de traiter avec Moubarak qu'avec un islamiste mod&#233;r&#233;, tout comme Paris avait plus l'habitude de s'accoquiner avec le clan Trabelsi en Tunisie pour assurer les int&#233;r&#234;ts de ses multinationales que de n&#233;gocier avec Ennahda. Il n'en reste pas moins que Morsi a &#233;t&#233; choisi comme cheval par d&#233;faut. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; Hillary Clinton, secr&#233;taire d'Etat pour quelque temps encore au sein de l'administration Obama, de faire ses louanges. Juste apr&#232;s les Accords de Camp David de 1978, l'&#233;crivain &#233;gyptien Sonallah Ibrahim &#233;crivait dans son roman Le Comit&#233;, &#227; propos du double d'Anouar El-Sadate (appel&#233; ici &#171; le Docteur &#187;), &#171; quoi qu'on pense de ses principes moraux [soi-disant panarabistes et socialistes dans le cas de Sadate, islamistes dans le cas de Morsi], il reste que le Docteur fait partie de cette &#233;lite restreinte qui porte bien haut la flamme du progr&#232;s, de la paix et de la stabilit&#233;, dans une r&#233;gion longtemps en proie &#227; tous les extr&#233;mismes &#187; [3]. Ce qui valait en 1981, date de la publication du roman, devait encore valoir en 2012 pour Morsi. C'est donc confiant que Morsi publie son d&#233;cret le 22 novembre. Grave erreur. Force est de constater que, comme en f&#233;vrier 2011, lorsqu'Obama et Clinton ont soutenu Moubarak quasiment jusqu'au bout, Washington a tr&#232;s mal &#233;valu&#233; la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La manifestation historique du 4 d&#233;cembre sur H&#233;liopolis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse ne se fait pas attendre et des dizaines de milliers d'Egyptiens descendent imm&#233;diatement dans la rue. Le gouvernement s'ent&#234;te et les manifestations grossissent. Ayant toujours le soutien de Washington et de l'arm&#233;e, Morsi en rajoute en se faisant pr&#233;senter &#224; la h&#226;te le projet de nouvelle Constitution &#233;labor&#233; par une Assembl&#233;e domin&#233;e par ses partisans le premier d&#233;cembre, et annonce vouloir la soumettre &#227; r&#233;f&#233;rendum le 15 d&#233;cembre, pour la faire adopter. Les manifestations du 4 ont &#233;t&#233; massives dans tout le pays. Les bureaux du Parti de la Justice et du D&#233;veloppement (PJL), le bras politique des Ikhwans, sont pris pour cible dans plusieurs villes. Au Caire, c'est une mar&#233;e humaine qui se dirige vers H&#233;liopolis, l&#224; o&#249; se trouve le Palais pr&#233;sidentiel. En d&#233;pit des barrages mont&#233;s par l'arm&#233;e, les manifestants cisaillent les barbel&#233;s et encerclent l'&#233;difice, for&#231;ant Morsi &#227; vider les lieux. La situation politique commence &#227; basculer, m&#234;me si les partis d'opposition, regroup&#233;s largement au sein d'un Front de Salut Public (FSP) font tout pour essayer de canaliser la mobilisation et la circonscrire &#227; une dimension &#171; d&#233;mocratique &#187;, alors que ses ressorts sont bien plus profonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Ikhwans l&#224;&#162;chent leurs chiens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morsi, qui jusque-l&#224; avait plus ou moins retenu ses troupes, choisit de l&#224;&#162;cher ses chiens le lendemain, mercredi 5. Mobilis&#233;s depuis les quatre coins du pays, appel&#233;s &#224; la rescousse dans les gouvernorats les plus recul&#233;s et leurs bastions historiques, entass&#233;s dans les bus qui prennent la route de la capitale, les Ikhwans et leurs alli&#233;s lancent leurs hommes de main contre les manifestants &#227; Heliopolis et ailleurs dans le pays. Les affrontements, extr&#234;mement violents, font sept morts et plusieurs centaines de bless&#233;s. Loin de faire taire la contestation, Morsi la relance de plus belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une perte acc&#233;l&#233;r&#233;e de consensus, de popularit&#233; et d'autorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ikhwans ont largement remport&#233; les &#233;lections l&#233;gislatives il y a un an ainsi que les pr&#233;sidentielles qui se sont tenues il y a six mois &#227; peine. Morsi jouissait jusqu'&#224; il y a peu de 70% d'opinion favorable [4]. Celui-ci pensait pouvoir man&#339;uvrer sans aucun probl&#232;me, en mobilisant si besoin massivement la base traditionnelle de l'islamisme, comme cela s'est fait au cours des &#233;lections ou lors de la grande manifestation du 29 juillet 2011. Mais dans un contexte de crise &#233;conomique qui se poursuit et de revendications sociales (salaires, conditions de travail, libert&#233;s syndicales, etc.) non satisfaites et de luttes sociales qui continuent &#227; secouer l'Egypte, la d&#233;cision de Morsi a &#233;t&#233; vue comme un acc&#232;s intol&#233;rable d'autoritarisme dans un pays o&#249; la flamme de la r&#233;volution br&#251;le encore. La riposte a &#233;t&#233; massive, y compris chez celles et ceux qui avaient vot&#233; PJL aux &#233;lections de cet &#233;t&#233;, et qui font leur exp&#233;rience depuis ces derniers mois des Ikhwans au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi la base plus militante des Ikhwans et de leurs alli&#233;s qui s'est r&#233;tr&#233;cie. Le 29 juillet 2011, les salafistes et les Ikwans avaient r&#233;ussi &#227; mobiliser sans doute pr&#233;s d'un million de personnes au Caire, en faisant l&#224; aussi converger par bus entiers des militants, sympathisants et leur famille. Cette premi&#232;re d&#233;monstration de force de ceux qui avaient pris en retard le train de la r&#233;volution avait pour but de balayer les derniers occupants de Tahrir et d'affirmer l'h&#233;g&#233;monie des forces islamistes bourgeoises et populistes sur le processus politique. Un an et demi apr&#232;s, le 5 d&#233;cembre, Morsi n'a r&#233;ussi &#227; mobiliser au plus que quelques dizaines de milliers pour affronter les manifestants, bien que ses partisans aient parl&#233; de&#8230; six millions de personnes. Ce sont notamment les fractions les plus militantes mais minoritaires du salafisme qui aujourd'hui se mobilisent, par groupes de quelques centaines, &#224; l'image du Front Salafiste, du Parti de la Constitution et du D&#233;veloppement ou du bien mal nomm&#233; Parti du d&#233;veloppement et de la Paix, plus radical encore qu'Al Noor, le principal parti salafiste, deuxi&#232;me bloc parlementaire derri&#232;re les Ikhwans. Cela ne veut bien entendu pas dire que ces v&#233;ritables milices ne soient pas extr&#234;mement violentes, mais leur strat&#233;gie a &#233;t&#233; tenue en &#233;chec par la massivit&#233; des manifestations qui se sont poursuivies, comme nous allons le voir, enrayant les man&#339;uvres de Morsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Droit dans ses bottes : les man&#339;uvres de Morsi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morsi croit avoir tenu l'opposition en &#233;chec &#227; travers l'action ultra-violente de ses partisans mercredi soir au Caire. Lors de son discours t&#233;l&#233;vis&#233; de jeudi soir, il reste donc droit dans ses bottes, tant par rapport aux manifestants que par rapport au FSP qui essaye de canaliser le mouvement. Il n'offre que de maigres miettes aux dirigeants de l'opposition, pensant en avoir fini avec les mobilisations. Ainsi, au sein des forces bourgeoises, &#227; commencer par le monde judiciaire, pourtant en gr&#232;ve contre le d&#233;cret du 22 novembre, ainsi qu'au sein de la direction du FSP, de premi&#232;res fissures apparaissent. Certains se disent pr&#234;ts &#227; n&#233;gocier. Des juges se d&#233;clarent pr&#234;ts &#227; superviser le r&#233;f&#233;rendum, seule solution de fa&#231;on &#227; ce qu'il soit valid&#233;. La situation semble tourner &#224; l'avantage de Morsi et des Ikhwans. C'est donc la massivit&#233; et la spontan&#233;it&#233; des manifestations de ce vendredi 7 d&#233;cembre qui vont faire radicalement changer la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour sur la mobilisation du 7 au Caire et en province&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que toute la direction du FSP n'y a pas franchement appel&#233;, la base populaire de l'opposition, qui s'est &#233;norm&#233;ment &#233;largie au cours des derni&#232;res semaines, se remobilise malgr&#233; la violente r&#233;pression du 5 et l'intransigeance du discours de Morsi le lendemain. Le 7 d&#233;cembre, le mot d'ordre est donn&#233; de confluer &#227; nouveau vers le Palais d'Heliopolis, symbole du pouvoir honni, mais &#233;galement parce que plus d'une centaine de manifestants arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s mercredi soir y sont encore d&#233;tenus. Au Caire, ce n'est pas seulement la jeunesse de la Place Tahrir qui se mobilise. Quoi qu'en disent les autorit&#233;s, qui accusent l'opposition d'&#234;tre domin&#233;e par les &#171; felouls &#187;, les partisans de l'ancien r&#233;gime, et de recruter chez la classe moyenne lib&#233;rale, ce n'est pas seulement depuis la mosqu&#233;e Mostafa Mahmoud du quartier ais&#233; de Mohandesin que les manifestants partent apr&#232;s la pri&#232;re du vendredi. Des milliers de manifestants se rassemblent &#233;galement &#224; l'ext&#233;rieur de la mosqu&#233;e Al Noor, &#227; Abbasseya, Raba al Adawiya, &#227; Nasr City [5], Fatah, &#227; Ramses, ou encore &#227; partir de diff&#233;rents lieux de pri&#232;re de Sayeda Zeinab et Matareya. Dans l'ensemble, il s'agit de quartiers extr&#234;mement populaires de la capitale. Tous les cort&#232;ges confluent vers H&#233;liopolis, distant de plus de dix kilom&#232;tres. Encore une fois, les barrages sont enfonc&#233;s, les barbel&#233;s cisaill&#233;s. L'arm&#233;e se garde de r&#233;primer. En province &#233;galement, la mobilisation ne faiblit pas, dans la zone du canal, sur la c&#244;te ou dans le Delta. M&#234;me en Haute-Egypte, r&#233;gion traditionnellement plus conservatrice, les manifestations sont importantes, comme &#227; Assiout. Le si&#232;ge du PJL est la cible d'attaques des manifestants, que ce soit &#227; Suez, o&#249; il est incendi&#233;, ou &#227; Kafr El-Cheikh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233;gocier ou pas ? La question que se pose le FSP et la tentation d'El-Baradei et compagnie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leurs c&#244;t&#233;s, certains partis d'opposition appartenant au FSP ou proche de ce dernier n&#233;gocient dans les couloirs depuis plusieurs jours, pr&#234;ts &#227; marchander avec Morsi contre leur r&#233;-int&#233;gration au processus constituant &#227; travers lequel la bourgeoisie &#233;gyptienne et l'imp&#233;rialisme souhaitent canaliser et en finir d&#233;finitivement avec le processus r&#233;volutionnaire. C'est ainsi que le Parti Ghad al-Thwara (centre-droit), salue certains signes lanc&#233;s par la pr&#233;sidence et se dit pr&#234;t &#227; n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la gauche du FSP a plus de flair. Elle sait d&#233;j&#224; qu'une partie des organisations de jeunesse des partis du FSP a rompu avec ce dernier fin novembre, une semaine &#227; peine apr&#232;s le d&#233;but des manifestations, du fait de la collusion avec les &#171; f&#233;louls &#187;. Les manifestants de vendredi finissent de convaincre la gauche du FSP que toute ouverture de n&#233;gociation serait suicidaire, que le risque serait de perdre le contr&#244;le sur la mobilisation, dont le contenu va bien au-del&#224; de ce que voudrait le FSP. Les protestataires qui convergent vers H&#233;liopolis chantent en effet &#171; Ce soir, Morsi aura quitt&#233; le Palais ! &#187; (m&#234;me si cela fait longtemps que Morsi n'y est plus, pour des raisons de s&#233;curit&#233;) ainsi que &#171; &#212;, mon fr&#232;re [en allusion aux Ikhwans], tu vas conna&#238;tre le m&#234;me sort que le PND [le parti de Moubarak] &#187;. L'avocat sp&#233;cialiste en droit du travail et candidat &#224; la pr&#233;sidentielle, Khaled Ali, affirme au quotidien ind&#233;pendant Al-Shorouk &#224; la mi-journ&#233;e de vendredi que l'alliance sera rompue avec quiconque n&#233;gociera avec Morsi. Hamdeen Sabahi, nass&#233;rien de gauche, arriv&#233; en troisi&#232;me position &#224; la pr&#233;sidentielle, s'adresse &#224; la jeunesse Place Tahrir et adopte la m&#234;me position, lui qui pourtant se maintient au sein du FSP avec Amr Moussa, ancien ministre des Affaires Etrang&#232;res de Moubarak (f&#233;loul par excellence) ou Mohamed El-Baradei, politicien bourgeois ch&#233;ri de l'imp&#233;rialisme. Ce dernier laisse une porte entrouverte &#224; la n&#233;gociation. En effet, Morsi est forc&#233; de reculer &#227; petits pas pour l'instant. Dans son entourage, on essaye de le convaincre de l&#224;&#162;cher du lest face &#224; la contestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Ex&#233;cutif forc&#233; de reculer &#227; petits pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, certains des partisans de Morsi doutent de plus en plus de la justesse de sa ligne politique. D'autres la jugent insoutenable et d&#233;missionnent de son cabinet. D'autres, encore, souhaitent entamer un dialogue avec l'opposition, afin de d&#233;samorcer la situation [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les manifestants convergent vers H&#233;liopolis, on annonce que les 139 d&#233;tenus depuis mercredi sont lib&#233;r&#233;s. Le minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res d&#233;clare quelques heures plus tard que le r&#233;f&#233;rendum pour les Egyptiens &#224; l'&#233;tranger (au r&#233;sultat jou&#233; d'avance en faveur du pouvoir) ne se tiendra finalement pas ce vendredi 7 m&#234;me mais le 12 d&#233;cembre. Enfin, Mahmoud Mekki, le vice-pr&#233;sident, annonce en d&#233;but de soir&#233;e (alors que Morsi est toujours invisible), que la pr&#233;sidence est pr&#234;te &#227; renvoyer &#227; plus tard le r&#233;f&#233;rendum sur la nouvelle Constitution, si l'opposition accepte le dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en faut pas plus &#227; El-Baradei pour demander &#227; ce qu'en plus de cela, le d&#233;cret du 22 soit retir&#233; avant le 8 pour entamer des n&#233;gociations (et essayer de faire baisser la pression sociale). Amr Hamzawy, ancien parlementaire, tr&#232;s influent au sein du FSP, va dans le m&#234;me sens, en affirmant que la d&#233;claration de Mekki est &#171; un pas en avant &#187;. Les politiciens bourgeois et leurs alli&#233;s r&#233;formistes et nationalistes de gauche du FSP ne souhaitent en effet qu'une seule et m&#234;me chose : d&#233;mobiliser au plus vite une lame de fond sociale qui s'est remise en branle. Ils ont tout d'abord essay&#233; eux aussi de polariser le d&#233;bat en circonscrivant les objectifs des manifestations autour des questions d&#233;mocratiques, alors que Ikhwans et salafistes insistaient eux sur la question &#171; Sharia comme fondement de la Constitution &#187; (ce qui est d&#233;j&#224; le cas actuellement) ou &#171; Madaniyya &#187; (expression traduisible &#171; Etat civil &#187;, plus ou moins synonyme de la&#239;c, avec une pr&#233;gnance moins importante de l'islamisme, quel qu'il soit). Ils veulent maintenant que les manifestants rentrent chez eux au plus vite. Rien n'est moins s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience que sont en train de faire les Egyptiens est intense. C'est toute une jeune g&#233;n&#233;ration de militants, d'activistes et de cadres, ouvriers et &#233;tudiants, qui sont en train d'&#233;merger depuis quasiment vingt-quatre mois, dans les manifestations mais aussi et surtout dans les luttes sociales, notamment dans les entreprises et les usines. Tou-te-s exigent, depuis des mois maintenant, que les petits Moubarak encore en poste d&#233;gagent eux aussi. Beaucoup pensaient que le prestige oppositionnel des Ikhwans, leur r&#233;putation d'honn&#234;tet&#233; et d'intransigeance allait aider &#227; cela. Il n'en est rien. Le projet de Constitution propos&#233; par les Ikhwans est lib&#233;ral sur le plan &#233;conomique, pro-arm&#233;e sur le volet d&#233;mocratique, absolument r&#233;trograde sur le plan social. C'est le texte parfait pour mettre en musique les plans d'ajustement et les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales dont les Ikhwans n'ont jamais fait myst&#232;re &#234;tre partisans. Mais le d&#233;cret du 22 novembre a &#233;t&#233; la goutte d'eau qui a fait d&#233;border le vase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Classe ouvri&#232;re, ind&#233;pendance, auto-organisation et r&#233;volution permanente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus gros obstacles au d&#233;veloppement de la situation actuelle et du processus r&#233;volutionnaire dans le sens des int&#233;r&#234;ts du peuple &#233;gyptien sont de trois ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a tout d'abord une sorte de foss&#233; entre le niveau de conflictualit&#233; ouvri&#232;re et sociale (avec un retour en force des gr&#232;ves depuis la fin du mois de Ramadan) et le peu de pr&#233;sence prol&#233;tarienne structur&#233;e en termes de classe dans les mobilisations. Les manifestations sont bien entendu tr&#232;s majoritairement populaires, mais &#227; quelques exceptions pr&#232;s, notamment dans certaines villes du Delta du Nil, les travailleurs ne participent pas aux mobilisations sur la base de leurs propres organisations (syndicales, d'atelier, d'usine, etc.), ce qui leur donnerait une force sup&#233;rieure. Ainsi, m&#234;me si la nouvelle conf&#233;d&#233;ration des syndicats ind&#233;pendants (EFITU) appelle depuis le 27 novembre &#224; la mobilisation, rien n'est v&#233;ritablement fait pour que ce soient les organisations ouvri&#232;res qui s'emparent de cette lutte contre la d&#233;rive autoritariste du &#171; nouveau pharaon &#187; Morsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second &#233;l&#233;ment, li&#233; au premier, est l'absence, jusqu'&#224; pr&#233;sent, de v&#233;ritables organismes propres des travailleurs de fa&#231;on &#227; ce que les prol&#233;taires et la jeunesse puissent s'auto-organiser. En effet, eux seuls ont int&#233;r&#234;t &#227; ce que le processus aille jusqu'au bout, jusqu'&#224; la chute du r&#233;gime, jusqu'&#224; la satisfaction de leur revendication centrale, &#171; pain, d&#233;mocratie et justice sociale &#187;, et ce &#224; la diff&#233;rence d'un Amr Moussa, d'un El-Baradei, et m&#234;me d'un Sabahi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n&#233;cessite enfin que les r&#233;volutionnaires combattent pour la seule v&#233;ritable d&#233;mocratie qui puisse exister et donner satisfaction aux revendications, celle des travailleurs et du peuple, sur la base d'une autonomie politique compl&#232;te par rapport aux forces bourgeoise et petite-bourgeoises. Ces objectifs programmatiques, avec la perspective d'un gouvernement des travailleurs, de la paysannerie et des Egyptiens pauvres, seraient d'ailleurs un puissant outil pour briser en deux l'arm&#233;e sur des bases de classe, ainsi que la base sociale des Ikhwans et des organisations salafistes majoritaires dont le poids politique est d'autant plus important que ne p&#232;sent la mis&#232;re sociale et l'absence de perspectives politiques dans les campagnes et les petites villes et bourgades o&#249; ils sont pr&#233;sents. Les directions actuelles de l'extr&#234;me gauche &#233;gyptiennes ne sont pas dans cette optique-l&#224; malheureusement [7].&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Socialistes R&#233;volutionnaires persistent malheureusement dans leur d&#233;fense d'une ligne d&#233;mocratiste et inter-classiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Socialistes R&#233;volutionnaires &#233;gyptiens (RS) repr&#233;sentent l'aile gauche des groupes radicaux qui d&#233;fendent la continuit&#233; de la r&#233;volution en Egypte et ont un poids non n&#233;gligeable dans certains secteurs qui sont &#224; l'avant-garde des luttes aujourd'hui, comme &#227; Mahalla ou au sein des transports du Caire. RS continue &#227; d&#233;fendre une orientation politique en parfaite opposition avec une logique d'ind&#233;pendance de classe et une perspective r&#233;volutionnaire transitoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des pr&#233;sidentielles, apr&#232;s avoir appel&#233; au boycott du premier tour, RS avait appel&#233; &#227; voter Morsi, au nom de la &#171; r&#233;volution &#187;, pour faire barrage au &#171; fascisme &#187; qu'aurait symbolis&#233; Shafiq. Dans le cadre de la crise actuelle, cette logique interclassiste binaire continue malheureusement &#227; dominer. Ainsi, dans sa d&#233;claration du 22 novembre, RS d&#233;fend le retrait du d&#233;cret pr&#233;sidentiel, mais aussi la &#171; formation d'une nouvelle Assembl&#233;e Constituante qui repr&#233;senterait l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, notamment les travailleurs, les paysans, les fonctionnaires, les professions lib&#233;rales, les femmes, les Coptes, les Nubiens, les peuples du Sina&#239; et de Haute-Egypte [historiquement opprim&#233;s] &#187; ainsi que &#171; la d&#233;mission du gouvernement Qandil et la formation d'un gouvernement r&#233;volutionnaire de coalition qui resterait en place jusqu'&#224; l'adoption de cette nouvelle constitution et l'&#233;lection du nouveau Parlement &#187; [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les mobilisations actuelles relancent la question du gouvernement ouvrier, paysan et populaire, bas&#233; sur les syndicats ind&#233;pendants et les organes de mobilisation de la jeunesse, seul &#227; m&#234;me de commencer &#227; r&#233;soudre les probl&#232;mes d&#233;mocratiques, &#233;conomiques et sociaux auxquels a &#227; faire face le pays, RS d&#233;fend une logique parfaitement oppos&#233;e. &#171; Tout le pouvoir au peuple &#187;, conclut leur d&#233;claration. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment au nom du &#171; peuple &#187; et de la &#171; r&#233;volution &#187; que Morsi a assis son pouvoir depuis fin juin 2012. Il ne peut y avoir de pouvoir pour le peuple sans gouvernement des travailleurs, compl&#232;tement ind&#233;pendant de la bourgeoisie et des forces arm&#233;es. Encore une fois, tr&#232;s pratiquement, le printemps arabe pose aux marxistes r&#233;volutionnaires, aussi bien dans l'Hexagone qu'ailleurs, la question de la construction d'une direction ouvri&#232;re, communiste et r&#233;volutionnaire, &#224; la hauteur des d&#233;fis que pose la situation, en Egypte et dans le monde arabe en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le chemin de la r&#233;volution passe par Mahalla ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci ne veut pas dire que le processus n'est pas encore largement ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des appels indirects &#224; la n&#233;gociation, au moment o&#249; nous bouclons cet article, les manifestants sont en train de s'installer devant le palais d'Heliopolis, derri&#232;re des barricades qu'ils viennent d'&#233;riger. Ils promettent de ne partir que lorsque Morsi sera lui-m&#234;me parti. Autour du campement massif, d'autres sont en train de s'organiser pour monter la garde et prot&#233;ger les manifestants contre de possibles incursions des milices islamistes, concentr&#233;es &#227; quelques kilom&#232;tres de l&#224; , devant la mosqu&#233;e Raba al Adawiya, &#227; Nasr City, de fa&#231;on &#227; ne pas &#234;tre pris au d&#233;pourvu en cas de nouvelle attaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'arm&#233;e a su conserver son prestige pendant le premier acte du processus r&#233;volutionnaire en janvier-f&#233;vrier 2011, en se gardant bien d'intervenir, elle l'a s&#233;rieusement perdu depuis. On songera d'abord &#224; la p&#233;riode de &#171; r&#233;gence &#187; exerc&#233;e par le SCAF (Conseil Supr&#234;me des Forces Arm&#233;es), &#224; l'origine de toute une s&#233;rie de lois liberticides (contre les r&#233;volutionnaires, les syndicalistes, les gr&#233;vistes, etc.). Les proc&#232;s militaires intent&#233;s contre 12.000 militant-e-s partisans du processus r&#233;volutionnaire ont laiss&#233; des traces. Le prestige a &#233;t&#233; un peu plus &#233;corn&#233; ces derniers jours, en raison de la collusion manifeste avec Morsi, quoi que celui-ci en dise, en s'en prenant verbalement aux officiers sup&#233;rieurs ayant le plus tremp&#233; avec l'ancien r&#233;gime. &#171; Arm&#233;e, vous &#234;tes le bras-droit des Ikhwan, et vous &#234;tes des l&#224;&#162;ches &#187;, entendait-on aujourd'hui dans les cort&#232;ges. Il s'agit-l&#224; d'un changement notable par rapport &#227; f&#233;vrier 2011, lorsque les enfants des manifestants se faisaient prendre en photo sur les chars de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#233;l&#233;ment extr&#234;mement int&#233;ressant est la situation qui se d&#233;veloppe en ce moment &#227; Mahalla, la grande ville textile du Delta, &#224; l'origine en avril 2008 de la premi&#232;re r&#233;bellion ouvri&#232;re contre Moubarak [9]. On savait les travailleurs de l'usine de filature Misr Spinning &#224; la t&#234;te des mobilisations dans la ville depuis le d&#233;but des protestations contre Morsi, h&#233;g&#233;monisant dans les faits l'opposition. En d&#233;pit des d&#233;mentis des autorit&#233;s locales, il semblerait que les travailleurs et l'opposition aient aujourd'hui investi le conseil municipal, bloquent depuis les acc&#232;s de la ville, refusent de reconna&#238;tre les autorit&#233;s gouvernementales et aient proclam&#233; un Front de Salut Public R&#233;volutionnaire en lieu et place des autorit&#233;s locales. Certes cet organisme (qui reprend le sigle FSP mais qui s'en distingue par l'adjectif &#171; r&#233;volutionnaire &#187;) reste encore polyclassiste car int&#233;gr&#233; par le Parti des Egyptiens Libres par exemple, au m&#234;me titre que par les nass&#233;riens du parti de Sabahi, ou par les militants ouvriers d'extr&#234;me gauche et du Parti D&#233;mocratique des Travailleurs. L'&#233;volution de la situation &#227; Mahalla montre cependant que le processus continue son chemin et que les travailleurs et la jeunesse cherchent la voie de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bien entendu, un conseil r&#233;volutionnaire des travailleurs, du peuple et de la jeunesse, ind&#233;pendant de la bourgeoisie, bas&#233; sur la d&#233;mocratie ouvri&#232;re des usines et ateliers textiles de la ville de Mahalla, serait un point d'appui central pour g&#233;n&#233;raliser l'exp&#233;rience, pr&#233;figurer ce que serait un gouvernement des travailleurs, des paysans et des Egyptiens pauvres afin d'obtenir la satisfaction des revendications d&#233;mocratiques et d'avancer radicalement sur le chemin de la r&#233;volution, sociale cette fois-ci. Pas &#233;tonnant qu'Isma&#235;l Fathy, &#224; la t&#234;te du conseil municipal bourgeois, ait d&#233;menti toutes les informations, affirmant que les autorit&#233;s et l'arm&#233;e contr&#244;lent la situation &#227; Mahalla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit le degr&#233; de profondeur de la mobilisation ouvri&#232;re et populaire dans cette ville du Delta, elle marque une avanc&#233;e qualitative par rapport au reste de la situation nationale. Et ce d'autant plus que dans les villes industrielles et universitaires de Tanta et de Mansoura, proches de Mahalla, &#233;galement dans la r&#233;gion du Delta, les manifestations et les accrochages ont &#233;t&#233; intenses aujourd'hui. Partant de la mosqu&#233;e Sayed Badawi &#227; Tanta, les manifestants scandaient &#171; Ni fr&#232;res, ni salafistes, c'est la jeunesse du 25 janvier [date du d&#233;but du processus r&#233;volutionnaire ayant men&#233; &#224; la chute de Moubarak] qui descend dans la rue &#187;. R&#233;clamant la chute du r&#233;gime, les manifestants ont pris la direction du si&#232;ge du PJL et l'ont br&#251;l&#233;. A Mansoura, le plus gros cort&#232;ge est parti de la mosqu&#233;e Al-Nasr vers le si&#232;ge du gouvernorat [10] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par sa mobilisation et celle de ses alli&#233;s, qui n'a jamais cess&#233; depuis janvier 2011, c'est par son auto-organisation, dont on voit certains embryons prendre forme, et c'est en forgeant sa direction r&#233;volutionnaire, qui fait cruellement d&#233;faut aujourd'hui, que la classe ouvri&#232;re d'Egypte, &#224; la t&#234;te du peuple entier, m&#232;nera jusqu'au bout la r&#233;volution comme le demandent les manifestants. Nul besoin de dire que ce serait, pour la jeunesse et le prol&#233;tariat des pays imp&#233;rialistes une source d'inspiration et d'exemple. Raison de plus pour mettre sur pied la campagne de solidarit&#233; la plus large possible &#224; la vue de ce nouvel acte du processus r&#233;volutionnaire &#233;gyptien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;07/12/12&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[1] Voir &#171; Retour de flamme r&#233;volutionnaire en Egypte. Ouvriers, jeunes et paysans, unis dans la lutte contre &#8216;Morsilini' &#187;, 02/12/12, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Ouvriers-jeunes..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ccr4.org/Ouvriers-jeunes..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Pour ne pas alourdir la lecture, nous n'avons pas r&#233;f&#233;renc&#233; l'ensemble des informations sur lesquelles nous nous appuyons au fil de cet article. Les &#233;l&#233;ments sont pour l'essentiel disponibles sur les sites d'information en langue anglaise de Al-Masry Al-Youm (&lt;a href=&#034;http://www.egyptindependent.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.egyptindependent.com/&lt;/a&gt;) et Al Ahram (&lt;a href=&#034;http://english.ahram.org.eg/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://english.ahram.org.eg/&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] S. Ibrahim, Le Comit&#233; (1981), Actes Sud, Arles, 2011, p.67.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Les r&#233;sultats des &#233;lections, tout comme le taux de participation r&#233;el et la fiabilit&#233; des sondages sont &#227; caution, bien entendu. Il n'en reste pas moins que, tout en ayant pris en retard le train de la r&#233;volution, les Ikhwans, parti oppositionnel historique &#224; la dictature de Moubarak, aux militants aguerris et d&#233;vou&#233;s &#224; leur cause, jouissaient d'un grand prestige jusqu'&#224; il y a peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Situ&#233;e &#227; environ cinq kilom&#232;tres du Palais pr&#233;sidentiel, c'est l&#224; que par la suite, au cours de la soir&#233;e, vont se rassembler les partisans de Morsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] C'est ainsi par exemple que l'influent syndicat des m&#233;decins, qui figure parmi les soutiens de Morsi au sein de la Conf&#233;d&#233;ration &#233;gyptienne des syndicats aux c&#244;t&#233;s de celui des employ&#233;s de commerce, des ing&#233;nieurs et d'une fraction de la paysannerie organis&#233;e, sugg&#232;re par la voix de son vice-pr&#233;sident, Abdallah Karioony, juste apr&#232;s la grande pri&#232;re Al-Azar, fief des Ikhwans, qu'il faudrait peut-&#234;tre retoucher une quinzaine d'articles, et que pour cela il faut arriver &#227; un consensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Au sujet de la dynamique permanentiste du printemps arabe, on peut se r&#233;f&#233;rer &#227; plusieurs articles, notamment &#171; XIV th&#232;ses sur le printemps arabe &#187;, 04/06/11, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Quatorze-theses..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ccr4.org/Quatorze-theses..&lt;/a&gt;. ainsi que &#171; La Th&#233;orie de la R&#233;volution Permanente et les processus r&#233;volutionnaires dans le monde arabe &#187;, 30/10/12, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/La-Theorie-de-l..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ccr4.org/La-Theorie-de-l..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] D&#233;claration de RS du 22/11/12. Traduction de A. Alexander, &lt;a href=&#034;http://socialistworker.org/2012/11/..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://socialistworker.org/2012/11/..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Voir notamment &#227; ce sujet &#171; Entretien avec Kamal Al-Fayoumi &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Egypte-On-est-t..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ccr4.org/Egypte-On-est-t..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Il semblerait qu'&#224; Alexandrie, la grande ville c&#244;ti&#232;re, des &#233;changes de tirs aient eu lieu entre manifestants et pro-Morsi aux alentours de plusieurs &#233;difices publics comme la Mairie et le Gouvernorat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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